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De la nécessité de transcender le texte
«Hadith lajbal» au 4e art
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 02 - 2017

Une pièce-manifeste au propos cru, et dur à l'image d'une réalité de plus en plus opprimante
Invité par le Théatre national, le Centre des arts dramatiques et scéniques de Gafsa a présenté, mercredi dernier au 4e Art, sa création «Hadith lajbal», mise en scène par El Hedi Abbas et écrite par Al Tahar Radhouani. La pièce a été, malheureusement, refusée par la commission et n'a pas profité de l'aide de la direction du théâtre car, paraît-il, le texte fait l'apologie du terrorisme et touche à la souveraineté de l'Etat... Une décision injustifiée et alarmante car l'on est bien loin de tout cela. Le texte ne fait que refléter une réalité poignante, celle d'une Tunisie profonde, cette grande part maudite et oubliée, des décennies durant, par l'Etat et accablée par le manque de développement, les injustices régionales et autre chômage qui touche, surtout, les jeunes diplômés. Des conditions favorables, nous dit l'auteur, à la prolifération de toute sorte d'extrémisme: l'abus d'alcool et autres drogues, la délinquance, mais aussi et surtout la radicalisation religieuse.
La pièce est une sorte de reconstitution du tragique devenir d'une jeunesse lésée et désespérée, dépeinte à travers l'histoire de Dhaou (Lassaad Hamda). Un diplômé de l'enseignement supérieur, qui, comme tant d'autres, peine à trouver un travail décent et stable. Il sombre petit à petit dans l'extrémisme religieux. Les scènes se passent dans un décor montagneux, dans un de ces patelins reculés devenus, ces dernières années, de véritables essaims de terroristes. Les montagnes, ces géants en pierres, dont se ressourcent les habitants, qui ont abrité et assisté à différents chamboulements historiques, nous livrent des bouts d'histoires, celles de ces femmes usées par le poids du bois qu'elles ramassent quotidiennement, celles des beuveries nocturnes, des rendez-vous amoureux furtifs loin de l'œil inquisiteur d'une société conservatrice et traditionnaliste, du quotidien de jeunes soldats qui, avec des moyens dérisoires, doivent faire face à la menace terroriste... Les montagnes ( sur scène elles sont suggérées par des bouts de rochers en résine suspendus ou placés par terre, l'on aurait pu d'ailleurs limiter leurs nombres pour ne pas trop encombrer la scène) écoutent les maux de ces femmes, les complaintes de ces amoureux et les délires de l'ivresse...Les montagnes nous parlent de ces gens-là, dignes et orgueilleux, qui ont tant donné pour le pays, ces gens qui jusqu'à nos jours continuent à essuyer de différentes manières les conséquences des injustices accumulées des décennies durant et l'indifférence et l'incompétence des responsables politiques. Ce sont les bouts de vie de Dhaou, sa bien aimée Zahra (Imen Mamech), diplômée également, et qu'il ne peut épouser faute de travail,
« Hneya» (campée par Dalila Meftahi), la maman de la jeune femme, brave et digne qui a élevé seule sa fille. La pièce revient sur cette machine infernale alimentée par la corruption, les intérêts individuels et les considérations politiques. Une pièce-manifeste au propos cru et dur à l'image d'une réalité de plus en plus opprimante. Mais voilà que l'écriture scénique n'est pas allée, malheureusement, au-delà du texte car restée figée dans une ligne purement narrative avec un aspect qui nous a rappelé celui de nos feuilletons télé. On déplore également cette manie de rajouter à l'aspect dramatique des scènes une musique du même ton (le jeu scénique est suffisant !), pis encore, par moments, l'on faisait même dans la musique de fond qui étouffait les répliques des comédiens... Dépeindre une réalité sur les planches n'implique pas essentiellement la forme qui, elle, ne doit pas se contenter d'illustrer le texte mais doit pouvoir ramener une nouvelle esthétique.


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