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Hausse du prix du tabac et de l'essence : verbiage et logorrhée
Publié dans Business News le 06 - 07 - 2017

Est-il encore admissible que des responsables politiques ou l'organisation syndicale historique l'UGTT se laissent aller à des déclarations ou des prises de position irresponsables au sujet des dernières augmentations des prix du tabac et du carburant ? Invité chez Shems FM, Tawfik Rajhi, ministre-conseiller et président du Conseil d'analyse financière, un think tank logé à la présidence du gouvernement, n'a pas trouvé mieux que d'expliquer que la hausse du tabac est une recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a fallu, ce que l'on appelle dans le jargon du journalisme de radio, une relance sur le sujet pour qu'enfin le ministre-conseiller retrouve raison et fournisse une explication beaucoup plus acceptable, même si elle cache une réalité moins avouable.

Il est vrai que, compte tenu du fait que le pays est un importateur de tabac, la détérioration du taux de change a provoqué un renchérissement du coût d'importation de ce produit qu'il fallait répercuter sur le prix public. Logique ? Oui, mais pas tout à fait dès lors que l'on n'a pas signalé que, dans le même temps, le cours mondial du tabac a enregistré une baisse du près de 20% par rapport à l'année dernière.

En tout cas, cela ne doit pas occulter par ailleurs que cette augmentation peut également suggérer que le gouvernement est confronté à pressions budgétaires de plus en plus fortes qu'il ne peut desserrer qu'à travers cette augmentation qui, il faut le préciser, aurait dû être introduite au cours du premier trimestre 2017.

Les explications de Tawfik Rajhi peuvent prêter à sourire par comparaison aux propos de Mongi Rahoui, président de la Commission des finances de l'Assemblée des représentants du peuple ou encore ceux de Héla Cheikhrouhou, concernant l'augmentation du prix des carburants. C'est un diktat du Fonds monétaire international (FMI) a affirmé l'un. C'est une conséquence des mouvements sociaux d'El Kamour a prétendu l'autre.

Mais enfin, de qui se moque-t-on ? Auraient-ils oublié, tous les deux, que cette augmentation était rendue inéluctable depuis la fin du premier trimestre 2017 ? Auraient-ils ignoré que l'élaboration du budget de l'Etat s'est basée, entre autre, sur un cours moyen du baril de pétrole de 50 dollars, un taux de change du dollar à 2,250 dinars et une enveloppe annuelle de subvention de l'énergie fixée à 650 MD en année pleine ? Auraient-ils jugé insignifiant le fait qu'une variation d'un dollar sur le prix du baril du pétrole générerait une variation de plus de 45 MD sur les dépenses du budget et qu'une variation de 10 millimes du taux de change du dollar engendrerait une évolution des dépenses du budget de l'Etat d'environ 20 MD ?

Au cours du premier trimestre 2017, le cours moyen du baril de pétrole a affiché plus de 54 dollars. Cela représente près de 200 MD de dépenses supplémentaires par rapport à ce qui est prévu. Là, il ne s'agit que de l'effet cours du baril. S'il fallait y ajouter l'effet dollar, les dépenses supplémentaires de subvention de l'énergie prendraient une ampleur plus importante. En tout, cela représenterait quelques 400 MD. Le gouvernement n'a pas voulu réagir en ajustant les prix à la pompe. A la fin du second semestre, il a fallu se rendre à l'évidence. Certes, le cours moyen du baril de pétrole s'est établit autour de 50 dollars, en ligne avec l'hypothèse budgétaire. Cependant, nos importations se sont accrues. Parallèlement, le taux de change du dollar est passé à 2,5 dinars.

Dans de telles conditions, l'augmentation du prix du carburant est devenue plus que nécessaire, impérative, pour maintenir l'équilibre déjà fragile du cadre budgétaire. Et l'hypothèse d'une autre hausse sinon deux d'ici la fin de l'année. Les prévisions tablent, en effet, sur une stabilité du cours du baril durant le second semestre 2017 qui évoluerait autour de 55 dollars. Quant au taux de change du dollar, la Banque centrale a fixé le cours moyen à terme du dollar à 2,5 dinars. Une simple extrapolation montrerait que le volume de la subvention à l'énergie pourrait aisément doubler d'ici la fin de l'année par rapport à ce qui a été prévu dans le budget de l'Etat. Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement et de la Coopération internationale et ministre des Finances par intérim a estimé, dans une déclaration à la radio Shems FM, qu'en l'état, le budget de subvention de l'énergie pourrait atteindre les 1,6 milliards de dinars à la fin de l'année, soit 2,5 fois plus que ce qui a été fixé.

Avec cela, il s'est trouvé une organisation nationale, l'UGTT en l'occurrence, qui s'est fendu d'un communiqué dans lequel elle estime que « la hausse du prix des carburants n'a aucune justification économique » avant de partir dans un délire paranoïaque et un verbiage en mal de gauchisme, estimant, en substance, que « cette décision est une mesure parmi une série d'autres visant à attaquer l'économie tunisienne, à l'instar de l'effondrement du taux de change du dinar, de la hausse du taux d'intérêt directeur et plusieurs autres mesures libérales qui ne servent que le capital étranger, sabotent l'exportation, noient les entreprises dans les déficits et les conduisent à la fermeture et au démantèlement, entrainant ainsi la perte de milliers d'emplois ». De la pure logorrhée de pseudo-révolutionnaire du début du siècle dernier. Ahurissant. Les conseillers économiques de la centrale syndicale historique ne sont plus ce qu'ils étaient. N'est-ce pas Hassine Dimassi ?


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