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Tahia Tounes accueilli par une levée de boucliers générale
Publié dans Business News le 28 - 01 - 2019

C'est en grandes pompes que le nouveau parti de Youssef Chahed, Tahia Tounes, a été annoncé à Monastir le 27 janvier 2019. L'après-midi même de l'annonce, les principales formations politiques du pays ont exprimé leurs réserves et leurs critiques vis-à-vis de ce nouveau parti. Une salve qui montre toute la défiance avec laquelle les formations établies accueillent ce nouveau venu.

Jamais l'annonce d'un nouveau parti n'aura suscité autant de critiques ni autant d'attaques depuis l'annonce, par Béji Caïd Essebsi, de la fondation de Nidaa Tounes. Une levée de boucliers générale qui a commencé par les frères ennemis de Nidaa par la voix, notamment, de Ridha Belhaj qui a déclaré que la fondation de ce parti ne changerait pas la carte politique et ne ferait que diviser encore plus les forces démocrates. Il en a profité pour réaffirmer que Nidaa Tounes reste le seul parti qui peut tenir la dragée haute à Ennahdha. D'autres membres et sympathisants de Nidaa Tounes ont fustigé le nom choisi pour le parti, « Tahia Tounes », qui, d'après eux, a été volé à une célèbre maxime du président Béji Caïd Essebsi. Pour les nidaïstes du clan de Hafedh Caïd Essebsi, la fondation de ce parti s'apparente à une trahison envers Nidaa et envers son fondateur d'autant plus que le berceau choisi est Monastir. L'intention du nouveau parti de chasser ouvertement sur les terres électorales des destouriens, réservoir électoral de Nidaa Tounes, est clairement affichée.

L'annonce de « Tahia Tounes » a également eu le don d'ulcérer Afek Tounes. Plusieurs de ses dirigeants avaient rejoint, dans un premier temps, le bloc de la coalition nationale à l'ARP, et d'autres ont rejoint le nouveau parti politique. C'est ce qui a poussé le parti à dénoncer les pratiques chaotiques de ce qu'ils ont appelé « nouveau parti politique de l'Etat ». La porte-parole de Afek Tounes, Zeineb Turki, a également déclaré que la Tunisie avait besoin de partis structurés qui ont tenu leurs congrès et non pas d'étals politiques anarchiques autour de personnes qui ont failli au pouvoir.

Du côté de Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk a d'ores et déjà annoncé son intention de collaborer avec la nouvelle formation politique. Il est vrai que les discussions et les rapprochements vont bon train depuis des semaines entre les deux formations en particulier au niveau des deux blocs à l'assemblée. L'entrée de Machrouû Tounes au gouvernement de Youssef Chahed après le dernier remaniement a largement facilité les choses. Mohsen Marzouk a également appelé les principales formations politiques à rejoindre ce mouvement dans l'objectif de concurrencer Ennahdha. Mais il parait clair que cela reste un vœu pieux tant les partis se réclamant du progressisme critiquent le rendement gouvernemental et donc, critiquent le parti politique qui en est issu.

Le soutien principal de Youssef Chahed au gouvernement, Ennahdha, garde pour l'instant un silence prudent, du moins au niveau officiel. Le premier à donner son impression sur le nouveau parti est Mohamed Ben Salem sur les ondes de Jawhara FM le 28 janvier 2019. Il a particulièrement critiqué le nom du parti en disant que « Tahia Tounes » est un slogan commun à tous les Tunisiens en déplorant que son utilisation ne soit pas interdite par la loi.

Deux lectures sont possibles pour les réactions à l'avènement de ce nouveau parti politique. La première est qu'il est vu principalement comme une menace pour des partis établis depuis longtemps (relativement) et qui voient en ce nouveau parti un joueur qui va siphonner leurs réservoirs électoraux après avoir commencé par siphonner une partie de leurs leaders. Il s'agirait d'un parti qui apporterait un souffle nouveau à la scène politique tunisienne et qui aurait de réelles chances d'obtenir les 109 députés qu'il s'est proposé d'avoir. Dans cette optique, il ne pourrait s'agir que d'une bonne nouvelle pour la Tunisie. Mais la deuxième lecture possible, est que ce nouveau parti bénéficie du fait que Youssef Chahed soit au pouvoir. Il est connu que le détenteur actuel du pouvoir bénéficie toujours d'une certaine vague de sympathie qui disparait par la suite. Mehdi Jomâa et Hammadi Jebali par exemple en ont fait les frais. Tahia Tounes va puiser dans un électorat déjà éparpillé entre Nidaa Tounes et les formations qui en sont issues. Par conséquent, ce parti ajoutera à la confusion ambiante et ne pourra, en aucun cas, réunir la famille progressiste autour d'un même projet. Par ailleurs, l'objectif annoncé de concurrencer voire de battre Ennahdha aux prochaines élections ne parait pas logique au vu de leur alliance actuelle. Certains voient en cela un début de mensonge qui rendra encore plus difficile la conquête voulue par les dirigeants de Tahia Tounes.

Le choix du nom, le choix de l'endroit où l'annonce a été faite, en plus de la présence de certaines figures sont autant de signes que le nouveau parti Tahia Tounes est parti pour concurrencer les autres partis progressistes sur un champ déjà labouré à plusieurs reprises. Par conséquent, le doute est permis concernant les chances d'une telle formation politique. Le besoin de nouveauté, d'innovation et de programmes n'est pas assouvi pour l'instant, et c'est de la réponse à ce type de question que l'avenir du parti dépendra.


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