ATB aux côtés de la profession pharmaceutique: un engagement renforcé via le CNOPT    Titre    Royaume-Uni: une loi historique contre le tabac    Palais El Abdelliya organise la 4ème édition de l'initiative 'Un monument... et des enfants'    Pourquoi de plus en plus de Tunisiens se limitent-ils à un seul enfant ?    Avantages fiscaux importants de l'assurance vie...qui peut en bénéficier ?    Zouhaïr Ben Amor: L'espèce humaine face à ses propres limites biologiques    Citroën en plein naufrage : La fin d'un mythe automobile pour les foyers tunisiens ?    Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Le ministre réunit Hamdi Meddeb et Mohsen Trabelsi : que se passe-t-il ?    La faculté de médecine de Sousse lance le projet "Biogene 4 Med" pour la recherche sur les maladies cancéreuses    L'Université de la Manouba et la Fondation Tunisie pour le Développement signent un partenariat stratégique    ESS – Espérance : où et quand suivre la finale en direct    Immobiler en Tunisie : un S+1 à 400 000 dinars choque les citoyens    FIFA : 5 clubs tunisiens interdits de recrutement    "Crise du carburant : Lufthansa annule 20 000 vols et bouleverse son programme"    Tunisie : forte chaleur suivie de perturbations locales    Marchés apaisés : le pari de Donald Trump fait grimper l'or    Scatec inaugure deux centrales photovoltaïques phares à Tozeur et Sidi Bouzid    Mare Nostrum Voice Festival en Tunisie pour une 3ème édition au Théâtre de l'Opéra de Tunis    Météo en Tunisie : températures toujours en légère hausse    Les étudiants de l'Université de Sfax entrent dans le Guinness des Records avec une startup IA    Ooredoo Tunisie, sponsor officiel de la 50e édition du festival international de Dougga    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    Météo en Tunisie : température en légère hausse    Neïla Chaabane - Le professeur Sadok Belaïd nous a appris à réfléchir et à questionner la règle de droit    Qui était Driss Guiga, ancien ministre décédé ce dimanche    Driss Guiga, ancien ministre de Bourguiba, est décédé    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    Visite nocturne surprise de la ministre de la Justice à Ben Arous    Passerelles Savoirs-Médias : la FTDJ, SavoirsEco et Expertise France engagent une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Etude : une sœur "bavarde" protège du stress et améliore le bien-être    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Enregistrements fuités, accusations et contre-accusations : Jusqu'où ira l'immoralité de la vie politique ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 03 - 2021

En Tunisie, l'immoralité de la vie politique n'a plus aucune limite. Après les accusations, les contre-accusations, l'échange d'insultes et même la violence au sein du Parlement, le temps des conversations fuitées est venu.
La scène politique vit actuellement au rythme des informations laissant savoir que des conversations enregistrées et fuitées pourraient bouleverser la donne politique. C'est le chef du bloc démocratique, Mohamed Ammar, qui est visé par ces enregistrements dans lesquels il évoquait, entre autres, le système judiciaire en Tunisie, le rôle du Président de la République sur la scène nationale, mais aussi l'affaire Nabil Karoui et la présidente du Parti destourien libre (Pdl), Abir Moussi.
Au fait, c'est le député démissionnaire du bloc de la Coalition Al-Karama connu pour ses positions extrémistes, Rached Khiari qui est à l'origine de ces enregistrements fuités. Créant la polémique sur les réseaux sociaux et visant à entretenir le suspense auprès des internautes pour donner de l'ampleur à ce qu'il appelle des «révélations qui bouleverseront la scène politique», ce député est allé jusqu'à s'afficher sur la chaîne de télévision Nessma TV, ayant consacré dimanche dernier un plateau pour traiter cette affaire. Défendant ouvertement le parti Qalb Tounès, et son président Nabil Karoui, Khiari a accusé, sur fond de ces enregistrements, le Président de la République, Kaïs Saïed, «d'ingérence dans le système judiciaire et de vouloir mettre en place une nouvelle autocratie», le comparant même au dictateur Adolf Hitler.
Mohamed Ammar réagit !
