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Une fabrique de chômeurs
Pratiques économiques illicites
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 02 - 2016

L'Egypte et le Maroc ont réussi à instaurer de nouvelles règles pour protéger l'économie nationale du dumping occidental
La 76e place qu'occupe la Tunisie sur la liste des 168 dans le dernier classement mondial des pays les plus corrompus, au titre de l'année 2015, est plus qu'alarmant, non seulement parce qu'elle régresse de trois rangs par rapport à 2014, mais aussi et surtout parce qu'un pareil climat n'est pas propice à l'investissement, qu'il soit interne ou étranger. Ce qui est de nature à aggraver le problème du chômage qui se pose avec la plus grande acuité ces temps-ci. L'origine du mal réside, selon des experts, dans l'administration tunisienne, cette «machine à corruption !». Ils sont catégoriques là-dessus : tant qu'elle n'est pas assainie, l'économie nationale ne sera jamais en bonne santé.
Inapplication des mesures préventives
D'après certains experts, des entreprises étrangères ont élaboré une stratégie fort préjudiciable pour la Tunisie, visant la destruction de son tissu industriel, au moyen du dumping et d'autres opérations violant les règles de la concurrence à l'importation. Ce plan malveillant consiste à recruter un agent tunisien pour leur fournir des informations sur les entreprises tunisiennes actives dans un secteur donné, pour, ensuite, par son biais, exposer leurs produits avec des prix concurrentiels jusqu'à ce qu'ils ruinent les entreprises tunisiennes. Après quoi, ils doublent les prix. Alors que l'article 3 de la loi 9-1999, se rapportant aux pratiques illégales à l'importation, stipule qu'il y a dumping lorsque le prix du produit introduit dans le marché tunisien est en dessous de la valeur courante comparée. Ces spécialistes déplorent le fait que le ministère des Finances ne bronche pas, par le biais de la douane, face à ce qu'ils appellent les «lobbys de la corruption administrative» qui empêchent l'application des dispositions de la loi 106-1998, relative aux mesures préventives à l'importation, ainsi que la loi sus-citée, servant de ce fait les entreprises étrangères qui sont en train d'enfoncer le pays dans un tunnel obscur. Il importe de souligner, ici, que ces deux lois s'inspirent des conventions de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a adopté des mesures susceptibles de protéger les économies des pays faibles et pauvres. Est-il logique que cette organisation soit plus soucieuse de notre intérêt national que les autorités locales ? se demandent ces spécialistes. Et en dépit des nombreuses plaintes émanant des chefs des entreprises en détresse, les ministres du Commerce successifs ont refusé d'activer les mesures inhérentes aux enquêtes et à l'application des tarifs offensifs, protégeant le marché local contre les pratiques de dumping mentionnées dans l'article 7 et suivants de la loi sus-indiquée. Ce qui est à l'avantage des entreprises étrangères et au détriment des chefs d'entreprise tunisiens auxquels on demande de créer des postes d'emploi et de développer l'exportation dans des conditions aussi désastreuses.
