Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Le ministre réunit Hamdi Meddeb et Mohsen Trabelsi : que se passe-t-il ?    La faculté de médecine de Sousse lance le projet "Biogene 4 Med" pour la recherche sur les maladies cancéreuses    L'Université de la Manouba et la Fondation Tunisie pour le Développement signent un partenariat stratégique    Immobiler en Tunisie : un S+1 à 400 000 dinars choque les citoyens    Pourquoi certains adultes ont-ils peur des médecins ?    ESS – Espérance : où et quand suivre la finale en direct    FIFA : 5 clubs tunisiens interdits de recrutement    "Crise du carburant : Lufthansa annule 20 000 vols et bouleverse son programme"    Tunisie : forte chaleur suivie de perturbations locales    Marchés apaisés : le pari de Donald Trump fait grimper l'or    Kamel Touati prête son image à Al Baraka Leasing : La campagne qui mise sur l'expérience et la confiance    Permis tunisien en Italie: ce qu'il faut absolument savoir    Bonne nouvelle: l'eau revient dès ce soir dans ces régions    Scatec inaugure deux centrales photovoltaïques phares à Tozeur et Sidi Bouzid    Mare Nostrum Voice Festival en Tunisie pour une 3ème édition au Théâtre de l'Opéra de Tunis    Egypte : vers un divorce automatique en cas de consommation de drogues ?    Les étudiants de l'Université de Sfax entrent dans le Guinness des Records avec une startup IA    Météo en Tunisie : températures toujours en légère hausse    Ooredoo Tunisie, sponsor officiel de la 50e édition du festival international de Dougga    MY FIRST DOC 2026 : à Nabeul, le festival du film documentaire comme acte de résistance et de voyage    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    Météo en Tunisie : température en légère hausse    Neïla Chaabane - Le professeur Sadok Belaïd nous a appris à réfléchir et à questionner la règle de droit    Driss Guiga, ancien ministre de Bourguiba, est décédé    Qui était Driss Guiga, ancien ministre décédé ce dimanche    L'Union Internationale de Banques renforce sa proximité avec les PME et confirme son rôle de partenaire engagé    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    Visite nocturne surprise de la ministre de la Justice à Ben Arous    Passerelles Savoirs-Médias : la FTDJ, SavoirsEco et Expertise France engagent une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Etude : une sœur "bavarde" protège du stress et améliore le bien-être    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Houssine Dimassi, économiste et ancien ministre : « Le Président a la légitimité de négocier avec les partenaires internationaux »
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 07 - 2021

«Si le Président désigne un chef de gouvernement compétent, qui à son tour nomme de bons ministres, disons, et que par la suite le parlement avec son ancienne configuration reprend normalement ses activités, le gouvernement ne pourra jamais travailler dans la sérénité ni faire adopter des projets de loi par les députés que nous connaissons. Ils vont tout court-circuiter et nous n'aurions rien fait».
Suite aux mesures annoncées par le Président de la République, la nuit du 25 juillet, et selon la déclaration faite par lui-même, il concentre désormais tous les pouvoirs entre ses mains. Ce qui signifie, premièrement, qu'il sera comptable de chaque résultat et deuxièmement qu'il n'a plus de «fusibles» autour de lui. Parmi les grands dossiers sur le bureau du Chef de l'Etat, celui de l'économie. Un domaine où les attentes des Tunisiens sont grandes. Dans un pays exsangue qui vit presque au jour le jour, où les finances publiques ont été mises à rude épreuve et les indicateurs sont au rouge. Les mesures à prendre sont donc nombreuses et urgentes, pour certaines douloureuses, impopulaires et inévitables.
C'est dans ce cadre que nous avons joint l'économiste aux multiples casquettes Houssine Dimassi, syndicaliste et universitaire. Il a été brièvement ministre des Finances dans le gouvernement Hamadi Jebali en 2012, avant de claquer la porte avec fracas, quelques mois après sa nomination. Homme de conviction à l'avis tranché, il énumère les réformes à entreprendre urgemment.
Il faudra réformer les finances publiques, selon lui, dont tous les indicateurs sont au rouge. Réformer les entreprises publiques dont la plupart, pour ne pas dire toutes, souffrent de déséquilibres financiers. Les entreprises publiques sont à l'origine d'une large part du déséquilibre économique national, étaye-t-il. M. Dimassi invoque également le dossier épineux des caisses de sécurité sociale; Cnrps, Cnss, Cnam. Enfin, une administration en surpoids, laquelle, en temps normal, devra soutenir l'économie nationale, qui est devenue une lourde charge pour celle-ci. Ce sont les quatre grandes priorités à mettre en place. Il y en a d'autres.
Comment faire ?
«Sauf que la Tunisie qui vient de rembourser un crédit le 23 juillet, en empruntant aux banques nationales (donc on a fait tourner la planche à billets) et qui a une autre échéance à rembourser au mois d'août, n'est pas en état de réformer en profondeur son système économique et financier, que faire dans cette situation ?» Question de La Presse.
