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Avons-nous confiance en l'avenir ?
ONU — Objectifs du développement durable (ODD) à l'horizon 2030
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 10 - 2017

Environ 321 mille Tunisiens vivent encore avec moins de 3 dinars par jour. 29% de nos concitoyens souffrent d'anémie et plus de 44 femmes pour 100 mille meurent de causes liées à la grossesse. Des indices qui font mal.
Avec tous ses torts et sagesses, l'Organisation des Nations unies (ONU) fête ses 72 ans. Justement, elle vient de célébrer, à travers la quasi-totalité de ses Etats membres, sa solennelle journée historique du 24 octobre, marquant ainsi son entrée effective en vigueur, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A l'instar du reste du monde, la Tunisie a été à ce rendez-vous communautaire. Sous nos cieux, l'événement fut marqué par la relance du débat déjà engagé, deux ans plus tôt, sur les fameux Objectifs du développement durable (ODD) en Tunisie, tels qu'ils ont été prévus par l'ONU, d'ici à l'horizon 2030.
Soit 12 ans encore pour venir à bout de nos problèmes universels, dirait-on : « Pas de pauvreté, zéro faim, bonne santé, éducation de qualité, infrastructure de bonne facture, économie prospère et solidaire.. ». Voilà, en partie, en quoi consistent les 17 ODD projetés sur l'avenir proche de l'humanité. Bref, vivre en paix dans un monde presque parfait ! Toutefois, ces lendemains meilleurs que chantent l'ONU et dans son sillage certains pays, aussi dogmatiques soient-ils, ne viendraient jamais si ce village planétaire, où nous vivons, n'avait pas tiré la leçon et unifié, étroitement, sa vision du monde. Et le Coordinateur Résident des Nations unies en Tunisie, Diego Zorilla, l'a bien dit, en allusion à l'éradication des conflits et l'apaisement des tensions, mais aussi à l'établissement d'un partenariat solidaire communautaire. Ce fut, toujours, l'appel des plus faibles qui bute, à chaque fois, contre le veto des plus forts. Au Conseil de sécurité, les résolutions onusiennes tombent du ciel, à tort et à travers. Une grande boîte noire où tout se fait et se défait sans pour autant broncher. Ainsi, se décide le destin des nations. Par grossièreté ou courtoisie, tout se joue en faveur des plus économiquement puissants. L'ordre mondial a changé, à coup sûr. Sur fond de tensions et de conflits partout! L'ONU a-t-elle encore sa raison d'être ?
Camps des ODD pour les jeunes
Et pour cause. Ces multiples ODD d'autant plus globaux que diversifiés semblent puiser dans l'utopie. Comment parvenir à les traduire au concret ? Lors d'un récent débat à l'ENA (Ecole nationale d'administration), intitulé « Objectifs du développement durable en Tunisie, en route vers 2030 », le représentant de l'ONU sous nos cieux, M. Zorilla, a évoqué le cas tunisien, où se fait sentir le besoin d'un partenariat efficace à ce niveau. Il a parlé d'un plan d'intervention dans 14 gouvernorats du pays, afin de sensibiliser et vulgariser davantage la portée des ODD à l'échelle locale. Ce faisant, l'ONU-Tunisie a lancé le 11 août dernier les « Camps des ODD », initiative visant à sonder le cœur des jeunes Tunisiens, les poussant à proposer des « solutions » concrètes au développement. Ils ont déjà commencé à avoir lieu, à Tunis, Bizerte, Gabes, Sidi Bouzid et à Siliana. Dimanche dernier, à Djerba, sur le thème « Paix, justice et institutions efficaces ». Et la caravane des Nations unies débarquera, bientôt, à Jendouba, puis à Béja.
Ces maux de la société !
