Mayada Krifa, le nom est celui d'une jeune styliste-modéliste tunisienne qui vit à Toulouse (France) où elle a effectué sept ans d'études pour être dans les arcanes des coupes et des matières. Major de sa promotion de l'école de stylisme de Monastir, elle s'envolera pour le pays de Voltaire pour faire un mastère en management de la mode. Après deux ans de travail acharné et de défilés sur les podiums de Paris, Mayada Krifa se prépare à lancer sa propre marque de prêt-à-porter. Pour elle, la mode est une «manière particulière qui porte en même temps les marques d'une identité, d'une culture mais qui laisse la place aussi à la spécificité et à la particularité de l'invidue qui la porte». Et de la personnalité, la nouvelle ligne de Mayada Krifa elle en a ! La femme est «étoffée», «hyper présente» mais en même temps fluide et véhiculant une féminité sans complexes. Bref une femme très moderne et qui ose une féminité très expressive. Cela dit, si on parle de Mayada Krifa, aujourd'hui, c'est parce qu'elle est la représentante d'une jeune génération de Tunisiens qui vivent à l'étranger mais qui peuvent donner une immense plus-value à notre industrie et en particulier au secteur du textile qui connaît depuis quelques années des bas plutôt que des hauts. C'est pour cela que cette jeune femme timide et réservée a voulu s'exprimer «en Tunisie, la mode manque beaucoup de moyens dans le domaine de la communication, dit-elle, elle a besoin d'être mise en valeur pour que les industriels tunisiens découvrent des talents jusque-là cachés ou sous-exploités». C'est ainsi qu'on apprendra que les industriels tunisiens, par exemple, n'engagent pas de stylistes-modélistes tunisiens et qu'ils se contentent de ramener des modélistes de l'étranger. Et sur ce point, la styliste-modéliste insiste‑: «Il faut que les industriels misent sur les jeunes talents tunisiens et leur font confiance. Il s'agit d'un investissement qui peut donner des résultats extraordinaires et donner du tonus au secteur du textile. On peut même concurrencer l'Asie, ne serait-ce que par notre proximité de l'Europe». Il s'agit, donc, pour les industriels de développer, d'encourager et d'ouvrir les portes aux créateurs tunisiens. Rappelons que pour le moment, l'industrie du textile tunisien ne s'est intéressée qu'à la production sans exploiter le côté création. Tous les modèles sont réalisés à l'étranger. «Retour donc à l'importance de la communication et du rôle du festival de la mode pour créer et entretenir la confiance de l'industriel dans le créateur tunisien», conclut Mayada Krifa.