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«Nous sommes obligés de gérer les extrêmes»
Mosbeh Hellali, PDG de la Société Nationale d'Exploitation et de Distribution de l'Eau (Sonede)
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 09 - 2017

Les coupures d'eau potable survenues lors des deux dernières années en Tunisie ont ouvert les yeux sur une problématique majeure, qui est celle de la disponibilité des ressources hydriques en Tunisie. Une situation que la Société nationale d'exploitation et de distribution de l'eau (Sonede) a dû gérer en toute urgence pour satisfaire une demande en hausse et faire face à une offre en baisse. Pour Mosbeh Hellali, PDG de la Sonede, l'eau potable est une ressource rare qu'il faut savoir préserver et aussi gérer. Entretien
Comment se présente la situation actuelle de l'eau potable en Tunisie ?
Je dois préciser qu'il existe deux opérateurs pour l'eau potable : la Sonede qui dessert le milieu urbain, et les Groupements de Développement Agricole, qui sont chargés de la desserte en eau du milieu rural dispersé. Pour le moment, 51,6% du milieu rural est alimenté par la Sonede et 41,2% par les GDA, qui sont sous tutelle du gouvernorat et des commissariats régionaux au développement agricole.
Nous sommes en train de vivre deux années de sécheresse avec une limitation des ressources en eau, que ce soit les eaux de surface ou les barrages et les eaux souterraines. Ce qui pose une grande pression sur les ressources. En parallèle, il y a une augmentation de la demande en eau à cause du développement économique, l'augmentation du nombre d'habitants et la reprise des activités industrielles et surtout touristiques.
Cet été, nous avons remarqué des températures élevées par rapport à la moyenne, avec des périodes de canicule prolongées. Nous avons eu des demandes en eau exceptionnelles qui ont dépassé dans certaines régions quatre fois la moyenne annuelle. Ceci a constitué une pression énorme sur les structures et les moyens de production de la Sonede. Malgré tout cela, la situation pour l'été 2017 était meilleure que l'été 2016, en termes de disponibilité en eau.
Il faut le dire, notre pays n'est pas un pays riche en eau. Il est situé dans une région en stress hydrique. Le quota d'un Tunisien est estimé à 450 m3 par habitant et par an. Nous sommes au-dessous du seuil du stress hydrique (1.000 m3). Donc, nous sommes dans une situation inconfortable.
Heureusement qu'il y a eu une politique hydraulique qui a porté ses fruits avec la construction d'une multitude de barrages et les transferts entre les bassins versants. Mais avec le changement climatique, nous sommes obligés de gérer les extrêmes, il y a des années où il faut gérer des inondations et des années où il faut gérer des sécheresses. Notre système de barrages, d'interconnexion, de transfert et autres nous a permis de résister à deux années de sécheresse. Et avec une bonne gestion, on peut résister davantage.
Quel est le rôle de la Sonede dans cette politique de gestion des ressources hydriques?
La Sonede est un acteur principal du secteur de l'eau. Elle participe à la mise en place des stratégies et des orientations futures. Son action s'intègre dans le cadre d'une politique globale par la mise en place de programmes pour la satisfaction de la demande en eau à l'horizon 2030. Cette stratégie a trois piliers : la poursuite de la mobilisation des ressources en eau pour atteindre 95% d'ici la fin du plan quinquennal actuel, la protection des ressources en eaux souterraines de la surexploitation et de la pollution et la mobilisation des ressources en eaux non conventionnelles à travers le dessalement de l'eau de mer et la réutilisation des eaux usées épurées. Il s'agit aussi de passer d'une politique de gestion de l'offre (créer de nouvelles ressources) à une politique de gestion de la demande (qui repose sur la rationalisation de l'usage de l'eau).
Je dois préciser qu'actuellement, nous sommes en train de distribuer 650 millions m3 par an. Ceci va évoluer jusqu'à des volumes plus importants dans l'avenir». Nous tablons en moyenne sur des augmentations de 3% par an. Mais ceci varie d'une région à l'autre. D'ici 2030, cela peut atteindre 1 milliard de m3 par an. Ce qui nécessite un effort de rationalisation des ressources hydriques.
La Sonede a mis en place le programme national de sécurisation et de renforcement de l'alimentation de l'eau potable jusqu'à 2030. Nous avons programmé une panoplie de projets qui ont été approuvés par le gouvernement. Dans ce programme, nous avons prévu plusieurs actions pour la rationalisation de la consommation de l'eau telles que la campagne nationale que nous avons engagée en mars dernier pour la sensibilisation à la réduction de la consommation et de l'usage abusif de l'eau via des campagnes et des manifestations dans tous les gouvernorats.
