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Est-ce le retour de la politique sélective ?
Baccalauréat 2015, le taux le plus faible des vingt dernières années
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 07 - 2015

Les résultats définitifs du baccalauréat 2015 ont été proclamés vendredi 3 juillet, enregistrant un taux général de réussite de 36%. Un peu plus de 45.000 candidats ont été déclarés admis sur un total de 133.000. C'est le taux le plus faible jamais réalisé au cours des vingt dernières années. Il faut, en effet, remonter à 1995 pour tomber sur un taux de 31.9%. Ce qui pose plusieurs questions quant à la faiblesse des résultats et au traitement qui sera réservé aux élèves recalés dont le nombre avoisine les 88.000, surtout si l'on sait que beaucoup d'entre eux n'auront pas le droit de tripler et que d'autres préfèreront abandonner les bancs du lycée. Situation alambiquée à laquelle le ministère ne s'est sûrement pas préparé.
Baccalauréat, de l'excellence dites-vous ?
Dans une précédente déclaration à l'issue des résultats de la première session, le ministre de l'Education avait parlé du baccalauréat de l'excellence. Est-ce le retour de la politique sélective qui a longtemps prévalu dans le système éducatif tunisien pendant les années 1970 et 1980 au cours desquelles le taux moyen de réussite au baccalauréat atteignait à peine la barre des 30%. Le directeur général des examens, Amor Ouelbani, se targue lui d'une baisse significative des cas de fraude passant de 756 en 2014 à 247 au cours de cette année, performance, selon lui, jamais égalée. Certes, c'est un bon signe mais qui cache mal les défaillances du système et qui ne signifie en rien que c'est grâce à ces nouvelles technologies utilisées pour contrer les fraudeurs que le taux de réussite a sensiblement chuté. A l'analyse, on ne peut pas affirmer que la baisse des fraudes a impacté sur les résultats des examens de cette année. Et que par conséquent, ce sont les meilleurs qui ont été déclarés admis. Et les autres, sont-ils tout simplement « les déchets » d'un système usé et complètement archaïque ?
Une gangrène appelée cours particuliers
Les raisons de cet échec sont plus profondes qu'on ne le pense. Elles sont inhérentes au fonctionnement de notre système éducatif rongé par des maux devenus endémiques, au fil des années. L'année scolaire qui vient de s'écouler a été marquée par des grèves successives qui ont influé de manière considérable sur le niveau des élèves et la qualité de l'enseignement. Il y a eu trop d'interruption de cours dans les établissements secondaires cette année et les programmes n'ont pas été achevés dans certains lycées. Sans compter l'absentéisme de plus en plus fréquent dans le secteur. Les examens du second trimestre n'ont pas eu lieu en raison de la grève administrative décrétée par le Syndicat général de l'enseignement secondaire, ce qui a perturbé le déroulement de l'année scolaire et contribué à la déconcentration des élèves et au désarroi des parents. Ces derniers, incapables d'assurer le suivi de leurs enfants à la maison et de vérifier le contenu des cours, se sont, massivement, rabattus sur les cours particuliers donnés par ces mêmes professeurs grévistes à coups de dizaines de dinars par mois. Ces cours, qui ne sont pas à la portée de tous les parents et qui pour certaines disciplines atteignent les 100 dinars, voire plus, pour une moyenne de quatre séances, sont devenus la véritable gangrène qui risque de tuer l'école. Ce qui a créé une forme de ségrégation entre les élèves et renforcé l'inégalité des chances entre les milieux sociaux. Cette gangrène touche tous les niveaux de l'enseignement et certains enseignants — heureusement qu'ils sont une minorité — ont tendance à faire monter la pression sur les élèves et leurs parents pour les convaincre à dépenser plus pour augmenter les chances de réussite.
Quelles alternatives pour les recalés ?
Et si pour les enseignants, la faiblesse des résultats est due au niveau bas des élèves, pour ces derniers, ce sont plutôt les enseignants qui sont mal outillés et peu qualifiés. Pour les parents par contre, il est question d'un système éducatif défaillant. L'enseignement public est confronté depuis quelques années à plusieurs difficultés et il s'est davantage dégradé depuis 2011. Dégradation au niveau de la gouvernance, de l'encadrement, de la formation et de l'infrastructure. Mais aussi au niveau de l'environnement social de manière générale marquée par la montée de la violence et de l'agressivité et de l'endoctrinement des jeunes lycéens par des réseaux liés au trafic, au crime organisé et au jihadisme.
Pour le moment, le ministère de l'Education n'a pas fait de commentaire sur les résultats. Mais il est évident qu'il va procéder à une évaluation qu'on espère exhaustive pour déterminer les vraies raisons de cet échec et de ses répercussions sur la situation de l'école de manière générale et surtout sur ces milliers de jeunes qui vont gonfler le nombre d'abandons estimé, bon an mal an, à 100.000. D'autant plus que le pays a du mal à faire face à un tas d'autres problèmes dont la garantie d'une formation professionnelle pour les recalés de l'enseignement et le chômage des jeunes.
Les répercussions de ces mauvais résultats risquent d'être fâcheuses sur les plans social, économique et également politique. Surtout qu'on n'a pas prévu de dispositifs pour offrir aux jeunes recalés d'autres alternatives.


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