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A la municipalité du Kram, Fathi Laâyouni brillera comme un sou neuf
Publié dans Business News le 10 - 07 - 2018

« Il y'en a qui protestent, qui revendiquent et qui contestent. Moi je ne fais qu'un seul geste, je retourne ma veste… toujours du bon côté… » chantait en 69 Jacques Dutronc. Un refrain qui sied à merveille au nouveau maire fraîchement élu du Kram, Fathi Laâyouni. L'avocat controversé, aux multiples frasques, a fini par se racheter une virginité qu'on croyait à jamais perdue. Les efforts acharnés de Fathi Laâyouni ont eu raison du bon sens et de toutes les logiques. Celui qu'on qualifie partout de scélérat, brille désormais comme un sou neuf à la tête de l'une des principales municipalités de la capitale…

Le 9 juillet 2018, la présidence du conseil municipal au Kram était attribuée à l'avocat très controversé Fathi Laâyouni. L'ancien du RCD, connu pour avoir fait de la lèche à l'ancien régime, son activité préférée, était tête de liste du mouvement Ennahdha. Il a pu décrocher le poste de maire après un consensus entre les élus. Fathi Laâyouni a obtenu 20 voix contre 9 pour le candidat de Nidaa Tounes, Hichem Abassi. Pourtant, Nidaa était en tête au Kram en décrochant 12 sièges face au mouvement Ennahdha qui en avait obtenu 9.
La municipalité du Kram tombe ainsi entre les mains d'un personnage haut en couleurs et au passif bien douteux. Fathi Laâyouni est célèbre pour ses positions extrémistes et son statut de défenseur des personnages tout aussi colorés que lui. En sa qualité d'avocat, défendre des criminels fait partie de son métier, et jusque-là, il n'y a rien à lui reprocher.

M. Laâyouni, qui a profité de la révolution pour muer et s'ériger en défenseur de la veuve et de l'orphelin, a toutefois raté de nombreuses occasions de se taire, enchainant les déclarations choquantes, les plaintes et procès, presque tous perdus. Fathi Laâyouni avait, entre autres, défendu l'ancien chef de la diplomatie tunisienne, Rafik Abdessalem, lors de l'affaire nommée « Sheratongate », un procès perdu contre la bloggueuse Olfa Riahi. Le gendre de Rached Ghannouchi avait été inculpé par le parquet en décembre 2013 pour « l'usage par un fonctionnaire public de sa qualité pour se procurer lui-même ou procurer à autrui un avantage injustifié portant préjudice à l'administration » et pour « utilisation illicite des deniers publics ».
L'avocat, avait déclaré que l'affaire de Rafik Abdessalem est éminemment politique car on reproche à l'ancien ministre une prise de position «historique » qui n'a a jamais été faite par un Tunisien depuis l'indépendance : « Il est allé à Gaza et a reçu Ismael Haniya, devenant ainsi le premier leader arabe à avoir reçu le Palestinien. La machine sioniste a réagi et a tiré ses flèches contre cet homme et cette affaire a été lancée » a lancé Fathi Laâyouni lors d'une intervention à la télé. Il est allé jusqu'à se demander pourquoi la majorité des avocats plaignants sont originaires de Djerba, insinuant l'influence de la communauté juive sur l'île.
L'adepte de la théorie du complot, sioniste en particulier, a affirmé en 2013 que le CPR entretenait des relations douteuses avec l'entité sioniste et la accusé d'être derrière la divulgation des informations compromettant Rafik Abdessalem. Des accusations qui ont poussé le parti a menacer de porter plainte pour diffamation.

Fathi Laâyouni, a également plaidé la cause de trois policiers accusés du viol d'une jeune fille. Une affaire où les déclarations de l'avocat, qui avait affirmé qu'une relation non consentie mais sans violence n'est pas un viol, avaient provoqué l'indignation de tous et suscité de vives réactions des défenseurs des droits de l'Homme. Là encore, l'avocat des policiers violeurs a déclaré qu'il ferait appel du jugement prononcé contre ses clients « car ce jugement n'est pas équitable et les magistrats ont subi des pressions de la part de médias et de parties étrangères, d'où cette sentence ».

Fathi Laâyouni, qui ne supporte apparemment pas de rester dans l'ombre et qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu'on parle de lui, a tout récemment déposé une plainte auprès du Procureur de la République près du Tribunal de première instance de Tunis contre l'universitaire Saloua Charfi. Suite à un statut publié par Mme Charfi sur sa page Facebook, Laâyouni a accusé l'universitaire d'atteinte aux bonnes mœurs, d'incitation à la haine ainsi que de perturbation de l'ordre public. Rabibochage avec les islamistes oblige !

S'il est un exploit à lui reconnaître, c'est bien celui d'avoir réussi à occuper un poste important. Dans un pays où tout peut arriver, où tout est possible, où la mémoire est courte, l'opportunisme et les calculs intéressés sont monnaie courante, son élection ne doit pas être une surprise. Oui, Fathi Laâyouni est aujourd'hui maire, grâce à des opportunistes qui, comme lui, sont capables de tout sauf de faire preuve de patriotisme et de loyauté envers leur pays, une nomination tout simplement symptomatique du mal qui ronge la Tunisie…


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