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Saga d'un projet présidentiel
La Cité de la culture, 10 ans après
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 02 - 2016

Les travaux ont démarré en février 2006. Cela fait exactement 10 ans que la Cité de la culture est en état de chantier. Arnaque, détournement de fonds, abus de pouvoir, que s'est-il passé au juste ? Voici les épisodes d'un projet inachevé.
A une époque pas très lointaine, ce projet a fait couler beaucoup d'encre. C'était «Le projet du président» qui voulait rivaliser avec les grands projets de François Mitterrand, lesquels symbolisaient, entre autres, le rôle de la France dans l'art et la culture.
L'idée a été lancée par le ministère de la Culture en 1991. En 1992, Ben Ali a ordonné la réalisation du projet. Mais ce n'était pas encore «la Cité de la culture». Le projet s'appelait «le Centre culturel national». Les études de programmation qui allaient définir le contenu ont démarré, la même année, pour être bouclées deux ans après. En l'étape suivante, un concours international d'architecture a été lancé. «Celui-ci n'a malheureusement pas abouti, pour des raisons de manigances politiques», avoue Fathi Kouched, architecte, directeur des bâtiments et des affaires foncières au sein du ministère de la Culture, et directeur responsable de l'exécution du projet.
Le concours a été arrêté par le président Ben Ali lui-même.
«Du coup, on ne pouvait plus appliquer le règlement qui stipule la réalisation du concours à deux degrés, c'est-à-dire deux étapes», ajoute l'architecte.
Il va sans dire que le projet nécessitait des compétences à l'échelle internationale. Ce concours visait, donc, une conception de très grande qualité.
Le premier concours ayant été annulé, on a dû indemniser les participants et en relancer un autre, en 1997. Ce dernier a abouti au choix d'un concept et d'un projet : «la Cité de la culture».
Sur la base des résultats de ce concours, les études ont démarré. En 2004, un appel d'offres a été lancé, puis déclaré infructueux. Le deuxième appel d'offres, lancé en 2005, a abouti. Mais le marché de réalisation d'une tranche du projet, a été attribué à une entreprise tchèque appelée «Geosan», et ce, suite à une décision présidentielle.
«Cette attribution n'a pas respecté la réglementation des marchés publics» précise F. Kouched.
Selon le directeur exécutif du projet, après dépouillement des offres, l'administration a proposé à la commission supérieure des marchés une entreprise compétente qui répondait parfaitement à l'appel d'offres. Mais la décision présidentielle est venue imposer le choix de la «Geosan».
Le chantier a démarré en février 2006 avec un délai contractuel de 30 mois. La date prévisionnelle de l'achèvement des travaux a été fixée pour juillet 2008.
Mais cette entreprise n'a pas été capable de réaliser les projets dans les délais et dans les normes. Elle n'a encore jamais pu honorer son engagement, celui d'achever le chantier à une nouvelle échéance attribuée à l'époque de Ben Ali : juin 2011.
Après la révolution du 14 janvier 2011, l'administration de tutelle, était contrainte de résilier le contrat, mais sans aucune alternative en vue. Car, le ministre de l'époque, Ezzeddine Bachaouch, a qualifié le bâtiment, qui avait quand même commencé à prendre forme, de «bâtisse stalinienne, esthétiquement ennuyeuse et dont la tour monumentale devait servir de centre d'espionnage pour Ben Ali».
D'après Kouched, ces propos ont contribué à la dégradation des rapports avec Geosan et à l'empêcher de finir le projet.
En novembre 2011, l'entreprise a décidé de fermer le chantier et d'arrêter les travaux.
Combien est-ce que ce «chantier» (au sens propre comme au sens figuré du terme) a dû coûter?
F. Kouched n'ose pas avancer des chiffres. Mais au lendemain de la révolution, un dossier concernant la Cité de la culture a été déposé à la Commission nationale d'investigation sur les faits de corruption et malversation, par des responsables de la réalisation du projet, mais en leur qualité de simples citoyens.
Le dossier confirme la manière douteuse dont le marché a été attribué, et qui est contraire à l'avis de la commission de dépouillement.
Sur ordre présidentiel, donc, l'entreprise tchèque a reçu 70 millions de dinars. En cours de chantier, il a été décidé de lui octroyer une rallonge budgétaire de l'ordre de 10 millions de dinars. Ce qui est, bien entendu, contraire aux articles du marché.
Le fameux dossier est aujourd'hui entre les mains de la justice.
Mais avant de finir, résumons les étapes de cette saga : jusqu'à ce jour, deux appels d'offres, déclarés par la suite infructueux, ont été lancés. On nous apprend qu'un troisième appel d'offres est actuellement en phase de dépouillement.
En attendant le redémarrage des travaux, l'administration a mis en place une entreprise de gardiennage pour assurer la sécurité des lieux. Malgré cela, les bâtiments, et surtout les équipements, déjà installés, sont en dégradation continue.


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