Pour l'ancien latéral droit international du CA, Ahmed Zitouni, le recours des joueurs à la grève ne résout pas le problème. Il faudra entreprendre des solutions en profondeur. «Recourir à la grève est à mon avis la pire des alternatives pour résoudre les problèmes des joueurs avec leur club. Il y a plus d'une manière pour arriver à un terrain d'entente et préserver les intérêts des joueurs et du club en même temps. Là-dessus, je ne vais pas mâcher mes mots pour dire que des joueurs comme ceux du Club Africain, par exemple, dont les moins payés parmi eux touchent environ cinq mille dinars et dont ceux qui ont la cote arrivent à avoisiner les cent mille dinars par mois, n'ont pas le droit d'opter pour ce genre d'«agissement» qui fait fi de la notoriété de leur club. Là, je parle de joueurs exagérément bien payés pour un rendement individuel et collectif, le moins qu'on puisse dire, médiocre. De son côté, le président du CA est, lui aussi, à blâmer à ce propos car il est scrupuleusement tenu d'honorer ses engagements vis-à-vis de ses joueurs toujours dans les délais impartis conformément aux stipulations contractuelles puisque l'on parle d'un vrai club professionnel qui se respecte, normalement, et qui a une image de marque à sauvegarder. Je ne m'arrête pas là car je vais tirer à boulets rouges sur toutes les parties concernées par ce problème devenu récurrent que ce soit au CA ou chez la plupart des clubs tunisiens, à l'exception de l'EST et de l'ESS, dont les responsables réussissent à forcer le respect. A ce propos, même les supporters, qui râlent tout le temps sans dépenser le moindre sou pour leur club, n'ont pas le droit d'exiger quoi que ce soit de leur équipe fanion avant de lui prouver matériellement leur amour si vraiment amour il y a ! Parfois, ce sont eux qui se transforment en problème pour leur club par leur comportement irresponsable dans et hors des stades en devenant de vrais hooligans. Ainsi, ils exposent leur club à payer les pots cassés de leurs actes de vandalisme par le biais des amendes et de la limitation du nombre des supporters. Tout cela aboutit à l'appauvrissement des clubs et à tous les problèmes qu'on ne connaissait pas auparavant. De mon temps, je me rappelle d'une tentative de grève que mes coéquipiers et moi-même avions faite en 1972 dans le but d'exercer une pression sur nos responsables pour augmenter la prime de victoire fixée à trente dinars par joueur suite à un match de qualification à la finale de la coupe après une victoire laborieuse contre le CSCheminots. Eh bien, feu Abdelaziz Lasram, notre président, nous avait infligé l'humiliation de notre vie pour le niveau de jeu qui, selon lui, ne méritait pas le moindre dinar en contrepartie après notre nul (4-4) face au CSC. Personne n'osait dire le moindre mot et on a tous fini par accepter les trente dinars la tête baissée. Tout doit être restructuré dans notre football, à commencer immédiatement par le plafonnement des salaires des joueurs qui ont atteint des seuils intolérables suite aux surenchères pour des joueurs qui ne valent pas grand-chose et dont la rémunération devient de plus en plus problématique et difficile à gérer».