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Et Si Sadok Chourou et Habib Ellouze avaient raison ?
Publié dans Business News le 13 - 12 - 2014

« Ennahdha est au bord de l'implosion ». Cela, ce n'est pas nous qui le disons, mais les ténors du parti islamiste eux-mêmes. Sadok Chourou et Habib Ellouze, enfants terribles du parti Ennahdha, ont crié leur colère aujourd'hui sur leurs pages Facebook respectives. Un cri à l'unisson, comme s'ils s'étaient donné le mot, pour dénoncer la décision froide et impersonnelle du parti islamiste quant à l'issue du second tour du scrutin présidentiel.
Ennahdha n'avait pas cessé, en effet, de clamer à cor et à cri une t-o-t-a-l-e neutralité face à l'issue du scrutin. En termes néophytes, le mastodonte politique n'appellera pas ses bases à cocher la case d'un candidat ou d'un autre. Mais cela ne date pas d'hier. Le parti de Rached Ghannouchi n'avait en effet, cessé de clamer son détachement de la présidentielle, en commençant par ne présenter aucun candidat et en précisant qu'il n'appellera pas à voter pour l'un des présidentiables en lice. Mais ce n'est pas ce qu'il avait fait lors du premier tour où on l'accuse d'avoir donné, en catimini, une consigne de vote bien claire pour ses bases : « sauvez le soldat Marzouki ! ». Un soldat qui était en train de se prendre une véritable déculottée, à quelques heures de la fermeture des bureaux de vote en ce 23 novembre.
Le flou, en cause lors de ce premier tour, n'est plus permis aujourd'hui alors que deux candidats sont en dernière ligne droite pour le palais de Carthage. Ennahdha n'a donc plus droit à l'erreur. A coups de communiqués, d'apparitions dans les médias et de vidéo de son leader incontesté, le parti islamiste fait planer le doute mais garde cette carte bien en main. Une carte de neutralité apparente qui pourrait bien lui servir dans les négociations futures. Alors qu'aujourd'hui, Nidaa Tounes est bien décidé à s'accaparer la totalité des pouvoirs, Ennahdha a tout intérêt à garder cet ennemi bien proche…et cette précieuse carte, bien au fond de sa poche. Une carte qui sera sa dernière chance de ne pas se voir éjecter du paysage par le parti de BCE et de négocier une éventuelle collaboration future avec le gagnant des législatives. Mais cette carte pourrait bien lui couter la cohésion du parti.
Pas plus tard qu'il y a deux jours, Hamadi Jebali, déjà sur le pas de la porte, a fait le grand saut. Il s'agit de l'un des rares à avoir osé se désolidariser du mouvement et le quitter. C'est cette dernière position de « neutralité » du conseil de la Choura qui a été la goutte qui a fait déborder le vase. Jebali avait, en effet, ouvertement appelé à voter Marzouki et ce, dès le premier tour. Et voilà que la bombe à retardement d'Ennahdha se retrouve amorcée avec les deux récentes déclarations de Chourou et d'Ellouze. Les deux membres radicaux du mouvement ont donné le ton. Marre de ce laxisme, marre de ce flou et de toute cette prétendue neutralité qui ne rime à rien selon les bases du parti islamiste.
Chacun sait que les Nahdhaouis sont ouvertement pro-Marzouki. Les « petits membres » en tout cas, et les cadres « extrémistes » aussi. Dans cette sphère, à laquelle les calculs politiques échappent, on se contrebalance des stratégies électorales. On veut du concret, on veut faire appliquer ses principes. Principes mêmes du mouvement islamiste, en théorie. Les deux enfants terribles d'Ennahdha, rappelés maintes fois à l'ordre à cause de leurs positions tranchées, ne perdent pas le nord. Ils appellent carrément à un mouvement de rébellion. « Ennahdha a commis deux graves erreurs : l'une contre le pays et l'autre contre le parti lui-même » avait écrit Sadok Chourou, le plus tranché des deux. Alors que Habib Ellouze a tenté d'adopter une position plus pragmatique affirmant que la décision du conseil de la Choura ne peut en aucun cas être interprétée comme une neutralité ou un vote blanc, Sadok Chourou affirme qu'une telle position fragilisera le mouvement et entrainera des démissions en masse.
Et si les enfants terribles du parti avaient raison ? Jamais le mouvement islamiste n'avait connu pareille vague. Même avec une rupture nette entre ses deux franges, modérée et plus radicale, Ennahdha a toujours su garder ses cadavres bien rangés dans les placards. Mais aujourd'hui, les temps se font durs. Et voilà que la bombe à retardement d'Ennahdha se retrouve amorcée avec les deux récentes déclarations de Chourou et d'Ellouze. Les deux membres radicaux du mouvement ont donné le ton. Marre de ce laxisme, marre de ce flou et de toute cette prétendue neutralité qui ne rime à rien selon les bases du parti islamiste. Chacun sait que les Nahdhaouis sont ouvertement pro-Marzouki. Les « petits membres » en tout cas, et les cadres « extrémistes » aussi. Dans cette sphère, à laquelle les calculs politiques échappent, on se contrebalance des stratégies électorales. On veut du concret, on veut faire appliquer ses principes. Principes mêmes du mouvement islamiste, en théorie. Oui car les plus radicaux avouent un attachement incontesté au candidat du CPR, et ce qu'ils soient d'Ennahdha ou d'autres formations fondamentalistes.
Mais le calcul que fait Ennahdha pour se garder une bonne place, bien au chaud sur l'échiquier politique, ne risque-t-il pas, bien au contraire, de le détruire ? Afin de concilier avec ses adversaires au pouvoir, le parti islamiste pratique une politique de l'autruche qui fait rager ses bases et les pousse à fomenter une véritable rébellion. Même si le parti a encore de beaux jours devant lui, avec cette mollesse, il pourrait bien y laisser des plumes.


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