Le mouvement Ettajdid est un parti politique démocratique, progressiste et moderniste. Créé en 1920, le mouvement a participé à toutes les élections législatives depuis 2001. Il est surtout connu pour ses critiques de l'ancien régime. Quels sont les idéaux de ce mouvement? Quel sera sa stratégie quant aux réformes économiques ? Pour répondre à toutes ces questions, Investir en Tunisie a interrogé Mahmoud Ben Romdhane, économiste et membre du secrétariat du mouvement Ettajdid. Selon Mahmoud Ben Romdhane, la devise du parti repose sur un trio complémentaire : la démocratie, la progression et la modernité. D'abord ‘'démocratique'', il défend les valeurs de la République, à savoir la liberté, la solidarité et la justice sociale. Il est démocratique parce qu'il accorde un réel pouvoir d'initiative à ses structures décentralisées et à ses commissions spécialisées –Jeunes, Femmes. ‘'Progressiste'', car il œuvre pour une société solidaire. Il défend, en priorité, les catégories sociales défavorisées et marginalisées. ‘'Moderniste'', parce qu'il lutte pour une société du XXIème siècle, fondée sur la pleine égalité entre hommes et femmes et dans laquelle le droit est un droit positif, œuvre de l'effort humain, libre de toute instrumentalisation de la religion à des fins partisanes. Le programme d'Ettajdid projette de fonder une Tunisie prospère au profit de tous ses citoyens, libre et démocratique, solidaire, régionalement et mondialement rayonnante. Il convient d'abord de faire sortir les régions défavorisées de la misère et du sous-développement. Pour se faire, un nouveau schéma national d'aménagement du territoire doit être très rapidement mis en place pour intégrer pleinement ces régions dans l'espace national et les doter des infrastructures nécessaires (réseau routier et autoroutier, voies de chemin de fer, moyens de communication, pôles technologiques, zones d'activités industrielles et artisanales). La question de l'emploi est centrale dans le plan économique et social d'Ettajdid. En particulier dans les régions défavorisées. Elle passe par le rééquipement des régions, les recrutements dans l'administration. C'est pour améliorer la qualité des services publics. Elle passe aussi par les recrutements dans les nouvelles institutions décentralisées et dans les travaux et services d'utilité publique. Tous ces recrutements doivent se faire sur la base de critères préalablement définis en coopération avec les représentants des organisations d'usagers, des syndicats et des organisations de jeunesse. Pour favoriser l'investissement et créer de la richesse, de nouvelles conditions doivent être remplies. C'est sur la base d'un nouveau climat de l'investissement favorisant l'initiative privée nationale et internationale. Sur cette base, il devient possible de rapprocher le taux d'investissement privé domestique, plafonné à 11 – 12 % au cours des deux dernières décennies, de son potentiel (20 %) dans un délai très bref (2013) et d'atteindre un taux global d'investissement de 30 à 35 %, ce qui permettrait rapidement à notre pays d'avoir une croissance économique proche de 10 % et de réduire son taux de chômage de manière spectaculaire.