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BFT : Daïmi et Ben Hamidane choisissent l'injure et le mensonge comme ligne de défense
Publié dans Business News le 01 - 03 - 2018

De l'épineuse affaire BFT est née une nouvelle affaire dans l'affaire, celle de l'implication de l'ancien ministre Salim Ben Hamidane. Un détail qui n'intéresse personne ? Ce serait sans compter la politisation de cet aspect insignifiant par l'ancien ministre et son compère le député Imed Daïmi qui accusent indirectement les magistrats d'être des marionnettes entre les mains du pouvoir et injurient à répétition les médias et les journalistes qui ont « osé » évoquer ce détail.

L'évocation par Youssef Chahed de l'affaire de la Banque Franco-Tunisienne, dans son interview du dimanche 25 mars, a remis ce dossier sur le devant de la scène. Le dossier est complexe et traine depuis les années 1980. Au vu des derniers éléments, la Tunisie risque très fort de payer quelque 1.000 millions de dinars, voire davantage, de dédommagement à Majid Bouden, avocat franco-tunisien, ancien gros actionnaire de la banque et victime notoire dans cette affaire. Ce dédommagement, d'une importance sans égal, aurait pu être évité si l'un des gouvernements pré ou post-révolution a choisi une ligne de défense différente. Sauf que la Tunisie a perdu une très grosse bataille, la bataille finale, sous la houlette de Salim Ben Hamidane, ministre des Domaines de l'Etat sous la troïka, en faisant signer un document de réconciliation engageant l'Etat tunisien. Après s'être rendu compte de sa grossière erreur, l'ancien ministre a accusé deux de ses collaborateurs d'avoir agi sans le consulter. Il s'agit de Hamed Nagâaoui qui aurait signé le 31 août 2012 et apposé le cachet de l'Etat un PV de réconciliation avec le CIRDI et ce après avoir coordonné avec Mondher Sfar, selon les propos de M. Ben Hamidane qui prétend ne pas avoir été informé. Il tient pour preuve, une plainte déposée contre ses deux subordonnés et le fait de les avoir écartés de leurs postes. Bon à signaler, le premier est conseiller au Contentieux de l'Etat et le second est le propre conseiller de Ben Hamidane dans son cabinet, c'est-à-dire de hauts fonctionnaires qui, théoriquement, ont le sens de l'Etat !

Vérité ou mensonge ? Les naïfs pourraient éventuellement croire à la version du ministre qui n'a pas été informé par son propre conseiller au cabinet, mais la justice n'a pas été convaincue par ces propos et a mis Salim Ben Hamidane en examen. En attendant le fameux procès, Salim Ben Hamidane (aidé depuis peu par Imed Daïmi venu courir à son secours) continue à injurier et salir les journalistes et les médias qui traitent de l'affaire, à détourner les regards vers des « coupables prêts à l'emploi » qu'il accuse d'avoir fait couler la BFT et à politiser toute l'affaire. C'est une affaire dans l'affaire de laquelle Salim Ben Hamidane veut sortir blanc comme neige comme il s'en est sorti dans la précédente en usant de la même méthode : « je ne savais pas, on m'a trompé ! ».
Rappelez-vous, c'était il y a moins de trois ans. L'homme d'affaires Hamadi Touil a accusé l'animateur Samir El Wafi de lui avoir soutiré de l'argent en agissant pour le compte de Salim Ben Hamidane. Objectif : le faire rayer de la liste des personnes confisquées et en finir définitivement avec ses déboires judiciaires. Il y avait même un enregistrement sonore qui appuie les dires de M. Touil et un témoin qui accable l'ancien ministre (voir notre article à ce sujet). Ce dernier a pourtant bien reçu, dans ses bureaux du ministère, la famille de Hamadi Touil, suite à un rendez-vous à ce titre arrangé par l'animateur. En dépit de ces éléments de preuve, la justice a blanchi M. Ben Hamidane vu que le principal accusé, Samir El Wafi, a démenti devant la cour avoir agi pour son compte. L'animateur a écopé de trois mois de prison ferme et le dossier fut clos. Ben Hamidane respire un ouf de soulagement depuis son refuge parisien où il est resté créché durant tout le procès. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter surtout que son successeur à la tête des Domaines de l'Etat est son confrère et « ami » Mabrouk Kourchid, originaire comme lui du sud du pays. Sauf que son successeur n'est pas du type à camoufler les faits et jouer aux complices corporatistes et/ou régionalistes. Avisé par son équipe de l'implication de son prédécesseur, Mabrouk Kourchid a ordonné un audit puis a transféré un dossier complet au procureur de la République. Le parquet a ordonné une instruction judiciaire qui a abouti à une mise en examen de Salim Ben Hamidane, confirmée par la suite par la chambre des mises en accusation. Faut-il rappeler que cette chambre est composée de 13 juges nommés par le CSM ?

