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Les enragés touchent le fond
Publié dans Business News le 05 - 01 - 2015

Le grand jour est enfin arrivé ! Plus de trois ans qu'on l'attendait ! Le dernier bastion de la troïka est tombé ! Le « disciple » du Qatar et « pigiste » d'Al Jazeera a quitté le palais en ce 31 décembre 2014. Exit ! Et par les urnes SVP ! Quelle meilleure consécration de tant de luttes, de tant de résistance, que cette victoire par les urnes ! Ni scénario à l'égyptienne, ni guerre civile à la libyenne, ce 31 décembre était un succès à la tunisienne.
La cérémonie d'investiture était belle à voir, bien qu'elle n'ait pas été à la hauteur de l'événement à cause de considérations protocolaires et d'un cafouillage indéniable de Rafâa Ben Achour, un des nouveaux hommes forts du palais. N'empêche, la joie de voir Moncef Marzouki partir et Béji Caïd Essebsi entrer était dominante.
Les dirigeants d'hier ont pris la place des opposants de l'époque. Finis l'arrogance des anciens droit-de l'hommistes et les excès verbaux des figures politiques érigées au pouvoir par les urnes en 2011. Rappelez-vous, il y a à peine trois ans, le camp moderniste en a entendu des vertes et des pas mûres de la part des vainqueurs de 2011 de la troïka. « Moutou bi ghaydhikom » (mourrez de dépit), « ya sfer facel » (zéro virgule), « ya azlem » (adeptes de l'ancien régime) etc. On avait des ministres qui se prenaient en photo avec des chaussures de l'ancienne première dame et qui nous disaient « buvez l'eau de mer » et un président de la République qui nous promettait les prisons si l'on critiquait l'émir du Qatar. Un ministre qui parlait de potences à ceux qui osaient douter de la légitimité de son gouvernement et un cadre du parti présidentiel qui dansait en plein centre-ville en narguant des journalistes vedettes. On avait un ministre qui ne connaissait pas la longueur des cotes tunisiennes, qui taxait ses adversaires de « blessés des élections » et une bonne trentaine de ministres qui taxaient les médias indépendants de « médias de la honte ». A entendre les gouvernants politiques de la troïka, les adversaires politiques d'hier étaient des corrompus, adeptes de l'ancien système, marionnettes chez Kamel Letaïef ou des islamophobes à la solde des puissances étrangères. Jeter en prison un internaute qui partage un dessin sur Facebook était, pour les gouvernants d'hier, un choix de le protéger!
Outre ces positions franchement hostiles des hommes politiques au pouvoir, on avait une bonne dizaine de mercenaires de la plume, chargés de menacer, d'intimider, de harceler, d'insulter et de dénigrer l'opposition et les médias.
A chaque système ses mercenaires. Sous Ben Ali, on avait droit de temps à autre à un article incendiaire et odieux contre quelques opposants. Ahmed Néjib Chebbi, Taoufik Ben Brik, Hamma Hammami, Maya Jeribi, Abdelfattah Mourou ou Radhia Nasraoui en connaissent un coin de ces articles incendiaires. Ils connaissent, aussi, les bastonnades de la police de Ben Ali.
Avec la révolution, on s'attendait à ce que ces pratiques disparaissent du paysage. Que nenni ! Non seulement, elles n'ont pas disparu, mais elles ont pris des proportions nettement plus dangereuses et gravissimes. Les mêmes qui étaient insultés sous Ben Ali circulent désormais sous escorte sécuritaire. Cette garde rapprochée s'est étendue carrément aux journalistes et hommes de médias de renom : Sofiène Ben Hamida, Sofiène Ben Farhat, Naoufel Ouertani, Haythem El Mekki…
Que ces personnalités politiques et médiatiques soient menacées par le terrorisme ambiant, passe encore. Mais ce harcèlement moral était insuffisant. Il fallait en rajouter une couche d'insultes et d'invectives quotidiennes de la part de mercenaires de la plume (ou plutôt du clavier) à la solde du régime « révolutionnaire ». Exactement comme sous Ben Ali, quelques-uns ont pris le relais pour rabaisser au caniveau le débat politique
Il ne se passait pas un jour, trois ans durant, sans que l'un de ces « sbires » n'attaque un adversaire politique ou journaliste indépendant qui ose critiquer ou caricaturer le régime. Plusieurs d'entre eux le font par conviction et par dépit de voir une idée autre que la sienne dominer l'opinion publique. Mais plusieurs le font contre des prébendes.
Les élections sont passées et l'ancien régime de la troïka est tombé par les urnes. Y a-t-il eu accalmie pour autant ? Que nenni ! Les «enragés » ne savent pas prendre de vacances et leur violence verbale s'est accentuée d'un cran !
Dans les guerres, quelles qu'elles soient, il y a des règles dans la bataille que les adversaires des deux camps appliquent scrupuleusement. Une sorte de code d'honneur. Quand on voit les injures proférées par les Yassine Ayari and co, ces règles de bienséance n'ont jamais été respectées. Ni avant, ni après le scrutin.
Dans notre jargon populaire et dialectal tunisien, on use souvent du mot « rjouliya » pour qualifier ce gentleman agreement. Un mot tiré du terme « homme ». Si les sbires de Ben Ali ont rarement respecté ce code d'honneur, les sbires de Marzouki se sont avérés pires. Un simple statut Facebook (même pas un article journalistique) devient, en un laps de temps, prétexte pour lancer les pires injures. Jusqu'aux appels à la mort ou à la mutilation en place publique ! Et j'en ai fait les frais ce week-end, tout comme Lina Ben Mhenni ce mort qui a reçu carrément des menaces de mort. « Cela m'en touche l'une sans me faire bouger l'autre », comme dirait Jacques Chirac. Mais il est bon, néanmoins, de s'arrêter sur cet état d'esprit qui veut que vous appeliez à la mort ou à couper les pieds et les mains d'un journaliste en place publique, juste parce que ce journaliste a une opinion contraire à la vôtre !
On parle bien de liberté d'expression, non ? On parle bien de démocratie naissante, non ? Qui dit liberté d'expression et démocratie, dit obligatoirement respect de l'opinion de l'autre et respect d'un certain code d'honneur. Sans ce repère, point de démocratie à espérer. Ramener le débat au caniveau ne servirait aucune des deux parties. Il décrédibilise l'insultant et radicalise l'insulté. Tirer sur tout, sur n'importe quoi et n'importe quand, ne peut en aucun cas être productif, ni pour l'un ni pour l'autre.
Quand on se prétend démocrate, quand on se prétend respectueux des droits de l'Homme et de la liberté d'expression, la première chose à faire est d'appliquer ces règles sur soi-même en s'abstenant de violer un code d'honneur universel et en étant, inévitablement, d'un minimum de « rjouliya ».


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