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La vérité est une femme
Le visage de Dieu, de Bahram Aloui
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 12 - 2015

Un regard d'enfant curieux, dans un recul contemplatif et songeur, qui n'empêche pas le réalisateur d'apparaître devant sa caméra, de manière à susciter l'interrogation du spectateur.
Entamés depuis deux semaines, les rendez-vous du ciné-club du Rio ont permis au public de découvrir, mercredi dernier, un documentaire tunisien quasi inédit. Le visage de Dieu de Bahram Aloui a été montré en salles en Tunisie à, à peine deux occasions. Sa projection au Rio a été suivie d'un débat, animé par l'universitaire Sihem Sidaoui, en présence du réalisateur qui s'est livré sur cette expérience très personnelle.
Le visage de Dieu part, en effet, du vécu de ce jeune comédien qui a pris la caméra de 2009 à 2013 pour narrer son parcours en images. Les mots sont, à leur tour, fort présents et résonnants de beauté dans ce film de 58 minutes. Le texte porté à l'écran par la voix du réalisateur est sorti de ses tripes, en arabe littéraire. Un choix opéré afin de rendre hommage aux écrivains et poètes tunisiens que Bahram Aloui a côtoyé au plus près à Tunis, dans les bars et dans les rues de la ville.
Enfant du Nord-Ouest tunisien, le réalisateur s'érige en témoin du Tunis pré et post-14 Janvier 2011. Son regard est chargé de tendresse mais aussi d'amertume, sur une capitale séduisante et cruelle, et ses figures rongées par le désespoir et la frustration. Un regard d'enfant curieux, dans un recul contemplatif et songeur, qui ne l'empêche pas d'apparaître devant sa caméra, le regard frontal, de manière à susciter l'interrogation du spectateur. A Tunis, Bahram Aloui a grandi, s'est laissé emporter par un monde sans repères, mais son âme est toujours celle de l'enfant qu'il raconte au début du film, où il reconstitue des scènes familiales autour de la télévision des années 80. La «boîte à démons» comme l'appelait sa grand-mère était sa fenêtre sur le monde, qu'il imaginait à travers les dessins animés, et que son père voyait à travers le journal de 20 heures. Un concentré d'images de guerres et de propagande, répulsifs pour l'enfant que l'on retrouve à la fin du film dans son village, là où tout a commencé, là où se trouvent ses vrais repères, dont surtout sa mère, Hédia.
Personnage central dans Le visage de Dieu, la mère de Bahram Aloui trace le fil conducteur du film et boucle son récit par son apparition à l'écran et son témoignage. Elle inspire même le titre du film, qui vient d'un proverbe qu'elle utilise souvent. Son fils rend hommage à son courage, son dévouement et son caractère de femme «patiente au-delà de la patience». Elle porte en elle l'essence du message du film. C'est la boussole grâce à laquelle le film et l'enfant échappent au danger de perdre la structure et le nord. Après nous avoir montré un Tunis bouleversé au lendemain du 14 janvier 2011, le réalisateur revient filmer sa mère qui mène toujours son combat quotidien pour assurer le pain de ses enfants. Le changement n'a clairement pas atteint son village, classé zone d'ombre au temps de Ben Ali et resté ainsi hors des enjeux des politiciens et des preneurs de décision, jusqu'à aujourd'hui.
A son tour, Bahram Aloui a dû mener un combat pour que son film voie le jour. Un périple qui l'a rendu quelque peu aigri et il n'a pas mâché ses mots, surtout envers les organisateurs des Journées cinématographiques de Carthage qui n'ont pas programmé son film cette année, a-t-il reproché pendant le ciné-club. Cela ne diminue en rien de la richesse de ce documentaire où la démarche s'érige en langage, où la justesse des cadres et la qualité de l'image n'est pas le principal souci d'une caméra anthropologue, auteure d'un cinéma de quête, où la seule vérité est une femme.


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