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Les Iles Kerkennah, carrefour des civilisations
Reportage
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 02 - 2017

Le périple des convois médiatiques et de photographes, inscrit au programme «Massarats» et «Mazarats» (circuits et lieux de visite rituelle), conçu par la manifestation Sfax, capitale de la culture arabe 2016, a dévoilé aux nombreux journalistes et photographes participants la pleine mesure de la diversité du patrimoine culturel dont regorgent les Iles Kerkennah. Retour sur un périple aussi instructif que plaisant.
A huit heures pile, le car-ferry (loud) s'est engagé dans le chenal du port commercial de Sfax, pour une traversée magnifique d'un peu plus d'une heure qui a pris fin au port de Sidi Youssef d'où les convois sont partis à la découverte des sites indiqués sur la feuille de route initialement distribuée aux excursionnistes.
Ce fut, alors, l'annonce d'un voyage dans l'espace et d'une immersion dans les profondeurs d'un passé éloquemment raconté par des vestiges parfois assez bien conservés, parfois victimes des agressions sévères du temps, aggravées par la négligence des hommes, si ce n'est par leur cupidité criminelle, du moins par leur inconscience.
Les deux bus du convoi ont emprunté, d'abord, un chemin de terre bordé de haies vives, traversant des champs où alternent des oliveraies plantées d'arbres jeunes vigoureux et soigneusement entretenus, avec des palmeraies d'autant plus pittoresques qu'elles sont à l'état vierge, déployant un charme saisissant à plus forte raison que les palmiers, peut-être parce qu'ils sont clairsemés et pas du tout taillés, offrent un aspect «naturel», inculte, sauvage, touffu, luxuriant et intact.
N'eussent été la réapparition des parcelles d'oliviers et les quelques habitations discrètement lovées dans le paysage qui, de temps à autre, rompent désagréablement le charme, l'on se serait cru dans un autre temps, dans un autre espace, préservé de l'intervention pas toujours heureuse ni bienfaisante de l'Homme.
C'est alors qu'au milieu de ce décor féérique, s'offre à la vue une tour, en l'occurrence «Bordj Mellita» ou Bordj «Dzira». C'est un fort défensif de douze mètres de hauteur, dont la base est romaine,mais la tour ronde, arabe, aghlabide, comme l'a précisé Krida Raja, conservateur-conseiller du patrimoine. Restaurée, la forteresse semble étrangement isolée de toute autre trace de vestiges environnants. En fait, rien d'étonnant à cette «solitude» due à sa vocation protectrice des côtes des invasions étrangères. La tour servait, en effet, d'avant-poste pour donner l'alarme, en cas de danger extérieur. Elle communiquait avec celles de Sousse et de Monastir, à travers des signaux de fumée bien codifiés. La porte d'accès à la tour étant élevée par rapport au sol, il est nécessaire d'escalader une échelle pour y pénétrer et emprunter des escaliers menant au sommet.
Un vrai régal pour les reporters mais aussi pour les photographes en compétition, dans le cadre du concours de la photographie, lancé par la manifestation Sfax, capitale de la culture arabe.
Habités par la passion, aiguillonnés par la course à la consécration et alléchés par la perspective d'empocher l'une des récompenses promises en monnaie sonnante et trébuchante, les photographes déployaient des trésors d'ingéniosité, variant les angles de vue et sollicitant autant leur expérience, leur maîtrise technique que les performances techniques de leurs appareils, dont ils sollicitent la complicité pour capturer les photos les mieux réussies et cueillir les lauriers du concours.
C'est dans cet esprit d'émulation qu'ils s'éparpillent, caméras au poing, aux alentours du pont antique, deuxième étape du parcours. El Kantra, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, se trouve dans la partie ouest de l'île Cherguia, et reliait, dans l'Antiquité, la grande île Cercina à la petite île Cercinitis, comme l'indique notre guide de l'Institut national du patrimoine. A la faveur de la marée basse, comme il était possible d'apercevoir les vestiges de colonnes romaines du pont, les photographes ont pris des photos à satiété. Dommage que sur le chemin du retour, l'impératif d'être à l'heure pour embarquer sur le car-ferry a privé les participants au convoi de prendre le temps d'admirer la jonction progressive des deux îles, l'eau affluant de l'une des îles vers l'autre, à l'heure de la marée haute.