L'ONU est certes animée de la volonté d'honorer, d'ici 12 ans, ses engagements envers une planète trop peuplée, mais l'on devrait s'interroger, dans ce sens, sur la prédisposition des pays à pouvoir faire mieux. Par quels moyens vont-ils être aidés ? Qu'en est-il de la Tunisie, son état des lieux actuel et ses indicateurs de développement? Statistiques à l'appui, près de 20% de Tunisiens sont déclarés relativement assez pauvres, toutes proportions gardées. Soit environ 321 mille personnes vivent encore avec moins de 3 dinars par jour. « La pauvreté touche beaucoup plus le milieu rural (26%) que celui urbain (10,1%) et varie considérablement entre les régions », révèlent les chiffres recueillis par des sources croisées dont principalement l'INS, départements ministériels, la Banque mondiale et d'autres organismes nationaux. Dans un pays comme le nôtre, basé sur l'agriculture, fournir à ses consommateurs une offre alimentaire suffisante n'est pas un privilège. Mais, la redistribuer équitablement, dans la logique de discrimination positive, demeure, alors, un enjeu de taille. Avec 29% de Tunisiens souffrant d'anémie contre 46% en surpoids, cette offre par habitant ou région accuse faille et irrégularité. C'est pourquoi, en Tunisie, la révision du système de subvention en vaut la chandelle. Eliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable est la deuxième ODD à atteindre localement.
Certes, une malnutrition causée par une extrême pauvreté a des répercussions sur la santé. Malgré certains progrès réalisés en matière de médecine, nos services de soins les plus rudimentaires font encore défaut. Il y en a, ici à titre d'exemple, autant des chiffres révélateurs : «Taux de mortalité des moins de 5 ans est de 19,4 pour mille, alors que plus de 44 femmes meurent de causes liées à la grossesse sur 100 mille naissances vivantes.. ». Une situation jugée inacceptable. S'y ajoute, entre autres, les frais faramineux des médicaments prescrits. A cet effet, l'ONU envisage, à l'horizon 2030, bien-être et bonne santé à tout âge. De même, l'école publique est ratée, étant en manque de qualité de pédagogie et de formation. L'on assiste, après la révolution, au phénomène d'abandon scolaire, à raison de 100 mille élèves chaque année. Autre chiffre éloquent, plus d'un million 700 mille analphabètes en Tunisie, dont deux tiers sont des femmes. Education et santé, deux secteurs clés sur lesquels Bourguiba avait beaucoup misé. Soixante ans déjà, pourquoi arrive-t-on à un tel stade du déclin ? Où est le mal ? Et les réformes sectorielles engagées à ce niveau seront-elles en mesure de reconquérir la confiance du Tunisien ? En ces termes, atteindre la barre des ODD n'est pas une sinécure.
Financement du développement
D'ici 2030, il y aura devant nous encore du chemin à parcourir. «Vu l'ampleur des défis posés, le besoin de l'ONU est aussi vital », souligne, par la même occasion, M. Sabri Bachtobji, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. Changer ainsi le monde serait-il possible ? De toute façon, indique-t-il, la Tunisie s'engage, de son côté, à réaliser les ODD. Et le responsable de faire valoir l'appui de l'ONU dans l'élaboration du plan de développement 2016-2020, visant à instaurer la justice sociale, réduire les inégalités et lutter contre la corruption. A l'en croire, le taux de pauvreté est à hauteur de 15%, un chiffre contradictoire par rapport à celui donné par l'INS. Même pas une donnée précise sur la base de laquelle on peut agir en connaissance de cause. Faudrait-il repenser notre approche de soutien social ? Surtout que le modèle national du développement, adopté depuis des années, n'a pas réussi à absorber le flux massif des demandeurs d'emploi. Pire, il n'a fait que creuser les disparités régionales. Aujourd'hui, on espère que la page sera tournée. Quelles alternatives ? « Il nous faut plus d'effort pour trouver des solutions appropriées à ces difficultés », préconise-t-il, en allusion à l'apport du partenariat public-privé (PPP).
« Il faut voir le verre à moitié plein », a affirmé Wided Bouchammaoui, présidente de l'Utica, dans la mesure où le secteur privé a toujours été aux côtés du gouvernement. Que représentent les ODD pour la centrale patronale? « On ne peut réaliser ces objectifs sans la participation du secteur privé », avoue-t-elle. Seulement, cet engagement devrait se traduire par des projets d'investissement régional. Aussi, tout cela serait-il suffisant pour aboutir au changement attendu par l'ONU? L'on ne doit aucunement occulter le rôle richement positif de la coopération internationale. « Avoir des financements au développement, c'est l'impératif de la Tunisie », résume M. Bachtobji, en conclusion.


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