Dialogue national, Echaâb soutient l'initiative de l'UGTT    Kaïs Saïed: Il faut distribuer le vaccin d'une façon équitable    Mariés depuis près de 50 ans, ils meurent du Covid-19 le même jour    Coronavirus: De nouvelles contaminations au Kef    OMS-Europe: Les vaccins anti Covid-19 pourraient changer les règles du jeu    Al-Qardaoui prône la polygamie en Tunisie    L'ITES et TSC annoncent le lancement d'un appel à candidatures pour le programme Tunisian Smart Cities    La Tunisie adhère à la Coalition internationale pour l'Egalité salariale    L' élection américaine de 2020    L'ONU lève l'interdiction de voyage pour six mois de l'épouse de Kadhafi et sa fille Aïcha    Foot : Hamza Mathlouthi porte plainte contre le Club Sportif Sfaxien    Il faut faciliter l'accès des handicapés à l'information et au marché de l'emploi    Réglementation de change, appel à une réglementation de change moins contraignante    En Vidéo : Pollupa, un mode de vie Zéro Déchets    Ligue 1 : programme de la 1ere journée    REMECIEMENTS ET FARK : Abdelwaheb CHAARI    Programme TV du jeudi 03 décembre    Le Real Madrid prévoit 617 millions d'euros de revenus pour la saison 2020-2021    Une nouvelle initiative, le marché solidaire des artisans à l'IFT    Stephanie Williams met en garde contre l'existence de 10 bases militaires et 20.000 combattants étrangers en Libye    CONDOLEANCES    ARP/Débat budgétaire : Les députés réclament une réforme des systèmes des subventions et des circuits de distribution    Le Samsung Brand Shop Centre Urbain Nord vend dorénavant des produits électroménagers    ST : Les dernières retouches !    JSK : Okbi aux commandes    CAF : sanctions réduites pour Khalil Chammam et Abderraouf Benguit    L'Algérie et l'Egypte, futurs pays de production du vaccin russe Spoutnik V?    Leasing : Proparco accorde à l'ATL un prêt de 15 millions d'euros    Tunisair s'attend à la reprise du rythme ordinaire de son activité commerciale au cours de l'année 2021    Tunisie – Concours 6ème, 9ème et Bac 2021 : Prolongation des inscriptions jusqu'au 06 décembre    Direction générale de l'action culturelle : Les animateurs culturels en formation    Youssef Lachkhem, directeur général de l'établissement national pour la promotion des festivals et manifestations culturelles et artistiques, à La Presse : La culture, la Covid et les festivals, quelles perspectives ?    ARP/Budget 2021 : Des députés plaident pour la transformation de la Poste en "banque postale"    Covid-19 : une ligne de financement pour aider les travailleuses domestiques    En photos : Les Tunisiennes font crépiter les flashs au festival du film du Caire    Coronavirus: Bouraouia Agrebi: Le ministère de l'Education n'a pris aucune mesure au profit des personnes handicapées    L'ancien chef d'Etat français Valéry Giscard d'Estaing n'est plus    On nous écrit | L'Hôtel du Lac, symbole en péril : Grandeur et décadence    Tunisie: Kais Saied, mécontent des prestations de la mairie de Tunis    Europa League (Milan AC) : l'entraîneur Stefano Pioli guéri du Covid-19    Météo : Températures en baisse    3463 contaminations en milieu scolaire    Photo du jour : Hommage à Henri Teissier, Archevêque d'Alger ? homme de tolérance et du dialogue interreligieux    La terrasse de la liberté    Aïcha Ben Miled et Najla Ben Abdallah en lice pour les César 2021    «Visions du présent et du passé», exposition d'Ali Zenaidi    Tony Blinken: L'Américain qui aime Carthage    Présentation du projet de réhabilitation du musée de Carthage    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Tribune | TRUMP-16 vs COVID-19 : La démocratie américaine entre le marteau et l'enclume
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 10 - 2020


Par Aymen BOUGHANMI
Selon le New York Times, Donald Trump aurait sérieusement envisagé la possibilité de quitter l'hôpital où il a séjourné pendant trois jours après avoir été contaminé par le Covid-19 habillé d'un t-shirt de Superman. Ayant renoncé à ce scénario, le Président américain n'a pas en revanche résisté à la tentation de se comparer à ce héros du grand écran. Visiblement en pleine forme, Trump se plaît désormais à mettre en avant sa capacité personnelle à affronter et à vaincre la maladie. Pour lui, sa force et sa vitalité doivent être une inspiration pour son pays, voire pour l'humanité entière.
Faisant flèche de tout bois
Au moment où les Etats-Unis font la course en tête en termes de contagion et de pertes humaines liées à l'épidémie du Covid-19, Trump semble rappeler le vieil adage: ce qui ne tue pas renforce. Le locataire de la Maison-Blanche, malgré les innombrables coups d'éclat dont il a marqué son mandat présidentiel, n'a pas encore épuisé sa capacité de surprendre.
Faire de sa maladie et de son prompt rétablissement un argument électoral, c'est vraiment osé! Mieux: Trump n'hésite même pas à utiliser sa propre contamination par le Covid pour attaquer son rival qui se trouve ainsi blâmé pour sa prudence, sa sobriété et son comportement responsable. Décidément, le populisme n'a pas de bornes !
