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Tout va bien entre les deux cheikhs !
Publié dans Business News le 28 - 09 - 2018

« Le vrai faux divorce du président Essebsi avec les islamistes », titrait le journal Le Monde dans un article publié le 25 septembre 2018, faisant suite à l'interview présidentielle diffusée sur El Hiwar la veille. Dans cette apparition télévisée, le chef de l'Etat a annoncé une rupture avec le parti de Rached Ghannouchi, qui s'est empressé de démentir. Qu'en est-il vraiment ?

Est-ce que l'annonce du président de la République Béji Caïd Essebsi marque la fin du consensus entre les deux cheikhs ? Tout porte à croire, à première vue, que le consensus a encore de beaux jours devant lui. En effet, à peine les mots qui fâchent ont été prononcés par Béji Caïd Essebsi, lors de l'interview qu'il a accordée à Myriam Belkhadi lundi, que le parti islamiste enchaine les déclarations pour démentir.
« Ma relation avec Ennahdha est interrompue sur initiative du mouvement qui a décidé de changer de camp. J'ai discuté avec Rached Ghannouchi et politiquement, nous ne sommes plus d'accord », avait affirmé BCE lundi soir. Le lendemain matin, Imed Khemiri, porte-parole du parti, intervient sur Express Fm, pour rectifier le tir. Imed Khemiri dément une éventuelle rupture affirmant clairement : « que Ennahdha n'a pas demandé de rupture et que le parti reste attaché au principe du consensus ».
Force est de constater que cette annonce, faite par le président de la République, a déstabilisé les islamistes. En effet si le consensus entre les deux « cheiks » du pays est souvent vu du mauvais œil dans le camp des modernistes, il a été plutôt bien accueilli par les islamistes et les conservateurs. Une telle annonce ne pouvait donc que déranger la partie islamiste.

Abdelfattah Mourou, vice-président d'Ennahdha et premier vice-président de l'Assemblée des représentants du peuple, a lui aussi rebondi sur le divorce annoncé par BCE et a réagi sur Mosaïque Fm. « Je disais, depuis le début, que ce consensus n'était pas bâti sur des bases solides, étant entre deux hommes et non pas deux partis, n'étant pas écrit et n'ayant pas d'institutions capables de le développer. Il s'agit juste d'un désaccord sur le point 64 de l'Accord de Carthage 2 et ce n'est pas une raison pour se séparer, car il est de l'intérêt de la Tunisie de préserver le consensus, malgré cette mésentente», a-t-il dit, ajoutant : « Au cours du processus de transition démocratique, nous avons mis des balises pour nous repérer, dont BCE et Ghannouchi. Enlever l'une de ces balises, est synonyme de confusion. Je leur conseille tous les deux – NDLR le chef de l'Etat et le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi – de revenir à la raison pour l'intérêt de la nation, de se réunir et de prouver au peuple qu'ils protègent encore la nation ».
Toujours le lendemain de l'interview, Abdelkarim Harouni s'est aussi exprimé sur l'annonce présidentielle affirmant que « la solution à la crise n'est pas de rompre l'accord avec Ennahdha, mais plutôt de résoudre le problème au sein de Nidaa et de poursuivre l'accord, parce que c'est dans l'intérêt suprême du pays. »
Aussi, le député d'Ennahdha, Ajmi Lourimi, s'est exprimé sur Nessma Tv le 27 septembre affirmant que « le consensus est conditionné par plusieurs données, la plus importante étant la position à tenir vis-à-vis du gouvernement de Youssef Chahed ».

Mais est-il vrai que la fin du consensus soit dangereuse pour le pays ? Dans les faits, c'est plutôt du côté de la crise au sein de Nidaa Tounes qu'il faut regarder. En effet, si BCE parle de fin de consensus avec Ennahdha, c'est pourtant entre les mains du parti islamiste qu'il jette son (ex) protégé, le chef du gouvernement Youssef Chahed. En l'appelant, plusieurs fois au cours de la même interview, à se présenter devant le parlement pour en obtenir la confiance, le chef de l'Etat sait pertinemment que c'est Ennahdha, parti majoritaire au parlement avec 69 sièges, qui devra décider de son sort. Ennahdha qui a toujours publiquement soutenu Youssef Chahed pourrait bien en devenir officiellement le premier soutien et cela, alors même que Nidaa Tounes, parti au pouvoir, est divisé entre un clan anti-Chahed et un autre clan pro-Chahed. Ennahdha devra, ainsi, paradoxalement, être la partie qui tranchera dans le conflit qui secoue Nidaa et ses factions, puisque le parti de Hafedh Caïd Essebsi lui offre ce rôle en or sur un plateau.
L'annonce présidentielle n'alternera donc pas l'entente Ennahdha-Chahed et donc l'entente entre Ennahdha et la partie de Nidaa pro-Chahed, elle ne fera que la renforcer davantage.

Mais au-delà des considérations de politique politicienne, la fragilité de ce consensus vacillant permet aujourd'hui de poser les vraies questions. Quid de notre loi électorale ? Le véritable danger ne serait-il pas que les équilibres politiques futurs soient eux aussi bâtis sur un consensus aussi factice qu'intéressé, basé sur des intérêts personnels très étroits ? L'expérience actuelle montre qu'un consensus aussi étroit et aussi intéressé n'a non seulement pas réussi à apporter les changements nécessaires mais constitue, de surcroît, une source constante de blocages.
Puisqu'une modification de la loi électorale semble faire l'unanimité aujourd'hui, ne faudrait-il pas envisager un système dans lequel la majorité gagnante puisse gouverner seule, sans tomber dans le piège des consensus de circonstance? Ceci laisse, évidemment, la porte grand ouverte à une prise de pouvoir hégémonique… plus probablement du côté islamiste.

« Cette fin de consensus peut ouvrir une nouvelle page, mais ce qui est à retenir n'est pas de faire le calcul des profits et des pertes politiques mais d'en tirer des leçons, toutes les leçons, des erreurs générées par ce processus de gouvernance », écrivait notre confrère Zied Krichen dans son éditorial paru dans les colonnes du Maghreb. Amen !


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