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Pour désamorcer la crise, un président tout puissant
Publié dans Business News le 18 - 04 - 2016

Faut-il ou non donner plus de prérogatives au président de la République? La question agite le débat depuis quelques semaines entre les députés des différents blocs parlementaires. Certains,qualifiant une telle requête de scandaleuse, se heurtent à ceux qui y voient une planche de salut face à la crise actuelle. La gestion gouvernementale étant fortement critiquée, on estime que certains dossiers, dont la sécurité, devraient être de nouveau l'apanage d'une présidence de la République.
"Habib Essid est un chef du gouvernement à la hauteur de ses responsabilités" a estimé Béji Caïd Essebsi. A la lumière de la crise que le pays vit actuellement, plusieurs critiques sont adressées au gouvernement de Habib Essid. On l'accuse de ne pas avoir une feuille de route claire pour diriger le pays et de manquer de la "poigne" nécessaire pour prendre les décisions qui s'imposent. Des critiques accentuées par les présumées tensions existant entre le gouvernement et la présidence de la République.
Ces allégations ont été balayées d'une main par Béji Caïd Essebsi qui a affirmé qu'il n'existe aucune crise entre les deux pouvoirs ajoutant qu'il n'a nullement l'intention de présenter une initiative servant à amender la Constitution. Mais cet avis n'est certes pas partagé par les élus des partis au pouvoir, dont Nidaa Tounes.
En effet, au Parlement, plusieurs voix émanant des blocs de Nidaa, de l'UPL et du MPT ont appelé à un amendement de la Constitution renforçant l'exécutif et assurant plus de responsabilités au chef de l'Etat dans le but de lui accorder plus de prérogatives. Ceci lui permettra, selon eux, d'agir davantage sur certains dossiers réservés au gouvernement et, ainsi, de désamorcer la crise.
Mohsen Marzouk,coordinateur général du Mouvement du Projet de la Tunisie (MPT), a affirmé que pour sortir le pays de la crise dans laquelle le gouvernement se trouve actuellement, il faudra désigner une personnalité faisant l'unanimité autour d'elle d'une manière consensuelle. « Je considère que le président de la République est la personne la mieux placée pour prendre les commandes vu qu'il est le seul à avoir été élu directement par le peuple tunisien, et résoudre, ainsi, le conflit entre les trois présidents. Ceci ne se fera qu'en attribuant plus de prérogatives au chef de l'Etat» a-t-il expliqué.
De son côté, Sofiene Toubel, député de Nidaa Tounes, a affirmé dans des propos rapportés par Shems Fm, que son bloc parlementaire est en train de préparer une initiative législative servant à modifier les lois 32 et 33 relatives aux hautes fonctions de l'Etat. Des lois "incompatibles avec la Constitution", a-t-il expliqué ajoutant que le chef de l'Etat devrait être en charge de la sécurité de l'Etat et non seulement des affaires étrangères. Un autre dirigeant de Nidaa, Faouzi Elloumi, a estimé que les prérogatives du président de la République ne sont pas suffisantes et qu'on devrait lui en confier d'autres, plus élargies.
Par ailleurs, Taoufik Jemli, président du bloc parlementaire de l'UPL a affirmé qu'au sein du parlement, plusieurs parties sont en faveur d'un amendement de la Constitution pour instaurer un régime présidentiel.
De l'autre côté, cette idée fait hérisser les poils des députés dits de l'opposition. Hamma Hammami, porte-parole du Front Populaire, a estimé qu'élargir les prérogatives du chef de l'Etat, est tout simplement "scandaleux".
Le Congrès pour la République (CPR) s'est dit, de son côté, "étonné" de voir des appels à amender une Constitution "qui n'est pas encore entrée en vigueur" et a estimé que, via cette revendication, la présidence de la République tente d'opérer "un coup d'Etat constitutionnel".
Avec la Constitution de 2014, la Tunisie est dotée d'un régime parlementaire mixte. Le président de la République dispose de certaines prérogatives telles que dissoudre l'Assemblée des représentants du peuple et définit les politiques générales dans les domaines de la défense, des relations étrangères et de la sécurité nationale, après consultation du chef du gouvernement (art. 77).
Mais ce régime, encore récent en Tunisie, n'offre pas encore le recul nécessaire pour être évalué. "On ne peut pas évaluer et dire si l'ARP a réussi ou échoué dans sa mission (...) nous devons être réalistes et la laisser poursuivre son travail", a déclaré Taoufik Jemli. Ceci dit, plusieurs voix ont vivement critiqué le rendement gouvernemental notamment en ce qui concerne le dossier sécuritaire et les nominations à la tête du ministère de l'Intérieur.
Le gouvernement est aujourd'hui sous le feu des critiques et le chef du gouvernement l'est encore plus. A la lumière de la crise économique et sociale ainsi que des nombreux épisodes terroristes vécus depuis 2011, le pays a besoin d'un gouvernement doté d'une feuille de route simple et concise. Chose qui est loin d'être le cas aujourd'hui et qui fait que le gouvernement de Habib Essid s'attire les foudres de ses détracteurs.
De son côté, le chef de l'Etat se retrouve affaibli par les dissidences qui secouent le parti qui a fait qu'il est là où il est aujourd'hui. Les querelles au sein de Nidaa font que le président de la République n'a plus entre les mains l'instrument politique qui lui permettait d'exercer son autorité. On estime alors qu'il faudrait élargir davantage ses prérogatives.
Pour réviser les prérogatives du président de la République, deux alternatives se présentent : soit amender la Constitution, soit modifier les lois 32 et 33 relatives aux hautes fonctions de l'Etat. La Constitution ne pouvant être amendée qu'après un délai de 5 ans de sa promulgation, c'est la deuxième option qui se présente donc.
Force est de reconnaitre que la question d'accorder plus de prérogatives au président de la République est purement politique. La question se pose plus que jamais aujourd'hui après que l'ancienne majorité ait perdu les rênes du pouvoir. La position de Béji Caïd Essebsi s'en retrouve ainsi affectée suite aux démissions en chaîne au sein de Nidaa et les scissions qui s'en sont suivies. Pendant ce temps-là, Ennahdha, en spectateur silencieux, assiste à l'effrittement de la scène politique tout en continuant à tirer son épingle du jeu en se disant, encore, en faveur de la pérennité des institutions de l'Etat et de l'unité nationale.


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