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Des craintes à l'horizon
Démarrage, aujourd'hui, des négociations Tunisie-UE sur lAleca
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 10 - 2015

Comme déjà prévu, les négociations entre la Tunisie et l'Union européenne sur le nouvel Accord de libre-échange complet et approfondi, connu sous son abréviation « Aleca », devrait commencer aujourd'hui. Attendue à ce rendez-vous pour venir en donner le coup d'envoi, la commissaire européenne au Commerce, Mme Cecilia Malmstrom, tient, en compagnie de son homologue, M. Ridha Lahoual, à donner, ce matin, une conférence de presse au palais du gouvernement à La Kasbah. Mais, cet événement majeur inscrit dans la relance du processus de Barcelone, entamé depuis 1995, ne semble pas, pour autant, faire écho favorable auprès d'une large frange de la société civile. A la veille, l'association «Prospection et développement» a organisé, hier à midi, une conférence de presse au siège du Snjt, tirant au clair les raisons détournées d'un partenariat jugé à haut risque. L'intérêt commun déclaré n'est, alors, d'après elle, que l'arbre qui cache la forêt.
Son secrétaire général, M. Abdelbassat Sammari, s'est étalé sur la genèse d'un processus de coopération bilatérale douteux et sans aucune transparence, basé sur des promesses fallacieuses. Car, vingt ans déjà, l'accord d'association tel que ratifié entre la Tunisie et l'UE n'arrive pas, jusque-là, à porter ses fruits. Selon lui, il traîne encore, en trompe-l'œil, avec un plan d'action dérisoire. En fut témoin l'étude menée, une année avant, par la Banque mondiale, et dont les prévisions n'étaient guère rassurantes. Tous les indices chiffrés projetés, à l'époque, annonçaient des dégâts collatéraux inévitables : économie surendettée, chômage endémique et dégradation à hauteur de 50% du tissu industriel national. M. Sammari a dénoncé l'implication des gouvernements qui se sont succédé au lendemain de la révolution du 14 janvier dans ce projet détracteur qui vise, en apparence, le démantèlement des tarifs douaniers pour favoriser l'intégration de l'économie tunisienne dans le marché européen. Mais, en réalité, avance-t-il, l'Aleca ne servira, finalement, que les intérêts étroits du Vieux continent. En fait, de la Troïka au gouvernement Essid passant par celui de Mehdi Jomâa, le statut d'un partenaire autant privilégié qu'avancé de l'Europe demeure encore recherché.
Aussi, les négociations qui vont reprendre aujourd'hui seront-elles en mesure de gagner cet enjeu et remettre sur les rails un vrai partenariat gagnant-gagnant ? Mais, que faut-il attendre d'un tel round mal parti ? Ne vaut-il mieux s'y préparer, mettant cet accord à l'épreuve de ses vertus et ses faiblesses ? Ces interrogations telles qu'avancées par le conférencier s'expliquent, bien évidemment, par certaines craintes à bien des égards. Car, ces négociations, justifie-t-il, auraient dû être précédées par une étude d'évaluation en amont et en aval, à même de disséquer le processus entier à la loupe. Aucun gouvernement post-révolution n'a eu le courage de le faire, a-t-il déploré. On est en droit, aujourd'hui, d'en connaître les retombées sur le plan aussi bien économique, commercial que sécuritaire. Le président de ladite association, M. Mahmoud Besrour, ancien diplomate, n'a pas nié les avantages de cet accord, en termes d'ouverture de la Tunisie sur les marchés de la rive nord. Toutefois, il n'a pas caché ses suites contraignantes, au fil du temps. Il énumère ici plusieurs inconvénients dont l'impact n'a jamais été mesuré : démantèlement tarifaire des taxes douanières depuis 96, amplification du chômage, déficit de la balance commerciale, endettement excessif, évasion fiscale, fuite des capitaux, déséquilibre industriel et disparités régionales. Cela n'a pas été sans répercussions indirectes sur nos relations de voisinage aussi bien avec la Libye que l'Algérie, affirme-t-il. Et de se rétracter : «Nous ne sommes absolument pas contre cet accord en tant que tel, mais pour un partenariat bilatéral qui soit bénéfique au service des intérêts communs des deux parties concernées». Sans pour autant négliger l'importance qu'il y a de procéder, préalablement, à une évaluation exhaustive embrassant tous les domaines d'activités, notamment les secteurs de l'agriculture et des services. Nous voulons un partenariat gagnant-gagnant, rétorque l'économiste Jamel Aouididi qui ne voit, jusque-là, que des rapports de force asymétriques le régissant. Et d'arguer que cet accord n'a fait, des années durant, que tarir les sources de l'Etat et le réduire à une sorte de colonie dépendante de l'étranger. De même, un manque à gagner estimé, jusqu'à 2008, à quelque 24 milliards de dinars, à raison de deux mille milliards perdus chaque année. « Face à ce constat tristement lourd, il n'est pas logique que notre pays renoue encore avec ce processus suicidaire. La révision des comptes s'avère très significative à plus d'un titre», estime-t-il.
D'après lui, la libéralisation du secteur agricole et des services ne devrait, en aucun cas, se faire aux dépens de notre souveraineté et des grands intérêts de la nation. L'expert financier Lassaâd Dhaouadi n'y va pas par quatre chemins pour pointer du doigt les visées de l'Aleca. Il l'a qualifié de projet à desseins malsains, tendant à mettre le pays à genoux. Et s'il y a, ici, vraiment des points positifs, c'est que cet accord vient imposer à la Tunisie une série de réformes bloquées, affirme-t-il. Mais, au moment où aucun secteur économique n'a été mis à niveau, de quel partenariat parle-t-on ? Que faut-il en attendre au juste ? Carrément rien ! Sauf que la relance, aujourd'hui, des négociations sur l'Aleca ne vont aboutir à rien. Et de craindre qu'il ne s'agisse là d'un « complot fomenté en catimini ». Et de s'étonner de voir le gouvernement tunisien se précipiter sans réfléchir, l'expert a remis cet accord en cause, le comparant au traité du Bardo qui imposa, en mai 1881, le protectorat français sur la Tunisie. L'ex-ambassadeur Ahmed Ben Mustapha y voit un tremplin pour entraîner le pays dans une dépendance financière à n'en plus finir. L'autre face de la colonisation militaire, au sens figuré du terme.


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