Avec la même envie de se faire proclamer champion de l'objectif, et de monter sur le podium, les photographes se sont positionnés à des points jugés stratégiques pour prendre en photo le site archéologique de Bordj Lahsar, fort ottoman datant du XVIe siècle, qui constitue l'un des jalons les plus importants du circuit. La vieille forteresse fait partie d'une ville portuaire datant de l'époque romaine. Elle a également accueilli les Espagnols, les Vénitiens et les Turcs. Les vestiges de cette cité sont de plus en plus submergés par la mer dont l'avancée risque d'engloutir le peu qui en reste. Le borj, en partie restauré, a besoin encore de travaux de restauration pour retrouver sa physionomie d'origine et sa splendeur d'antan. D'ailleurs, ses alentours couverts d'une végétation luxuriante, présentant un aspect anodin de terres incultes, sont soupçonnés de cacher des trésors de vestiges et d'objets archéologiquement très précieux.
Cependant, il serait erroné de penser avoir déjà fait le tour des sites archéologiques des Iles Kerkennah, tant la région en regorge. Il reste en effet à visiter les mausolées, éléments importants du patrimoine architectural et culturel. Il est tout indiqué, à cet égard, d'observer une halte au marabout Sidi Zorii, dressé au milieu d'un vaste champ de vigne dont le vin était expédié à Rome, avant de poursuivre en direction du marabout Sidi Saïd, en bord de mer, protégé de la vétusté et de la négligence par les mythes et légendes qui l'entourent.
Un visiteur averti ne manque pas non plus de faire une petite virée du côté de la mosquée Ouled Yaneg dont le minaret se distingue par son cachet architectural unique. Le visiteur bien renseigné apprend, à ce propos, que la forme des minarets, loin d'être fortuite, représente en fait le signe distinctif du rite des maîtres de la confrérie de la localité.
Par la suite, le périple des sites historiques à Kerkennah doit conduire nécessairement à El Abbassia, village natal du leader martyr Farhat Hached et de son compagnon de route Habib Achour. Dans un état lamentable, faut-il le rappeler, la demeure du leader a besoin d'une sérieuse action de rénovation. A noter qu'El Abbassia recèle un site archéologique portant le même nom que le village, situé au nord de la mosquée et de l'actuel cimetière. Il représente un quartier d'habitation remontant à l'époque romaine.
Beït Bourguiba, situé à la localité Ennajet, mérite aussi une halte, la demeure ayant servi d'abri au leader Habib Bourguiba, avant l'entame de son périple en Orient pour défendre la cause de la Tunisie, dans le cadre du Mouvement de libération nationale. Victime de la négligence préméditée des autorités sous l'ancien régime et de l'incurie révoltante de celles qui ont gouverné le pays après la Révolution, le site a subi des dommages criminels dont les auteurs ne seraient encore ni démasqués ni jugés.
Il serait impensable, enfin, de faire le parcours du Circuit de l'archipel kerkennien, sans se rendre au monastère de Saint-Fulgence, dressé presque au centre de l'îlot de Rammadiya, à l'est du port de Kraten. Ce monument remonte au VIe siècle avant Jésus-Christ. Outre les traces de baptistères qui y sont visibles, on peut y découvrir aussi un four de poterie punique réutilisé à l'époque contemporaine pour la production de la chaux.
Pour boucler le circuit, il est recommandé de faire une escapade du côté du port de la localité d'El Ataya et plus précisément aux ateliers de fabrication des barques traditionnelles où l'on peut découvrir les techniques de construction des embarcations de pêche mais aussi la production des nasses de pêche et des chraffies, pêcheries traditionnelles, activités, d'ailleurs, caractéristiques de tous les villages de l'archipel.


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