Dans ce domaine, Trump n'a pas d'égal. Rappelons par exemple que le Premier ministre britannique Boris Johnson, après avoir attrapé le Covid-19, a fait preuve d'une grande empathie, signalant que son expérience avec la maladie lui a appris une leçon. Pour Trump, c'est tout à fait le contraire. Sa guérison semble lui prouver qu'il avait eu raison de prendre cette épidémie à la légère. D'ailleurs, dans ses récents meetings de campagne, il continue à ignorer les recommandations sanitaires, allant jusqu'à lancer des masques, à la manière des rock stars, sur une foule compacte, enflammée et acquise à sa cause.
Faisant feu de tout bois
Face à cette désinvolture, la démocratie américaine semble vaciller. Alors que le Président continue de refuser tout engagement à reconnaître les résultats des élections en cas de défaite, Facebook et Tweeter ont d'ores et déjà annoncé qu'ils vont censurer toute proclamation prématurée de victoire. C'est que les risques sont véritablement de taille. La raison en est le vote par correspondance, qui n'est certes pas une nouveauté pour la démocratie américaine, mais qui n'a jamais auparavant représenté un enjeu déterminant pour le résultat final.
Exceptionnellement cette fois, le vote par correspondance va sans doute représenter des dizaines de millions de bulletins. En effet, 40 Etats ont dû adopter cette procédure pour minimiser le risque de propagation de l'épidémie. Cette voie est présentée comme une tentative qui permet de réconcilier l'acte civique du suffrage avec la sécurité sanitaire. Les enquêtes d'opinion montrent que les Démocrates — ce qui veut dire les électeurs de Joe Biden — en sont convaincus, et adhèrent donc massivement au vote par correspondance, alors que les Républicains rejettent cette proposition avec une véhémence toute particulière.
Dès lors, il est aisé d'imaginer les calculs de Trump. Etant donné la division partisane autour de l'appréciation des risques sanitaires et autour du vote par correspondance, Biden risque de perdre la bataille des bureaux de vote, notamment dans plusieurs Etats clés comme la Floride ou la Pennsylvanie. En tenant en considération le fait que le comptage des voix par correspondance exigera beaucoup plus de travail et de temps, le scénario suivant n'est pas à exclure: une annonce de la victoire de Trump sur la base des bulletins recueillis dans les urnes, suivie d'une déclaration finale de la victoire de Biden après prise en compte des nombreux bulletins par correspondance; d'où la porte ouverte que Trump laisse toujours à la possibilité d'une contestation des résultats.
Les choses ne s'arrêtent pas là. Refusant de condamner les suprématistes Blancs et leur violence, Donald Trump leur a même lancé une phrase lourde de signification. (Stand back! Stand by!) a-t-il lancé lorsqu'il a été interrogé sur ce sujet pendant l'unique débat présidentiel qui a réuni jusqu'ici les deux candidats. Le Président appelle donc des groupes violents à reculer et à attendre. La question qui se pose: attendre quoi exactement?
L'inquiétude qui gagne les élites américaines se justifie par le fait que Donald Trump ne rate aucune occasion pour mettre en cause par avance le résultat des élections. Les doutes soulevés aujourd'hui ne font que préparer le terrain à ce qui semble une évidence: Trump n'acceptera pas la défaite. C'est une stratégie qui le sert puisqu'en cas de victoire, personne ne se souviendra des doutes exprimés par le candidat à sa propre succession. En cas de défaite, en revanche, toutes les possibilités, y compris les plus noires, restent ouvertes.
Des leçons pour toutes les démocraties
La leçon revêt un intérêt qui dépasse de loin les Etats-Unis. Il concerne toutes les démocraties, surtout les plus fragiles et les plus récentes. Car une société en crise tend à produire des leaders irresponsables. A force d'exalter la volonté populaire et de souffler sur les braises de la discorde, ces politiciens lancent une spirale qui peut facilement s'emballer en prenant des formes identitaires, voire en produisant de la violence. Nue et sans retenue, la volonté du peuple est exaltée par des leaders populistes qui s'offusquent ouvertement des contraintes qu'impose la logique démocratique des contre-pouvoirs.
Le trumpisme serait ainsi la manifestation américaine d'une semence destructrice qui est en train de germer dans toutes les démocraties, et qui risque de marquer l'histoire future de la notion même de l'Etat de droit. Partout dans le monde, les partis et les hommes politiques essaient tant bien que mal de rallier des sociétés qui connaissent des changements aussi profonds qu'incontrôlables, et qui s'engouffrent dans des crises économiques, sociales ou identitaires de plus en plus graves.
Ce processus produit une défiance grandissante à l'égard des institutions et alimente ainsi des monstres qui risquent un jour de dévorer la démocratie. C'est précisément là l'origine des nouveaux périls que laissent entrevoir les conditions particulières de la campagne électorale américaine. Sans programme politique clair, les deux candidats à la Maison-Blanche se sont réfugiés derrière des slogans vagues et des principes absolus.
Traduisant à merveille la polarisation extrême que connaît la société américaine, leur rhétorique se réduit pratiquement à la volonté affichée de détruire l'autre. Cette polarité est ce qui survivra certainement, non seulement aux élections prochaines, mais même à la disparition politique éventuelle de Donald Trump. Cela signifie que, même si la démocratie américaine venait à triompher des assauts trumpistes, le débordement des institutions américaines ne serait pas facile à endiguer.
A.B.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.