Nous avons mis en place tout un programme pour cet été, qui consiste à réaliser des forages en urgence, renforcer les inductions et les stations de pompage, etc. Avec un coût de 120 MDT, ceci nous a permis d'améliorer la situation. Nous sommes passés de 45 systèmes fragiles en 2016 où les ressources en eau n'arrivaient pas à couvrir la demande à 7 seulement en 2017. Ce qui a permis de passer un été relativement meilleur que l'année précédente. Cette année, nous avons continué la distribution de l'eau malgré les conditions exceptionnelles avec la hausse des températures et les canicules prolongées et l'activité touristique supplémentaire puisqu'on est passé de 3,5 millions de touristes en 2016 à 4,6 millions en 2017. Tant mieux pour le pays, mais ceci a nécessité la mise à disposition d'une quantité d'eau supplémentaire par rapport à 2016.
Pour le moyen et long terme, nous avons un grand programme qui s'étale sur cinq ans avec un coût d'environ 2,5 MDT et qui consiste en la réalisation de gros projets. Il s'agit de stations de dessalement de l'eau de mer, à l'instar de la station de Djerba qui a une capacité de 50 mille m3 par jour, extensible à 100 mille. Elle est actuellement en cours de réalisation et sera achevée durant l'été 2018.
De même, les appels d'offres pour la station de dessalement de Zarat à Gabès ont été lancés, avec une capacité de production de 50 mille m3 par jour, extensible à 100 mille. Il s'agit également de la station de dessalement de Sfax, financée par l'Agence japonaise pour la coopération internationale (Jica). Elle sera la plus grande station de dessalement de l'eau de mer en Tunisie, avec une capacité de 200 mille m3 par jour avec une première phase de 100 mille, et un coût d'environ 900 MDT. On est en train de lancer les appels d'offres et les travaux commenceront en 2018. Elle va desservir la région du Grand-Sfax et les zones avoisinantes.
En outre, une autre station de dessalement est projetée à Sousse pour desservir la région du Sahel et une station à Kerkennah, d'une capacité de 8 mille m3, qui va résoudre la problématique de l'eau potable dans l'île, où il existe actuellement une station de dessalement de l'eau saumâtre.
Nous continuons aussi le renforcement de la mobilisation et du transfert des eaux du Nord vers les régions du Grand-Tunis, du Sahel et de Sfax avec de nouvelles stations de traitement des eaux de surface. Je cite celle de Kalâa Kobra qui va concerner le Sahel. Nous sommes aussi avancés sur l'étude d'une station de traitement d'eau de surface à Béjaoua pour la région du Grand-Tunis.
Plusieurs réclamations sont survenues concernant les réseaux de distribution de la Sonede et leur efficience. Comment se présente la situation actuellement ?
Tout d'abord, le réseau de distribution de la Sonede mesure 53 mille kilomètres de conduites et compte environ 4 mille ouvrages hydrauliques sur tout le territoire. Tout ce réseau est sous pression. Les fuites et les casses sont d'usage, puisqu'il y a l'intervention d'autres acteurs qui peuvent toucher les conduites et il y a des casses dus au vieillissement des conduites. Actuellement, en moyenne, nous sommes en train d'intervenir 50 fois par jour sur tout le réseau. Bien entendu, ces interventions provoquent des coupures d'eau, que ce soit pour réparer, maintenir ou étendre le réseau. Le public est informé à l'avance sur ces coupures d'eau programmées. Mais Il y a les casses inopinés et nous ferons de notre mieux pour que nos équipes interviennent tout de suite.
Cette année, nous avons pris la décision d'informer sur toutes les interventions sur le réseau. Ceci a donné l'impression que les casses et les coupures sont plus nombreux, mais, réellement, nous avons eu moins de réclamations que l'année précédente.
Pour pallier certaines lacunes, il faut un effort de renouvellement du réseau et des infrastructures. Aujourd'hui, le niveau de renouvellement n'est pas satisfaisant, il y a des efforts qui sont faits à la mesure des moyens financiers disponibles et qui sont limités.
A ce niveau, nous savons que la Sonede connaît un déficit financier depuis plusieurs années. Quelle est la cause de ce déficit et comment pensez-vous le gérer?
Depuis 2008, la Sonede est déficitaire. Il y a un déséquilibre entre le prix de revient et le prix de vente de l'eau. Depuis des années, pour chaque m3 d'eau vendu, la Sonede perd 100 millimes en moyenne. Nous sommes le premier consommateur d'énergie électrique dans le pays, et premier client de la Steg. La facture énergétique s'élève à 60 millions de dinars par an. Il y aussi le coût de la main-d'œuvre et des produits chimiques. Le prix de toutes ces composantes augmente. Quand le prix de revient augmente, le prix de vente devrait augmenter légèrement pour compenser partiellement. Il faut le faire progressivement pour atteindre l'équilibre entre les charges et les recettes.
