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Journée de solidarité avec le Cachemire: Toujours aux côtés des causes justes
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 02 - 2020

Mercredi dernier dans ses locaux aux Berges du Lac, l'ambassade du Pakistan en Tunisie a commémoré la journée de solidarité avec le Cachemire dont la crise s'éternise, suite au conflit Inde-Pakistan, depuis leur indépendance en 1947. 73 ans déjà et la résolution onusienne reconnaissant le droit de la population cachemirie à disposer d'elle-même, par voie référendaire libre et universelle, n'est pas, à ce jour, suivie d'effet. Pourtant, l'Inde n'a émis aucune objection quant à l'adhésion du Cachemire, en se référant alors au choix du peuple. Sans suite jusque-là. L'Inde avait fait volte-face et durci sa position, refusant ainsi d'organiser un référendum-plébiscite au Cachemire. Sur cette question, le chef de la diplomatie indienne, lors d'une récente interview à Essabah, avait déclaré que «Jammu-et-Cachemire est une partie indivisible du territoire indien depuis 1947». Déclaration qui a été catégoriquement réfutée par le Pakistan. Cela n'est, semble-t-il, qu'un autre clou planté dans le cercueil de la paix entre les deux pays.
Son ambassadeur en Tunisie, M. Muhamed Hassen, avait, dans son discours commémoratif, alerté sur l'abrogation par l'Inde des articles 370 et 35 A de sa constitution conférant aux résidents de l'Etat du Jammu-et-Cachemire des droits et privilèges spéciaux. La raison invoquée est que cette loi élimine ou restreint les droits conférés aux autres citoyens de l'Inde. Cela étant, l'annulation, en 2019, de cette disposition spécifique, en vigueur depuis 1954, est considérée comme une flagrante violation du droit humanitaire international qui garantit aux Cachemiris leur droit à l'emploi, à l'éducation, à l'acquisition des biens immobiliers et l'installation permanente dans l'Etat. L'ambassadeur pakistanais en Tunisie y voit «un pas de plus qui rend encore plus difficile le traitement de ce dossier». Il le considère comme une manœuvre politique à l'israélienne, ressemblant, dans ses démarches, celle adoptée contre le peuple palestinien qui milite pour libérer ses territoires occupés.
A noter que cette zone de conflit qu'est le Cachemire s'étend sur une superficie de 242 mille km2, avec 15 millions d'habitants à grande majorité (90%) musulmane. En octobre 1947, faut-il le rappeler, les autorités indiennes ont perpétré des massacres à l'encontre de la population locale pour sanctionner leur désir de se joindre au Pakistan, faisant, alors, des milliers de victimes cachemiries. Pour l'histoire, l'on n'a jamais oublié que la Tunisie a toujours été aux côtés des causes justes dont celle palestinienne. Elle l'est, aussi, pour celle du Cachemire. Bourguiba avait dit, en mars 1964, lors de la visite, à Tunis, effectuée par une délégation du Cachemire dirigée par le Grand Mufti Yusuf Shah pour obtenir le soutien de la Tunisie au droit des Cachemiris à l'autodétermination : «Notre position à ce sujet s'inspire des décisions prises par le Conseil de sécurité. Cela ne signifie pas que je soutienne une partie contre une autre – soit les musulmans contre les Hindous ou le Pakistan contre l'Inde, mais elle émane du principe de respect de la dignité humaine et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes». Une telle position continue, jusqu'à nos jours, de susciter l'admiration et la considération du Pakistan pour la diplomatie tunisienne et son rôle dans la consolidation des relations politiques et économiques qui lient les deux pays frères.


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