Comment agir après un accident de voiture avec un conducteur étranger ?    Les Aigles de Carthage rugissent : la Tunisie s'envole au classement FIFA !    Espérance de Tunis face à Sundowns : les arbitres officiels révélés    Musées tunisiens et sites historiques : nouveaux tarifs d'entrée à partir du 01 avril 2026    Kia PV5 Cargo remporte la catégorie historique ' VU ' des Trophées de L'argus 2026    FIFA : décision finale sur l'Iran pour 2026    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Festival du Cinéma Palestinien en Tunisie : 1ère édition du 2 au 12 avril 2026 à l'espace Le Rio à Tunis    Les Emirats interdisent l'entrée aux Iraniens    Tunisie : Retenue de 1% sur les indemnités – Êtes-vous concerné    L'activité de la marque SEAT transférée temporairement vers le showroom CUPRA Ain Zaghouane    TAYP: Tout sur la Retraite nationale ce 24 avril dans le Maryland, aux Etats-Unis    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    La loi tunisienne n'interdit pas le mariage collectif    Voyage vers la Tunisie depuis Bagdad : Tout ce qu'il faut savoir pour passer par Amman    Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen Orient, POESAM , lancée dans sa 16e édition    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Tunisie : nouveaux tarifs d'entrée pour les musées et sites archéologiques à partir d'avril 2026    Edito - Guerre en Iran et impact sur la Tunisie: Comprendre et agir    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    Prévention du cancer colorectal : recommandation de Institut national de nutrition Zouheir Kallel    Livre "Kairouan, la ville et ses saints. Lectures hagiographiques" par Nelly Amri, paru aux éditions Contraste    Succès Oléicole 2026 : Comment la Tunisie Décroche 60 Médailles et Vise de Nouveaux Marchés    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Météo en Tunisie : pluies éparses, températures en baisse    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Secousse sismique enregistrée à sidi bouzid    Remise de lettres de créance de M. Nabil Assaf, nouveau Représentant de la FAO en Tunisie    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Titre    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Dans l'ombre des hommes
Les femmes dans les villes du monde arabe et musulman médiéval
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 01 - 2016

Un détour par l'histoire des femmes dans les pays musulmans au moyen âge et un éclairage sur les zones d'ombre qui l'entourent
L'Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beit al-Hikma, a invité la professeur Mounira Chapoutot-Remadi à s'exprimer sur un thème passionnant, qui a drainé un public d'universitaires, de jeunes chercheurs et d'amateurs d'Histoire. Il s'agit d'un éclairage sur «Les femmes dans les villes du monde arabe et musulman médiéval», une rencontre qui s'inscrit dans le cadre des conférences académiques de Beit al-Hikma. «Le contenu de cette conférence sera publié par l'Académie puis il va paraître dans un recueil de mes publications», nous a expliqué la professeur émérite de l'Université de Tunis et chef de département des sciences humaines et sociales à Beit al-Hikma.
Pour entrer dans le vif du sujet, et avant d'arriver à la contribution féminine dans l'urbanisation et la construction de monuments dans les villes du monde arabe et musulman, la conférencière a commencé par un clin d'œil à des femmes dont les noms ou la légende sont liés à l'architecture. Athéna, déesse de la sagesse, a donné son nom à la ville d'Athènes alors que Didon, dont la légende raconte qu'elle a obtenu la terre sur laquelle elle a bâti Carthage grâce à une peau de bœuf, n'a pas donné son nom à la cité punique.
De là, l'histoire nous mène au monde musulman médiéval, à travers des femmes savantes ou qui ont contribué à transmettre le savoir. Dans le Maghreb, l'exemple le plus éloquent est celui de Fatima al-Fihriya, née au 9e siècle à Kairouan, et qui a fondé à Fez au Maroc la plus ancienne université du monde arabe et musulman, la mosquée Al-Qarawiyyîn, en 862. Quelques autres exemples sont connus, tels que ceux de la poétesse andalouse Wallada bint al-Mustakfi et la syrienne Aisha al-Baouniya. Cette dernière a écrit une biographie du Prophète. «Un des rares textes qui la cite énumère une longue liste d'ouvrages qu'elle aurait écrits, mais très peu en restent», explique la conférencière. Dans le même temps, souligne Mounira Chapoutot-Remadi, l'absence de textes écrits parvenus de femmes savantes est aussi criante que le sexisme du langage, faisant que l'Histoire et la langue avec laquelle elle est écrite sont un produit purement masculin.
Historiens et hagiographes de l'époque n'accordaient pas d'importance au savoir que pouvaient produire les femmes. Elles étaient en effet définies et présentées dans les ouvrages en rapport avec un savant de leurs familles (femme de, mère de...) ou en rapport avec des savants auxquels elles auraient transmis leur savoir. A titre d'exemple, ces ouvrages ne s'intéressaient point à leurs vies et ne mentionnaient que rarement leurs dates de naissance ou de décès. Parmi ces théologiens, Ibn Taymiyya, qui était resté toute sa vie célibataire, qui était très proche de sa mère et dont le rapport aux femmes a influencé ses écrits.
Savoir ambigu et confrontation
de cultures
Mounira Chapoutot-Remadi a avancé quelques statistiques sur les femmes des villes du monde arabe et musulman médiéval qui ont reçu un enseignement. «Il y a 1.075 biographies de femmes. 411 ont reçu une certaine éducation», recense-t-elle. Selon les descriptions des historiens, elles recevaient ce savoir, oral, derrière un rideau. Rares sont celles dont le savoir dépasse l'apprentissage du Coran ou de la biographie du Prophète, savoir cautionné par un certificat de lecture. «Il s'agit majoritairement d'un savoir religieux. A part la poésie, il y a très peu de savoir profane attribué à ces femmes», ajoute l'intervenante.
Mais qui sont-elles? La chercheure nous informe pendant la rencontre, animée par l'historien Ammar Mahjoubi, qu'elles sont en général des femmes du palais, en majorité arabes et libres à qui revient le savoir. En architecture par contre, ce sont des femmes esclaves de différentes origines qui ont financé et commandé des monuments, en Egypte par exemple pour les Mameloukes circassiennes à qui reviennent plusieurs maisons et palais au Caire. Ces femmes ont vécu dans des sociétés très cosmopolites marquées par une confrontation entre une culture populaire, de subalternes dont elles faisaient partie, et celle du dominant, du palais, qui l'emportait dans les écrits des théologiens. Leurs cultures, celles de leurs parents et d'avant leurs prises en esclavage, s'exprimaient donc à travers leurs œuvres et les monuments qu'elles ont érigés et étaient longtemps ignorés par l'Histoire officielle.
De quoi conclure, comme l'a fait Mounira Chapoutot-Remadi durant la conférence, que la question soulevée est loin d'être simple, et que, à notre tour aujourd'hui, nous devons jeter un regard dénué d'essentialisme et d'exotisme sur l'histoire des femmes savantes dans l'islam médiéval, et surtout maintenir un regard critique sur l'Histoire, telle qu'elle est.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.