Il faut savoir aussi que le prix de l'eau reste parmi les plus faibles et les plus bas de la région. Je pense que la tarfication doit être révisée, il faut arriver un jour à la réalité des prix. Nous ne pouvons pas continuer à mettre sur le marché un prix de vente qui est inférieur à son prix de revient et mettre en difficulté l'entreprise.
Il faut dire que l'eau de la Sonede est une eau bradée. Il faut avoir conscience que c'est une ressource rare et précieuse. Nous sommes obligés de gérer les extrêmes, la rareté de l'eau et la disparité régionale dans les ressources en eau.
La qualité de l'eau potable est une question qui est très posée. Comment se fait le traitement de l'eau pour garantir cette qualité ?
L'eau potable est en relation avec la santé publique. Nous sommes tenus par la loi de respecter des normes en termes de qualité de l'eau, c'est-à-dire les caractéristiques physico-chimiques et qualités bactériologiques. Pour cela, il y a des normes. La Sonede dispose de laboratoires qui sont chargés de contrôler cette eau de manière systématique et quotidienne. A chaque point de production de l'eau, nous effectuons un suivi. Nous avons, au niveau de chaque district, un service sanitaire qui prélève les échantillons et les envoie au laboratoire pour les analyser.
Egalement, le ministère de la Santé est habilité à faire un contrôle inopiné sur les eaux de la Sonede. Nous sommes obligés de respecter les normes nationales et internationales.
Reste pour les qualités organo-liptiques, c'est-à-dire le goût de l'eau, ceci varie selon les régions et les sources de l'eau traitée. Les interventions au niveau du réseau peuvent aussi impacter la couleur de l'eau, mais c'est un changement ponctuel et nos équipes procèdent tout de suite à la désinfection des conduites.
Comment se fait l'intervention de la Sonede dans le milieu rural ?
A cause du manque de pluviométrie, les familles dans le milieu rural ont recours à l'eau potable pour l'irrigation et l'alimentation du bétail. Ce qui a représenté une pression supplémentaire sur le réseau d'eau potable et sur les GDA. Ce qui fait que les quantités d'eau ne suffisent plus et nous avons eu plusieurs réclamations. Mais je peux vous dire qu'elles ont concerné surtout les GDA qui ont des problèmes financiers. A titre d'exemple, notre dette envers eux est de 2,5 millions de dinars. Et ils ont également des dettes envers la Steg. Mais la situation n'est pas catastrophique, puisque le milieu rural est alimenté à hauteur de 93%. C'est un niveau assez élevé par rapport à d'autres pays.
D'ailleurs, nous avons mis en place un programme d'amélioration du taux de desserte en eau en milieu rural qui concerne les gouvernorats de Jendouba, Béja et Bizerte. La première phase a été engagée depuis sept ans. Le programme est en train d'être achevé au gouvernorat de Jendouba avec un coût de 85 millions de dinars pour ramener le niveau de desserte à 96% et toucher 200 mille habitants. A Béja, il commencera cette année avec un coût de 140 millions de dinars et touchera 130 mille habitants. A Bizerte également, cela concernera 175 mille habitants avec un coût de 170 millions de dinars.
Il est vrai que ces trois régions renferment la majorité des barrages de la Tunisie, mais étant donné que le relief est très difficile, il n'est pas facile d'atteindre les hauteurs.
Quels sont les projets en perspective à la Sonede pour améliorer davantage la qualité de service ?
Nous sommes en train de travailler sur un projet de restructuration de la Sonede. En juillet 2018, on fêtera le 50e anniversaire de la société. Nous sommes en train de revoir les structures actuelles et de préparer l'entreprise pour les 50 prochaines années. Il s'agit du renforcement de la présence de la Sonede dans les régions, suivant une politique de décentralisation pour se rapprocher des citoyens, améliorer la qualité de service, d'accueil et d'information. Nous sommes en train de mettre en place tout un système d'information commerciale qui va nous permettre une nouvelle approche dans le contact avec l'abonné pour rétablir la confiance avec le citoyen.
Ceci a un coût aussi. Pour comparer les moyens humains de la Sonede. Rappelons qu'en 2000, on comptait 1,5 million d'abonnés et 7.200 agents. Aujourd'hui, le nombre d'abonnés a progressé pour atteindre 2,8 millions contre une baisse du nombre d'agents, soit 6.500. De même, en 2000, la longueur du réseau était de 32 mille km. Actuellement, elle est de 53 mille km.
Il y a un manque de moyens financiers pour le recrutement, ne serait-ce que pour remplacer les départs à la retraite. Chaque année, nous avons entre 300 et 400 personnes qui partent à la retraite. Il faut les remplacer et prévoir l'extension de l'activité.


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