Dans ces enregistrements, on entend Mohamed Ammar évoquer un certain rôle du Président de la République dans le corps des magistrats par l'intermédiaire de son épouse, Ichraf Chebil, qui est elle-même magistrate. Il a affirmé même que «c'est l'ancien ministre et ex-leader du Courant démocratique Mohamed Abbou, qui a semé la zizanie au sein du corps des magistrats dont le conflit entre le premier président de la Cour de cassation Taïeb Rached et l'ancien Procureur général à la Cour d'appel, Béchir Akremi, est l'illustration»
Dans un autre enregistrement vocal attribué également au président du bloc démocratique Mohamed Ammar, on entend ce dernier évoquer le parti Qalb Tounès affirmant qu'il est fini et que d'autres dossiers de justice viseront prochainement Nabil Karoui. «Qalb Tounès est sur le point de disparaître de la scène politique en Tunisie. D'autres partis cherchent à récupérer les députés de son bloc parlementaire».
Prenant la parole sur son compte Facebook, Mohamed Ammar n'a pas démenti ces enregistrements affirmant, en contrepartie, «qu'un montage a été fait pour faire croire à l'opinion publique que Kaïs Saïed contrôlait la justice, or ce n'est pas vrai». Accusant Rached khiari de l'avoir enregistré à son insu, il a dénoncé un sale jeu de la part des islamistes», tout en assurant qu'il portera plainte contre Rached Khiari pour le crime de montage d'une vidéo.
Il a ajouté que les députés Rached Khiari et Moadh Ben Dhiaf l'ont contacté pour demander la signature de la motion de censure contre le président de l'ARP, Rached Ghannouchi. «Je les ai reçus chez moi, convaincu qu'ils voulaient participer à une lutte contre les lobbies et les politiciens contrôlant la Tunisie, mais ils m'ont enregistré alors que je pourrais dire les mêmes propos en plein public», a-t-il expliqué dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, ce qui laisse penser à un piège tendu à ce député.
Récupération politique
Sauf qu'indépendamment du contenu de ces conversations fuitées, cette affaire témoigne, bel et bien, du fait que toutes les limites ont été dépassées dans la scène politique et nationale. Désormais, pour s'attaquer à ses adversaires politiques, tous les moyens sont bons et toutes les armes sont permises. Mais jusqu'où mènera l'immoralité de la vie politique ? Que veut-on faire de la scène politique ? Quelle sera la prochaine étape alors que toutes les limites semblent dépassées ? Ne dirigeons-nous pas vers une confrontation ouverte entre les différents protagonistes politiques qui risque, à tout moment, de basculer dans la violence ?
Cette affaire témoigne aussi des fortes intentions de récupération politique. Alors que le parti Qalb Tounès vise à tout prix à présenter son leader Nabil Karoui comme victime de la vie politique et comme acteur visé par une campagne de diffamation, les islamistes, dont notamment le parti Ennahdha et la Coalition Al-Karama et leurs alliés, veulent exploiter cette affaire pour s'attaquer notamment au Courant Démocratique.
C'est ce qui explique, en tout cas, les déclarations des leaders du parti Ennahdha qui appellent la justice à l'ouverture d'une enquête à cet égard. «Des extrémistes du parti du Courant démocratique visent un nouveau positionnement politique, mais Ennahdha est devenu habitué à ce genre de pratiques et de plans, nous laisserons la justice faire son travail», a laissé entendre, dans ce sens, le président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni.
Idem pour le leader du parti Qalb Tounès, Iyadh Elloumi qui a appelé le parquet à l'ouverture d'une instruction «sérieuse» sur les propos attribués au député et président du bloc démocratique, Mohamed Ammar, fuités dans un enregistrement audio diffusé samedi dernier sur les réseaux sociaux.
Il dénonce le fait que dans l'enregistrement audio en question Mohamed Ammar parle de « la mainmise du Président de la République sur la justice, par l'intermédiaire de son épouse » et souligne que le palais de Carthage s'est transformé en un lieu dans lequel « des complots sont tramés pour frapper la justice », affirmant même que Nabil Karoui en est la principale victime.
Si du côté des partis soutenant le gouvernement cette affaire révèle «un scandale qui met en péril la vie politique tunisienne», du côté du Courant démocratique il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau. D'ailleurs, pour Hichem Ajbouni, député du bloc démocratique, le «ridicule» de Rached Khiarai n'a pas de limites. « Nos coutumes, traditions et morale religieuse nous apprennent comment l'invité traite l'hôte, et vice versa», a-t-il posté sur son compte Facebook, laissant croire à un piège tendu au président de leur bloc, Mohamed Ammar.
Quoi qu'il en soit, cette immoralité de la vie politique et cette vive tension qui s'est installée au sein du paysage politique ne pourraient mener que vers le chaos, alors que les prémices de conflits dans la rue avaient été observées dernièrement en marge des événements liés au sit-in organisé par le PDL devant le siège de la branche tunisienne de l'Union des oulémas musulmans.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.