«Si le président usait de l'image du pays qui était rayonnante et crédible sur le plan international et vis-à-vis des organismes internationaux et des pays créanciers, il pourrait obtenir des soutiens et réaliser des choses concrètes, suggère-t-il. Nous avions de bons rapports basés sur le respect mutuel, que ce soit avec la Banque mondiale, le FMI, la BAD, renchérit-il, ou les Etats donateurs ». Selon l'économiste, certains pays frères et amis européens et arabes peuvent faire des gestes. Le Président de la République, dans la situation difficile que traverse le pays sur tous les plans, a la légitimité et le pouvoir que lui confère la Constitution, pour solliciter le rééchelonnement non de tous les crédits mais de certains. «Par exemple avec les pays du Golfe qui sont proches de nous. Théoriquement, ce sont les premiers à comprendre la situation dans La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a appelé à la nécessité de renoncer à la violence et de faire prévaloir l'intérêt de la Tunisie. Lors de la réunion de son bureau exécutif qui s'est tenue d'une manière exceptionnelle et à distance, l'organisation a indiqué qu'elle suit les derniers développements suite aux décisions prises par le Président de la République, Kais Saied, à la lumière de la détérioration des conditions sociales, économiques et surtout sanitaires en Tunisie et la propagation de la pandémie de Covid-19. L'organisation a exprimé le vœu de voir les mesures, annoncées ou celles qui seront annoncées, soutenir les entreprises au cours de cette conjoncture, garantir leur pérennité et regagner la confiance des acteurs économiques locaux et étrangers afin de garantir un climat économique et social sain et encourageant. La Conect a mis en exergue la poursuite de l'activité du secteur privé, afin de respecter ses engagements en dépit de la situation difficile et délicate que traverse le pays. Affirmant qu'elle suit les derniers développements suite aux décisions prises par le président de la République La Conect appelle à faire prévaloir l'intérêt du pays L'organisation exprime le vœu de voir les mesures, annoncées ou celles qui seront annoncées, soutenir les entreprises au cours de cette conjoncture, garantir leur pérennité et regagner la confiance des acteurs économiques locaux et étrangers afin de garantir un climat économique et social sain et encourageant. laquelle se trouve la Tunisie».
Au-delà, l'homme politique convoque une autre clé de lecture pour analyser la situation présente et périlleuse, celle politique justement. Selon lui, la source première des problèmes n'est pas seulement économique, elle est avant tout politique. « Cela fait dix ans que nous cumulons les mauvaises décisions, les fautes politiques et les errements populistes. Nous n'avons pas voulu tirer les bonnes leçons», résume-t-il, au ton accusateur. Son analyse s'appuie essentiellement sur la déficience d'un régime politique à l'origine de tous les maux. Une assemblée balkanisée et des gouvernements à son image. Aussi, les équipes gouvernementales, depuis dix ans, ont-elles été presque toutes faibles et divisées. Résultat, non seulement ces exécutifs nés avec des anomalies à la naissance ne sont pas en mesure d'entreprendre la moindre réforme, pire, ils accumulent les fautes. « Nous avons raté tous les rendez-vous, lorsqu'il était encore possible de faire des réformes », regrette-t-il.
Déficit du régime politique
«Vous avez mentionné parmi les grandes réformes, l'allègement de la masse salariale. Or pour ce faire, il faut l'accord et le soutien de l'Ugtt, qu'elle n'accordera pas forcément, qu'en pensez-vous ? » Les finances publiques représentent un ensemble, le nombre de fonctionnaires n'est qu'un aspect, soutient le syndicaliste. Mais il faut impérativement diminuer les dépenses publiques dont la masse salariale, met-il en garde. L'Ugtt qu'il connaît bien, n'est à ses yeux qu'un partenaire social important, certes, mais non le seul. « Par conséquent, la centrale syndicale ne doit pas agir égoïstement, uniquement pour servir ses intérêts. De plus, c'est l'Etat qui est responsable des finances publiques et du fonctionnement des institutions. Tout le monde doit comprendre que certaines réformes sont inévitables », martèle-t-il.
Le pays est dans un état extrêmement critique, une conséquence directe et logique, selon l'ancien ministre, des déficiences inhérentes au régime politique. M. Dimassi le dit clairement : « Je ne vois pas d'améliorations possibles si ce système est maintenu. Un Chef de gouvernent et un ministre des Economies et des Finances, supermans, ne pourront jamais, en l'espace de 30 jours, réparer les erreurs d'une décennie, voire davantage. C'est de la fiction », fini-t-il par lâcher.
Il se lance ensuite dans un long monologue : «Tant que nous n'aurons pas réformé le système politique, il est impossible de mettre en œuvre les réformes économiques et financières que j'ai évoquées au début. Or, le Président de la République n'envisage pas de changer ou de réformer le système politique. Mais il s'est arrogé le pouvoir pour une période déterminée. S'il désigne un Chef de gouvernement compétent, qui à son tour nomme de bons ministres, disons, et que par la suite le parlement avec son ancienne configuration reprend normalement ses activités, le gouvernement ne pourra jamais travailler dans la sérénité ni faire adopter des projets de loi par les députés que nous connaissons. Ils vont tout court-circuiter et nous n'aurions rien fait. Tout ceci n'aurait mené à rien. J'avais espéré que le Président de la République saisisse cette occasion, non pour geler le parlement, mais pour prendre des mesures décisives qui auraient pu sauver le pays. La plus importante de ces mesures, selon moi, qui ne sera jamais jugée anticonstitutionnelle par quiconque ; un référendum portant sur le changement de la Constitution uniquement ou bien la Constitution et la loi électorale. Deuxièmement, le Président forme un gouvernement qui gouverne par des décrets-lois non pour un mois, c'est trop court. Mais sur une période de six mois, voire une année. Cela peut se faire, à la condition de choisir un chef de gouvernent d'une grande compétence entouré d'une équipe réduite et non une quarantaine de ministres, comme s'ils allaient diriger la Chine ! Le Président pourrait peut-être ainsi remettre le pays sur les rails. Mais concentrer tous les pouvoirs pendant 30 jours et revenir à l'ancien modèle, c'est une épreuve de plus pour le pays et pour les Tunisiens et tout à fait inutile ». Ultime question, est-il encore temps d'espérer sauver le pays ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.