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En proie à la violence économique
La femme dans le milieu rural
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 12 - 2015

Selon une enquête, 73,7% des femmes rurales travaillent dans le secteur informel. La femme compte 61% de la classe ouvrière agricole saisonnière et seulement 28% de la classe ouvrière permanente.
La femme dans le milieu rural continue d'endurer toute sorte de violence au nom du sexisme et de la mentalité antiféministe. Elle s'avère être, nettement, plus touchée par la violence, la marginalisation et la discrimination que la femme dans le milieu urbain. Un constat qui revient, à la fois, à sa condition de femme dans un milieu à dominante masculine, mais aussi aux conditions caractéristiques de ce milieu, du moins qu'on puisse qualifier de défavorisé.
Les acteurs de la société civile revendiquent l'amélioration des conditions de vie dans le milieu rural afin de garantir l'équité entre tous et toutes. La femme dans le milieu rural serait probablement la première à se réjouir d'un changement positif qui, malheureusement, tarde à venir. Aussi, l'UTAP, en collaboration avec l'UNFT, a organisé, récemment, un séminaire portant sur l'autonomisation de la femme dans le milieu rural. Une rencontre qui a permis aux participantes de dénoncer les injustices sur fond sexiste, de plaider pour les droits de la femme en autonomie et la reconnaissance de son mérite en tant que pilier de l'économie nationale.
Mme Wassila Ayari, professeur de droit et de sciences administratives et chef du service législatif et contentieux à l'UGTT, a expliqué le rapport de causalité entre la fragilité et la marginalisation du secteur agricole et la violence économique infligée aux femmes dans le milieu rural. Le Code du travail traduit le sens discriminatoire du législateur qui réserve au domaine agricole des textes de loi quasi formels. Conscients de cette injustice, les hommes boudent ce secteur mal rémunéré. Et ce sont bien les femmes qui finissent par accepter, contraintes, ce gagne-pain à la fois accablant et désavantageux. Elles endossent, finalement, la part du lion en matière d'injustice et d'iniquité. «La femme compte 61% de la classe ouvrière saisonnière et seulement 28% de la classe ouvrière permanente. Elle s'investit souvent dans des projets agricoles familiaux. Mais 11% d'entre elles n'en reçoivent pas un sou et seulement 0,5% détiennent une parcelle du domaine. Pis encore : 19% des femmes dans le milieu rural cultivent la terre et s'adonnent, de surcroît, à d'autres activités pour nourrir leurs familles, comme l'élevage, la préparation du pain pour le vendre sur le bas-côté des rues. Certaines fabriquent des produits artisanaux alors que d'autres travaillent souvent comme aides-ménagères», indique Mme Ayari.
Sérieuses, appliquées et mal rémunérées
D'un autre côté, et d'après les résultats d'une enquête sur le terrain portant sur la place de la femme dans le secteur agricole, l'on constate que 78% des femmes se chargent de la cueillette des produits agricoles, 69,5% d'entre elles s'adonnent à la préparation du sol et 64,5% sèment les grains. Cette enquête montre que 36,2% des ouvrières assurent le chargement de la production et 17% en assurent le transport. «Ce sont les femmes, en fait, qui s'appliquent aux tâches les plus exténuantes», fait remarquer l'oratrice.
L'apport féminin au secteur agricole se traduit, en outre, par le temps que passent les femmes à cultiver la terre et à faire les corvées du ménage. En effet, la femme passe 13,90 heures à travailler, contre seulement 9,3 heures d'activité pour l'homme. Ce dernier consacre uniquement 3,66 heures pour le travail agricole contre 7,73 heures pour la femme ; soit quasiment la moitié du travail effectué par celle-ci. Elle consacre 3,73 heures au travail domestique contre 0,9 heure chez la gent masculine.
Manifestement, et malgré son dévouement pour le travail et sa persévérance, le mérite de la femme reste non reconnu. D'ailleurs, 73,7% des femmes rurales travaillent dans le secteur informel. Elles ne bénéficient donc pas de leurs pleins droits. Mieux encore, elles reçoivent un salaire nettement moindre par rapport à celui que reçoit l'homme pour la même besogne.
Des conventions-cadres pour mieux réglementer le secteur
L'oratrice a montré du doigt l'absence de formation et d'information, orientées tant en faveur des femmes comme des hommes dans le secteur agricole. Faute de quoi, la santé de la femme se trouve fortement mise en danger en raison de son exposition inconditionnée aux différents pesticides et produits chimiques. Mme Ayari a indiqué qu'outre la convention-cadre signée entre l'UTAP et l'UNFT, une autre convention-cadre a été signée entre l'UTAP et l'UGTT, et ce, le 13 octobre 2015. Elle tend à organiser, comme il se doit, le secteur et à garantir les droits des ouvriers et des ouvrières. L'oratrice n'a pas manqué d'appeler les parties concernées à hisser l'âge minimal du travail agricole de 13 à 16 ans ainsi qu'à la promulgation de la convention 129 qui accorde aux inspecteurs du travail plus de facilité à accéder au domaine agricole.
Pour une stratégie de prise en charge globale des FVV
Mme Rebh Cherif, directrice chargée de la communication à l'Office national de la famille et de la population (ONFP), a axé son intervention sur l'expérience de l'office en matière de sensibilisation et de lutte contre la violence à l'égard des femmes. Tout a commencé en 2006, l'année qui a marqué le démarrage du projet de coopération tuniso-espagnole et qui consistait en l'élaboration d'une enquête nationale sur la violence à l'égard des femmes en Tunisie. Ce projet qui a permis d'avoir une base de données quantitative sur ce phénomène a pris fin en 2011. «Mais l'office a choisi de pérenniser ce projet via l'élaboration d'autres projets de lutte contre la violence à l'égard des femmes. Des projets qui nous ont permis de comprendre plusieurs aspects de ce comportement violent et discriminatoire», a indiqué Mme Cherif. Elle a aussi évoqué certains traits marquants de la violence à l'égard du genre en Tunisie. En effet, le plus grand taux de violence à l'égard de la femme est enregistré dans les régions du sud-ouest mais aussi dans l'environnement familial, voire intime. «Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que 77% des femmes violentées intériorisent la violence et l'acceptent. Cette réaction revient, probablement, au contexte socioculturel ou à l'absence d'une stratégie globale de soutien aux femmes victimes de violence (FVV)», renchérit la responsable. Et d'ajouter que plus la femme est instruite et autonome, moins elle risque d'être victime de violence, d'où l'impératif d'œuvrer pour l'autonomisation de la femme, en général, et de la femme dans le milieu rural, plus particulièrement. Après avoir prouvé son efficacité en matière de prise en charge médicale et psychologique des FVV, l'office s'applique à la mise en place d'un mécanisme intersectoriel, destiné à la prise en charge des FVV à Ben Arous.
Ce projet rejoint en quelque sorte la mission du Centre pilote de prise en charge psychologique des femmes victimes de violence. «L'objectif étant de maximiser la réponse institutionnelle et associative à travers tout un réseau d'institutions et de mécanismes adaptés aux exigences des FVV», a souligné Mme Cherif.


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