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L'embrouille
Retraite
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 01 - 2016

Un sondage d'opinion sur la prolongation de l'âge légal de la retraite effectué récemment auprès des affiliés de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) a fait ressortir que 74% des interrogés sont contre la prolongation de l'âge de la retraite, dont 82% de sexe féminin
On savait depuis des années que les deux caisses de sécurité sociale tirent le diable par la queue. Et pour cause, 2,5 salariés seulement cotisent pour un retraité dans le secteur public contre 4,1 pour le secteur privé. Pour renverser la vapeur, un scénario est envisagé : augmenter l'âge de la retraite jusqu'à 62 ans.
Une solution d'urgence
Pourtant nous sommes loin, très loin de la moyenne qui est de 6 salariés par retraité. La solution passerait donc, selon le ministre des Affaires sociales, à porter l'âge de la retraite dans une première phase à 62 ans. Une telle décision pourrait, selon ses estimations, fournir près de 350 millions de dinars par an. Soit une bouffée d'oxygène pour rebomber le torse des deux institutions. Cela constitue donc une «solution d'urgence» qui ne manquera pas de contribuer à alléger le déficit des caisses sociales mais qui n'est pas la «plus adéquate» et il importe de réfléchir à des solutions radicales à long terme, ont conclu les participants à une table ronde tenue récemment à Tunis sur la réforme des caisses sociales.
Les intervenants qui se sont penchés sur l'examen de la question des équilibres financiers des caisses sociales, ainsi que des solutions possibles permettant de réformer les régimes de retraite en Tunisie, ont indiqué que le problème des déséquilibres financiers des caisses sociales remonte à plus de vingt ans, faisant remarquer qu'en 2014, le déficit de ces caisses a atteint 285 millions de dinars (MD) pour la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), 222 MD pour la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et 132 MD pour la CNAM.
Les affiliés sont contre
Il n'empêche, les résultats du sondage d'opinion qui ont été présentés lors de cette table ronde sur la réforme du système de la sécurité sociale, organisée par l'observatoire national de la sécurité sociale et le réseau «Min hakki n'saelik» (Il est de mon droit de vous demander des comptes), ont fait ressortir que 74% des interrogés sont contre la prolongation de l'âge, et que 25% des interrogés sont favorables à la prolongation de l'âge légal de la retraite, dont 67% sont de hauts cadres bénéficiant de nombreux avantages et privilèges.
Par ailleurs, 85% des interrogés ont répondu qu'ils étaient au courant du projet de loi relatif à l'augmentation de l'âge de la retraite mais qu'ils n'ont pas une idée claire sur ses orientations ou dispositions.
Il convient de signaler dans le même sillage que l'actuelle crise des caisses sociales tient également à l'incapacité de l'économie nationale de générer de nouveaux postes d'emploi, à l'émergence de nouveaux modes de travail caractérisés par la précarité et le courtage de la main-d'œuvre, outre l'accumulation des dettes impayées à la charge de l'Etat et des chefs d'entreprise dans le secteur privé.
Générosité, dites-vous?
C'est, pour ainsi dire que la question de la générosité des systèmes de retraite en Tunisie, qu'ont remet à table à chaque fois pour grignoter davantage sur le calcul des pensions, tend à banaliser un gros problème. En effet, selon cette approche, dont la finalité est de revoir à la baisse le régime de calcul des pensions, un retraité recouvre le montant de ses cotisations après 4,2 années de retraite, récupère globalement 5,7 fois les cotisations qu'il a versées et bénéficie d'un rendement financier annuel égal à 11,00% sur les montants cotisés.
Mais la vérité est que le problème des caisses trouve ses origines d'abord dans le chômage. Une question à laquelle il faut trouver une solution et qui est au carrefour de tous les maux sociaux, économiques et politiques. Il y a lieu également de mentionner les dégâts occasionnés par les plans sociaux et la privatisation sauvage de plusieurs entreprises publiques et qui ont fait en sorte de gonfler les rangs des retraités.
En effet, parmi les raisons de la crise de ces caisses qui remonte au début des années 90, l'on signale, notamment, le modèle de développement, l'échec des politiques de développement économique et l'amalgame entre sécurité sociale et solidarité sociale.
A cela s'ajoutent les choix des politiques libérales de l'Etat depuis la mise en place du Plan d'ajustement structurel (PAS) en 1986 qui a eu pour incidence de privatiser les entreprises publiques, de licencier les ouvriers et de décréter le départ à la retraite anticipée.
Certes, le nombre grandissant des retraités, l'amélioration du taux de l'espérance de vie expliqueraient la nécessité de réviser ce régime. Toutefois, ce que l'on ne dit pas, c'est aussi l'emploi financier des cotisations des assurés : les caisses de sécurité sociales sont à la fois assureurs, promoteurs immobiliers, acteurs de la santé et banquiers. En effet, les prêts logements, les prêts voitures et autres prestations témoignent de l'immersion de ces caisses dans des univers qui leur sont étrangers et qui pourraient expliquer en partie leur débâcle.
Des prestations qui laissent à désirer
Quant aux prestations, qui laissent à désirer, elles rebutent les assurés. Car, sous d'autres cieux, les retraités ont droit aux vacances. Ce sont les caisses sociales qui leur offrent des séjours. Chez nous, à leur départ à la retraite, les assurés n'ont plus droit à quelques prestations des caisses, telles que les prêts. Kafkaïenne ou ubuesque, on hésite sur les qualificatifs, mais il ne peut désormais y avoir des sacrifices pour les uns, toujours plus nombreux, et des privilèges pour les autres, sans cesse moins nombreux.


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