En dépit de ces faits (et il s'agit bien de faits et non d'allégations), Salim Ben Hamidane continue à crier son innocence. Ce qui n'est pas exclu, personne ne peut le désigner comme coupable tant que le procès ne s'est pas tenu et que sa culpabilité n'a pas été établie. Pourquoi donc alors injurier et salir les médias et les journalistes qui n'ont fait que relayer ces faits, sans même donner un avis dessus ? Ils n'ont fait que leur travail ! Ainsi, notre confrère Youssef Oueslati a été traité d'âne par l'ancien ministre à cause d'une chronique su Shems FM à son sujet, le quotidien Echourouq a vu son nom transformé en « journal des méchancetés » dans un débile jeu de mots à cause d'un article relayant l'affaire, tout comme Business News transformé idiotement en Business Lies parce que nous avons relayé ses injures contre M. Oueslati. Il en profite dans son sale jeu de dénigrement pour évoquer une vieille affaire (qu'il a lui-même montée de toutes pièces) et déjà classée par la justice, juste pour salir notre journal en l'accusant de corruption, bien sûr sans preuves ou l'once d'une preuve.

Volant à son secours, Imed Daïmi a accusé hier sur Shems FM, Kamel Letaïef et Lotfi Abdennadher de ne pas avoir remboursé des prêts de 50 millions de dinars (alors que l'affaire parle de mille millions, soit un milliard de dinars) et toujours sans preuves. Les deux hommes d'affaires ont répondu de suite pour laver leur honneur en démentant catégoriquement les allégations mensongères de Imed Daïmi et en le défiant d'accompagner ses propos par des preuves. Réplique du député : un nouveau flot d'injures et de mensonges, frappant cette fois Business News et Mosaïque FM ! Quant au fond de l'histoire et l'implication de son « poulain » Salim Ben Hamidane, M. Daïmi ne pipe pas un mot. Il préfère traiter notre confrère Yassine Hassen de « journaleux », de parler virilité et de traiter les médias, syndicalistes et pages FB qui le dénigrent de mercenaires et de hyènes. De l'usage des mots, tout observateur devine rapidement le niveau de ce député, tout comme celui de son parti, qui donnent souvent des leçons sur la moralisation du discours politique.
Pire, il politise toute l'affaire en accusant le pouvoir actuel de chercher à faire impliquer M. Ben Hamidane et la troïka dans ce dossier de la BFT, afin de faire détourner les regards des vrais coupables qui ont fait chuter la BFT. Est-ce à dire que le juge d'instruction et la chambre des mises en accusation avec ses 13 juges sont des marionnettes entre les mains du pouvoir ? Ça y ressemble ! Mais puisque M. Daïmi bénéficie d'une immunité parlementaire, il sait qu'il n'a rien à craindre et qu'il peut continuer à accuser et salir qui il veut, sans devoir rendre des comptes à la justice. Au pire des cas, s'il n'est pas réélu, il ira se réfugier en France, comme il l'a fait avant la révolution et comme l'a fait son compère Ben Hamidane.
Interrogé par Business News sur ce nouveau flot d'injures de la part du député, Kamel Letaïef coupe court : « M. Daïmi parle de virilité et veut me trainer sur le terrain judiciaire, en usant de grossièretés qui, elles-mêmes, tombent sous le coup de la loi. Qu'il ait le courage de se séparer de son immunité parlementaire d'abord et, là, j'irai déposer plainte contre lui et ce ne sont pas ses casseroles qui manquent. Je peux citer ses injures et infractions au code des télécoms jusqu'à ses relations avec le Qatar et la Turquie en passant par l'attaque de son camp contre mon domicile en poussant un officier des forces de l'ordre à mentir. On peut également parler des membres de Irada qui voulaient utiliser des armes lors de la campagne électorale et la liste des scandales est longue.»

Cette affaire dans l'affaire a éveillé les soupçons de plusieurs médias qui ont déjà commencé à creuser autour des détails de ce scandale réel de la BFT et de l'implication supposée de Salim Ben Hamidane. Plutôt que de parler du fond de l'affaire, on parle de cet à-côté farfelu. Est-ce réellement la volonté de Youssef Chahed de déplacer le débat vers cet à-côté, comme l'accuse Imed Daïmi, ou bien est-ce une manœuvre de ce dernier pour politiser cet aspect afin que, demain, on crie à la manipulation politique si jamais Salim Ben Hamidane est condamné, comme le parient plusieurs personnes qui ont vu le dossier ? Comme Echourouq et comme Youssef Oueslati, plusieurs journalistes cherchent à obtenir des copies confidentielles du PV de justice afin d'éclairer l'opinion publique sur le rôle de Salim Ben Hamidane, en attendant son procès où tout le linge sale sera étalé. Que MM. Daïmi et Ben Hamidane continuent donc à injurier autant de journalistes et de médias qu'ils veulent, qu'ils les accusent d'appartenir à la mafia de Kamel Letaïef ou de la Cosa Nostra, le travail sera élaboré et la vérité sera dévoilée au public !


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