Législatives, FMI, PDL… Les 5 infos de la journée    L'UBCI partenaire officiel de l'Extended sessions de « Jazz à Carthage »    Jasmin Open Monastir : Résultats de mardi et liste des qualifiées pour les 1/8    Tunisie – Découverte d'autres grandes sommes d'argent dans les comptes bancaires d'un syndicat de police    Le "devoir" de casser la rigueur budgétaire, 1100 recrutements et une explication hallucinante    L'école MedTech de la SMU rejoint un groupe d'élite d'écoles d'ingénieurs prestigieuses dans le monde    Etude Epson: sur fond de conflits et de crise économique, l'attention mondiale se concentre sur le changement climatique    Monde-Daily brief du 04 octobre 2022: Guerre en Ukraine : Kiev garde l'initiative militaire    FMI: Plus de 20 pays pourraient avoir besoin d'une aide d'urgence face à la crise alimentaire    Cherche-t-on à achever Tunisair ?    Abdelkader Boudriga recommande de moderniser les lois contre les chèques sans provision    Issam chebbi: Les restrictions excessives aux partis confirment l'illégitimité des prochaines législatives    Tunisie-coronavirus : Nouveau bilan    Tunisie : Incendie au siège de la société des chemins de fer    British Council mise sur de nouveaux modes d'apprentissage et de connexions    Photo du jour : "grand ménage" au Palais de justice de Tunis    Le FMI a dit oui à la Tunisie ?    Tunisie: Recrutement de 1100 assistants universitaires    Réouverture de l'inscription à distance pour les élèves des écoles privées    Le neurologue Tunisien Riadh Gouider élu membre correspondant à l'académie française de médecine    Maroc : Le paradis des fonctionnaires fantômes, plus de 90 000 dans le public    L'ile du pardon: Le dernier chef-d'œuvre mondial de Ridha Béhi    JCC 2022 : Des films restaurés et inédits de la fin des années 60 dans le focus Palestine    L'Union islamique des avocats accuse la Faculté de Sciences juridiques de "propager" l'homosexualité    Les Tunisiens de France rapportent à l'Etat 3807.9 MD    Ce qu'a dit le Ministère de l'Infrastructure de l'Ukraine sur la Tunisie    Moncef Dhouib : quel sort réserve-t-on à l'église de Sfax après l'arrêt des travaux ?    Conflit FTF - Croissant Sportif Chebbien : longues réflexions sur une courte décision    Zarzis | Affluence des africains subsahariens : La situation risque de dégénérer    Météo en Tunisie : Ciel peu nuageux à partiellement nuageux    LC Europe (Poules / 3è J) : les matches de ce mardi    37eme édition du festival international du film francophone de Namur | « ASHKAL » de Youssef Chebbi : Du réel à l'abstrait    Les indiscrétions d'Elyssa    Tunisie: 10911 infractions économiques du 23 août au 1er octobre 2022    Al Massar ne participera pas aux prochaines législatives    Ce qu'a dit la directrice du Fonds Monétaire International sur la Tunisie    Mondial 2030 : En Ukraine, Espagne et Portugal !    Ballon d'or 2022 : Podium de KB9, Mané et Vinicus !!    Essia Jaïbi, metteuse en scène et dramaturge, à La Presse : «J'aime que le théâtre soit le sujet et l'outil»    Des héros anonymes    DECES : Leïla DEHAIMI    CONDOLEANCES : Feu Ali TABOUBI    L'insupportable arrogance des Occidentaux    Ukraine : Des canons français que même l'armée de Macron n'a pas, l'Allemagne suit    Run In Carthage a vécu sa 6ème édition après deux ans d'interruption due à la Covid : Comme on se retrouve !…    Classement WTA : Ons Jabeur, 2e mondiale    L'affaire FTF-CSChebba au crible | Entre bonne guerre et mauvais procès...    Burkina Faso : Des manifestants s'en prennent aux intérêts français dans le pays    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le braconnage : Un crime organisé ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 08 - 2022

Bien que les périodes et les modalités de chasse soient fixées par la loi en Tunisie, les braconniers continuent de chasser hors saison sans respect des législations en vigueur, ce qui a détruit la quasi-totalité des espèces animales sauvages. Cela constitue aussi une violation flagrante des principales conventions internationales.
Le braconnage constitue une vraie menace pour de nombreuses espèces animales en voie de disparition en Tunisie et une violation flagrante des principales conventions internationales, dont les plus importantes sont la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction dite ''Cites'', la Convention africaine pour la conservation de la nature et de ses ressources adoptée en Algérie en 1975, et la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe conclue en Suisse le 19 septembre 1979, en plus de la législation nationale, notamment les articles du Code forestier relatif à l'organisation du secteur de la chasse et la préservation de la vie sauvage, dont le plus important est l'article 166, qui stipule que « Nul ne peut se livrer à la chasse sauvage que pendant la période de son ouverture légale et sur tout le territoire de la République ».