Des entreprises locales en faillite
Ces experts réclament l'ouverture d'une enquête en vue de juger les auteurs de ces préjudices qui ne cessent d'occasionner des dégâts incommensurables à l'économie tunisienne. A titre d'exemple, ils citent la disparition de la société Stibois, appartenant à la catégorie de l'industrie du bois et dérivés, rien que parce qu'une société autrichienne a inondé le marché tunisien du même produit avec des prix ne couvrant pas une partie de son coût, c'est-à-dire qu'elle a vendu à perte, pour augmenter ses prix par la suite, ce qui a participé à supprimer un nombre considérable de postes d'emploi et à livrer les Tunisiens au chômage, à la misère et au désespoir, sans que les ministères des Finances, de l'Industrie et du Commerce, ni la présidence du gouvernement ne prennent la moindre mesure à ce propos, expliquent nos experts. Un autre exemple édifie davantage sur la question. Il s'agit d'une société tunisienne spécialisée dans la colle industrielle qui a également disparu à cause du dumping exercé à son encontre par une entreprise égyptienne. Et il ne faut pas oublier le secteur du cuir et de la chaussure qu'on a ruiné par l'importation massive, le dumping et les opérations illégales en matière de concurrence à l'importation, ce qui fait perdre à la Tunisie des milliers de postes d'emploi. Idem pour le secteur du meuble qui subit, actuellement, une destruction méthodique, puisqu'on est en train de submerger le marché local de vieux meubles importés d'Europe, de meubles de contrebande en provenance d'Egypte, ainsi que de meubles importés de Chine dont la publicité de la marque commerciale et de sa production est assurée par un groupe tunisien bien connu. Toutes ces pratiques illicites et dévastatrices coûtent à la Tunisie des milliers de postes d'emploi et la disparition de plusieurs entreprises. Et il faut savoir que plus de 3.000 sociétés actives dans le secteur du textile ont fermé leurs portes, tout dernièrement, condamnant par là plus de 40.000 ouvriers au chômage, au dénuement et au désespoir les ingrédients du terrorisme. Tout cela est le résultat de cette importation sauvage et la permission accordée aux marques étrangères de vendre leurs déchets en Tunisie, par le biais de quelques agents tunisiens dont le seul souci est de se remplir les poches par tous les moyens. Alors comment peut-on, dans des conditions pareilles, renforcer notre exportation comme ne cessent de le répéter les autorités de tutelle ? S'interrogent les experts.
L'exemple du Maroc et de l'Egypte
Cette situation risque, si elle dure, de faire augmenter le nombre des chômeurs qui dépasserait le million dans les mois à venir. Cette catastrophe économique est occasionnée par l'omission d'appliquer les procédures se rapportant aux enquêtes et à la protection contre l'importation massive et sauvage citée à l'article 8 et suivants de la loi 106-1998. Il est à signaler qu'à ce propos, les autorités égyptiennes ont réalisé le grand danger provenant de l'importation massive des produits étrangers et ont agi en conséquence, en prenant des mesures, en collaboration avec la Banque centrale, en vue de faire face à ce crime commercial. Il en est de même pour les autorités marocaines qui ont, dernièrement, pris des mesures pour protéger leurs industries locales et arrêter les négociations concernant l'accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) avec l'Union européenne, qui vise à détruire le tissu agricole et le secteur des services et à augmenter le chômage et la pauvreté au Maroc, sous le couvert du «partenariat». Les experts nous révèlent qu'actuellement, il y a une société de l'UE qui expose ses productions sur le marché tunisien, consistant dans des panneaux de bois pressé, avec la moitié du prix pratiqué au sein de l'UE, pour anéantir des industriels tunisiens et vendre, ensuite, à prix double, ce qu'on peut très bien vérifier à travers l'Institut des statistiques français. Les experts cherchent à savoir si la douane tunisienne est au fait des agissements de cette société et des autres sociétés européennes qui sont en train de détruire l'économie tunisienne, en toute liberté et en toute impunité. Les experts déplorent le fait que le ministère du Commerce ne cesse de vanter les soi-disant vertus de l'Aleca, en empêchant l'application des lois sus-citées et l'ensemble des lois économiques, susceptibles de mettre un terme aux opérations préjudiciables et criminelles des «mafieux» du lait, des fruits et légumes, du poisson et de la viande, notamment, les articles 139, 140 et 141 du Code pénal et le décret n°20-1974 incriminant les jeux de loterie organisés par les chaînes de télévision, ainsi que la loi n°62-2002 relative aux jeux promotionnels. Si des mesures urgentes et d'application immédiate ne sont pas prises, à ce propos, le nombre des chômeurs va augmenter considérablement et la situation va empirer davantage, affirment-ils. Enfin, ils insistent sur le fait que certains membres des syndicats patronaux qui sont impliqués dans ces crimes et qui se trouvent, donc, dans une situation de conflits d'intérêts, ne peuvent aucunement défendre ces établissements en péril, dans la destruction desquels ils ont pris une part très active.


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