AL-QODS OCCUPEE — La Cour suprême israélienne a donné, hier, son feu vert à la destruction de cinq maisons appartenant à des Palestiniens accusés d'avoir participé à des attentats meurtriers contre des Israéliens, a indiqué le ministère de la Justice. Cette décision intervient alors que la Cisjordanie occupée, Jérusalem et Israël sont en proie à une vague de violences. Trois des maisons appelées à être détruites, situées à Naplouse (nord de la Cisjordanie occupée), seront les premières à l'être à la suite de l'escalade commencée, le 1er octobre, si les démolitions sont menées à bien. L'assassinat d'un couple de colons israéliens sous les yeux de leurs enfants, le 1er octobre, près de Naplouse marque le début de cet enchaînement. Ce sont les maisons des trois meurtriers présumés, Yahya Haj Hamed, Kerem Razek, Yet Samir Kusa, arrêtés depuis et présentés par Israël comme membre d'une cellule du Hamas, qui sont destinées à être démolies. Les deux autres maisons, situées près de Ramallah et dans le camp de réfugiés de Qalandiya, seront détruites pour des meurtres remontant à juin 2015. La décision de la Cour suprême survient après une vive querelle entre cette dernière, d'une part, et la droite ainsi qu'une partie du gouvernement d'autre part. L'un des principaux alliés de la coalition gouvernementale, de Benjamin Netanyahu, le ministre de l'Education Naftali Bennett, avait ouvertement accusé la Cour suprême de «freiner le combat contre le terrorisme» parce qu'elle n'approuvait pas assez vite les demandes de démolition. Face à la multiplication des attentats, le Premier ministre a promis d'accélérer les procédures de destruction. La pratique est décriée par ses détracteurs comme relevant de la punition collective. Mais M. Netanyahu la défend comme une arme dissuasive efficace, pour autant que la destruction intervienne rapidement après les faits. La Cour suprême avait suspendu le 22 octobre la démolition de plusieurs maisons prévues le jour même, dont les cinq concernées par l'arrêt de jeudi. La Cour ne s'était pas privée, devant les critiques de la droite, de renvoyer les autorités à leurs propres manquements en demandant pourquoi, si les démolitions pressaient tellement, elles avaient parfois mis tant de temps à les mener à bien après l'accord de la Cour suprême. En l'occurrence, la Cour suprême était saisie par huit organisations de défense des droits de l'Homme. Les destructions sont «disproportionnées», faisait valoir l'organisation israélienne Hamoked, pour qui le souci de dissuasion ne justifie pas le «préjudice causé par la démolition de maisons (abritant) des familles entières». La Cour suprême a rejeté les recours des organisations. En revanche, elle a accepté l'appel du propriétaire d'une sixième maison, qui louait à un assaillant palestinien, et a donné à cette famille jusqu'à mardi pour quitter les lieux.