Le braconnage, une menace pour les espèces animales
Alors que cette menace environnementale sur l'une des ressources les plus importantes du pays s'accroît, et que les violations se multiplient d'année en année, que ce soit par des Tunisiens ou des étrangers, les autorités tunisiennes sont incapables de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ce crime commis contre la nature, notamment en accordant des permis de chasse aux émirs du Golfe qui pratiquent annuellement le braconnage au vu et au su des structures légalement mandatées pour protéger et préserver cette richesse des attaques. Prenons l'exemple du parc national de Jebel Orbata à Gafsa, malgré les efforts concertés pour préserver la biodiversité, le braconnage se poursuit dans ce parc national, considéré comme un foyer pour les gazelles dorcas et les autruches d'Afrique du Nord, deux espèces menacées, non seulement en Tunisie, mais aussi dans toute la région désertique et côtière du continent africain. Il existe également des espèces animales, telles que le cerf de montagne et l'autruche d'Afrique du Nord, qui sont des animaux inscrits dans la première annexe de la convention Cites parmi les espèces menacées, ce qui fait du braconnage une menace pour leur sauvegarde. Le parc contient, également, des caméléons et des serpents du désert, qui ne sont pas des espèces menacées à l'heure actuelle, mais il est probable qu'ils le deviendront à moins que leur chasse devienne conforme aux dispositions de la loi. Le parc abrite, en outre, des espèces rares inscrites sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature et figure également dans les annexes de la convention internationale Cites.
Les plus importantes d'entre elles sont le chêne du Maroc, la gazelle dorcas et l'autruche d'Afrique du Nord, en plus de plusieurs espèces d'oiseaux. Cela signifie que leur chasse représente une menace pour l'avenir de la faune et pourrait entraîner un déséquilibre de la biodiversité. Bien que le danger de ces pratiques sur les générations présentes et futures ait été dénoncé par les défenseurs de l'environnement, les autorités officielles n'ont pas réagi pour faire face à cette menace imminente, notamment le ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et les administrations forestières régionales qui en assument la responsabilité.
Pour une loi plus dissuasive
Face à cette situation, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes) avait auparavant alerté les autorités compétentes sur la gravité de ces pratiques, appelant à la nécessité d'actualiser les lois relatives à la faune sauvage pour qu'elles soient plus dissuasives contre les contrevenants, un point que l'expert en droits de l'homme et droit de l'environnement et ancien directeur des études à l'Institut supérieur de la magistrature, Me Najiba Al-Zayer, a soulevé dans un rapport publié par le Forum concernant le braconnage dans le désert de Tozeur et Gafsa, soulignant la nécessité d'accélérer la publication du Code de l'environnement et de mettre à jour le Code forestier et les textes d'application liés à la chasse aux animaux sauvages menacés en y intégrant les principes de base du droit de l'environnement, dont le principe de prévention, le principe de prudence et le principe d'information, et en mettant l'accent sur la nécessité d'harmoniser le code forestier avec le Code des collectivités locales, qui garantit l'approche participative et le principe de la transparence, ainsi que sa compatibilité avec les principes généraux de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption et l'impunité, qui sanctionnent ceux qui portent atteinte aux ressources animales sauvages.
Les riches du Golfe violent la souveraineté nationale
Dans notre pays, le braconnage n'est pas pratiqué en cachette ou à l'abri du contrôle des autorités, mais la plupart du temps, ça se passe avec l'aval des structures officielles, avec à leur tête le ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, surtout quand il s'agit des riches du Golfe qui s'adonnent annuellement à des opérations de braconnage de la faune, qu'il s'agisse d'oiseaux, de cerfs ou d'autres espèces animales, profitant du climat d'impunité et de la faible volonté de protéger la vie sauvage.
Malgré la condamnation massive des organisations de la société civile et des défenseurs de l'avenir de la faune appelant à mettre un terme à cette situation, les violations se poursuivent, avec la bénédiction des autorités concernées. En janvier 2021, des permis ont été accordés aux Qataris leur permettant d'entrer dans les territoires tunisiens sous le couvert de tournage de documentaires, qui n'étaient rien d'autre qu'une simple opération de camouflage de l'activité de chasse envisagée.
Dans ce contexte, le Ftdes a appelé à la nécessité de faire face par tous les moyens légaux à ces violations, considérant que cette pratique porte atteinte à la souveraineté de l'Etat et contredit tous les principes de protection des animaux en voie de disparition. En conséquence, le Forum réitère l'appel au gouvernement à honorer ses engagements internationaux, à protéger et à préserver toutes les espèces animales, d'autant plus que la chasse se fait sans aucun contrôle de la part de l'Etat.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.