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Enquête annuelle sur l'évaluation de l'Administration par les PME 2020 : Une contre-performance
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 12 - 2020

Un score global de 60.4% qui frôle la limite de la mauvaise performance.
83% des PME tunisiennes considèrent l'administration publique comme étant un obstacle sévère à leur développement ! Une appréciation qui en dit long sur l'impact des multiples défaillances, caractérisant l'administration publique, sur les entreprises mais aussi sur le climat de l'investissement en général. Ce constat a été révélé via l'enquête, annuellement renouvelée, auprès des PME et portant sur l'évaluation de l'administration publique. En effet, il s'agit de la cinquième édition d'un travail ayant pour finalité d'examiner la corrélation étroite entre l'essor des PME et les prestations administratives.
Ce travail a été entamé, pour la première fois, en 2016. Il est perpétué annuellement par le Centre des jeunes dirigeants (CJD) et la Fondation Konrad Adenauer Stitfung et réalisé par l'Institut indépendant de sondage et des enquêtes «One To One». Les résultats de la présente enquête ont été dévoilés lors d'une conférence de presse, organisée à l'occasion, lundi dernier à Tunis.
Ouvrant la rencontre, Mme Mouna Chaieb, présidente du CJD, a souligné l'importance de clarifier au mieux la relation PME/ administration, et ce, en raison du poids de l'entreprise en tant que génératrice de la valeur ajoutée par excellence et de l'impératif de conjuguer les efforts des différentes parties prenantes—dont l'administration publique—pour soutenir ce vecteur d'investissement et de développement. Mme Chaieb a mis l'accent sur le rapport d'interdépendance entre les PME et l'administration publique, lequel rapport exige une amélioration salvatrice et des mécanismes de l'administration et de la qualité de ses prestations.
Beaucoup d'efforts restent à déployer afin de rehausser la courbe d'appréciation et de dépasser la limite moyenne de satisfaction en misant sur trois piliers fondamentaux, à savoir la clarté des procédures, la transparence et la digitalisation de l'administration publique.
500 PME dénoncent les défaillances
Prenant la parole à son tour, M. Youssef Meddeb, directeur général de «One To One for Research & Polling», a pris soin de présenter les résultats de la présente enquête. Cette dernière a été entamée le 23 octobre pour prendre fin le 24 novembre 2020. Elle a touché un échantillon représentatif, comptant 500 PME implantées dans les 24 gouvernorats et employant, chacune, entre 6 et 189 personnes.
Cet échantillon trahit, cependant, une flagrante disparité régionale en matière d'entrepreneuriat vu que 43% des PME enquêtées sont implantées au Grand-Tunis contre seulement 6%, dans les régions du Sud. «Il est utile à savoir que la Tunisie compte pas moins de 200 mille PME», a noté M. Meddeb.
Les six derniers mois, vus à la loupe !
Contrairement aux enquêtes menées précédemment, la présente se caractérise par une fixation préméditée sur les six derniers mois de l'année ; un choix amplement justifié par la crise liée au Covid-19 et le remue-ménage engendré par cette année atypique dans le domaine développemental et celui de l'entrepreneuriat, en particulier. M. Meddeb a expliqué la méthodologie utilisée pour le présent travail. L'évaluation de la qualité des prestations administratives, fournies au profit des PME, s'appuie sur une satisfaction globale, laquelle résulte de la satisfaction des PME quant à cinq critères bien définis, à savoir la rapidité du service, la clarté des procédures, la digitalisation, la qualité de l'accueil et l'efficacité.
Seuls 30,1% des PME sont satisfaits !
Les résultats montrent que la satisfaction globale se limite à seulement 30,1% ; une moyenne nettement moindre par rapport aux standards internationaux car largement inférieur à 50%. Pis encore, « 83% des PME en Tunisie considèrent que l'administration publique représente un obstacle sévère, majeur ou modéré, contre 71% en 2019 », ce qui traduit une chute faramineuse en matière d'appréciation. L'efficacité, qui constitue un critère essentiel aux prestations administratives, connaît une véritable dégringolade, chutant ainsi de 6.14 sur 10 en 2017 à 6.04 sur 10 en 2020. «Encore faut-il préciser que la mauvaise performance calculée via le baromètre utilisé se situe dans l'intervalle oscillant entre 1 et 5 points. Une moyenne dépassant légèrement la limite ne peut que refléter la frêle performance de l'administration publique et ce, bien évidemment, selon l'expérience des PME», renchérit l'orateur. Pour ce qui est de la rapidité du service, l'évolution n'a, elle aussi, rien de positif : une moyenne de 6 sur 10 en 2020 contre 6.22 sur 10 l'an dernier.
Lentement, le matin ; pas trop vite, le soir...
La rapidité des services tend aussi vers la baisse. «Pis encore : nous avons enregistré, cette année, la moyenne la plus faible, en comparaison aux quatre dernières années avec seulement 5.63 sur 10 », souligne M. Meddeb. S'agissant de la clarté des procédures, l'écart est flagrant : soit 6.09 sur 10 contre 6.28 sur 10 en 2019. Quant au critère de la digitalisation, il correspond à une note globale de 6.39 sur 10. «Le score global enregistré cette année est de l'ordre de 60.4% contre 62.1% en 2019. C'est la première fois que l'on enregistre une baisse aussi significative depuis le démarrage de cette enquête, devenue une tradition. Pourtant, poursuit l'orateur, nous étions si optimistes, les quatre dernières années, quant à l'évolution positive de la performance de l'administration publique...».
L'administration municipale à la chute du classement
Manifestement, aucune administration publique n'a réussi à franchir le seuil d'un score plus ou moins satisfaisant de 70%. Néanmoins, le Registre national de l'entreprise (RNE) et l'APII s'avèrent être les plus proches dudit score avec des scores respectifs de 65.6% et 65.5%. En revanche, l'administration municipale, elle, a enregistré le score le plus faible, soit 51.2%.
La corruption reprend de plus belle
Autre indicateur de grande importance : 27,7% des PME enquêtées déclarent avoir été incitées à donner des pots-de-vin contre des services censés être gratuits. La corruption au sein de l'administration publique reprend de plus belle ces deux dernières années, en passant de 20,9% en 2018 à 28,8% en 2019 et à 27,7% en 2020.
Suite à leurs expériences en matière d'interdépendance avec les administrations publiques, les PME enquêtées revendiquent une réforme à trois volets : la digitalisation des services qui pourrait faciliter l'accès des PME aux prestations et leur faire éviter perte de temps et déplacements inutiles, la clarté et la transparence des procédures qui constituent un point focal pour améliorer la performance des administrations tout en faisant face à la corruption et enfin l'amélioration de la qualité des services.
Les mesures de précaution entreprises par l'administration publique durant la pandémie du Covid-19 n'ont pas, pour autant, convaincu les PME. Et pour preuve : 73% des PME enquêtées considèrent que l'administration publique a échoué dans sa stratégie de lutte contre le Covid-19. « L'administration publique doit rectifier le tir, savoir reprendre son élan perçu les quatre dernières années en misant sur les points-phares de la performance, à savoir la digitalisation, la clarté des procédures et l'efficacité des prestations. Remonter la pente s'impose», conclut M. Meddeb.


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