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Le football a changé, quel doux euphémisme !
le football d'aujourd'hui est-il meilleur que le football d'avant
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2018

Les changements ont tout d'abord touché le milieu ambiant qui a beaucoup évolué. On venait au stade en famille, pour passer un bon après-midi. Aujourd'hui, on réfléchit à deux fois avant de se décider à aller au stade
Bien entendu, chaque génération a sa propre version du changement. Les «anciens» aiment bien se remémorer les chevauchées fantastiques des uns et les prouesses inoubliables des autres. Des noms sont souvent associés à ces époques : Diwa, Chaïbi, Majeri, Farzit, Ben Mrad, Bayari, Di Stéfano, Kopa, Muller, Pelé, Maradona, etc. mais une assurance demeure : le football d'antan n'est plus celui d'aujourd'hui et aussi bien au niveau du milieu ambiant que de la conception du jeu et des directives données par le personnel d'encadrement, les choses ont bien évolué. Devenu enjeu à tous les niveaux, le football qui occupait jadis les dimanches, sans peur du lendemain, mobilise de nos jours des capitaux considérables, des intérêts insoupçonnables. De sport au sens propre et noble du mot, il est devenu devant cette pression aux multiples visages un phénomène social difficilement maîtrisable. Les clubs de loisirs se sont transformés en d'impitoyables entreprises dressées à remporter des titres et à brasser des budgets faramineux. On ne peut en effet qu'enregistrer ces changements de comportement, aussi bien au niveau de la gestion de la « chose sportive » qu'à celui de l'aspect financier et économique dont le football s'est affublé pour changer les mœurs et introduire de nouvelles valeurs. Celles de l'argent et du profit, avec tout ce que cela comporte comme aléas et préjudices, notoriétés, prestige ou la disgrâce et l'oubli, pour les joueurs comme pour leurs pays d'origine ou d'adoption.
Un milieu ambiant exigeant
Les changements ont tout d'abord touché le milieu ambiant qui a beaucoup évolué. On venait au stade en famille, pour passer un bon après-midi. Aujourd'hui, on réfléchit à deux fois avant de se décider à aller au stade. Aussi bien au niveau de ce qui se passe à l'extérieur qu'à celui de l'ambiance qui règne dans l'enceinte ou sur le terrain, la situation n'est plus ce qu'elle était, surtout dans les stades qui, comme les nôtres, sont mal conçus, à la limite du praticable et approximativement protégés. Cette « évolution » s'est faite aussi bien vers le positif que vers le négatif. Les enjeux étant devenus très importants, le football, malheureusement politisé et devenu un levier d'influence, a poussé vers un extrémisme mauvais conseiller. Tout est motif pour la contestation et aux comportements irrespectueux envers l'éthique d'un sport de contact certes, mais qui enregistre de plus en plus d'agressions verbales et même physiques. Cela influe sur la qualité du jeu et soumet toutes les parties prenantes à de fortes tensions. Les joueurs évoluent devant des entraîneurs qui ont la peur au ventre. Le stress s'est surmultiplié. On sent les effets des muscles noués et de l'avenir hypothétique qui embrume les esprits. Les dettes qui s'amoncellent ne sont pas faites pour appeler à l'extériorisation des joueurs et même les plus valeureux se laissent tenter par les offres qui viennent d'ailleurs. Nous relevons que des joueurs tunisiens émigrent vers des destinations dont on ne parlait pas du tout il y a quelques années. Cela vaut mieux que l'incertitude et l'horizon bouché par l'incompétence des gestionnaires à tous les niveaux. Quant à l'attachement viscéral au maillot, n'en parlons plus.
Les entraîneurs : évoluer ou s'effacer
Presque seuls responsables à une certaine époque, les entraîneurs, qui ont rompu avec leurs tendances formatrices, se font de nos jours assister par des préparateurs physiques, un staff médical impressionnant, des adjoints, des observateurs en nombre, des moyens techniques et télévisuels pour mieux disséquer le jeu de l'adversaire et préparer la riposte ou la rencontre à venir. Ils ont tendance à multiplier les mises au vert et les stages de « préparation ». Exigeants, à la manière des fastfoods, ils répugnent à chercher les renforts au sein des catégories jeunes et demandent souvent des éléments prêts à l'usage pour combler un vide ou renforcer un compartiment de l'équipe. Condamnés à vaincre, face à un public menaçant, qui n'exige plus que les victoires et les titres, ils ont tendance à user jusqu'à la corde les meilleurs éléments, faute de pouvoir tenter de faire prévaloir leurs idées. L'arrivée d'une nouvelle génération de techniciens du cru a beaucoup influencé la mode qui prévalait avec l'appel à des entraîneurs étrangers.
Le public, un mal nécessaire
Considéré comme le douzième joueur, le public devient hélas un véritable handicap lorsqu'il se laisse aller à des débordements regrettables. Ces débordements mal contenus acheminent nos stades vers ce qui deviendrait des arènes aseptisées. Tout le monde est perdant et en premier lieu le footballeur qui n'hésite pas à suivre le public dans ses démonstrations de force, alors qu'il s'agit de son «métier». Un métier qu'il est tenu de respecter et d'honorer. Il n'en demeure pas moins que la présence d'un public dévoué, inventif et porté vers le seul encouragement de ses couleurs est un point positif. Le public tunisien passe parmi les plus actifs au monde et le souhait de tout puriste est bien de voir cette foule au service de son sport et de ses équipes favorites.
Les joueurs et leur évolution
Nous avons laissé pour la fin les joueurs car presque tout a changé. Du vénérable WM, avec des rôles bien définis et dans des espaces préalablement tracés, à la rigueur ce catenacio de Hélénio Heréra, bien de l'eau a coulé sous les ponts. Le football tunisien au contact visuel avec son homologue italien, grâce à l'avènement de la télévision et l'arrivée d'entraîneurs étrangers valeureux et disposés à inculquer leur savoir (Fabio, Nagy, Kristic, Gérard, Dietcha, et.) a remarquablement progressé techniquement et stratégiquement. Nos équipes passent parmi celles qui savent se tenir sur un terrain en se montrant disciplinées et sûres d'elles.
Le rôle des joueurs s'est également métamorphosé en fonction des besoins et des circonstances. C'est ainsi que les consignes des entraîneurs trouvent leurs applications directement sur les écrans de télévision qui diffusent les meilleures rencontres de la planète. Les analyses des techniciens de première qualité aident à saisir les nouvelles conceptions du football moderne. Le gardien de but n'est plus figé sur sa ligne. Le jeu plus rapide, plus direct a fait qu'il se transforme en véritable onzième joueur sachant parfaitement jouer des pieds et non pas seulement se contenter d'être un dernier rempart. Il est devenu plus technique, plus adroit, couvrant sa zone et capable de relancer le jeu plus rapidement. Il lit la stratégie de l'attaque adverse et corrige ou pallie les erreurs de ses camarades.
Les centraux ne sont plus ces « sentinelles » placées pour enrayer une attaque adverse ou la détruire. Ces joueurs sont maintenant plus techniques, capables de relancer proprement une attaque et même d'y participer. Cela demande des qualités qui ont accompagné la mutation dans ce football moderne où tout le monde défend et tout le monde attaque.
Les latéraux sont devenus des joueurs recherchés parce qu'offrant à leurs camarades des solutions supplémentaires en créant le surnombre. Ces latéraux volants font souvent la différence. On a relevé qu'en finale de la dernière Ligue des champions, le 3 juin 2017, le Real Madrid a conservé son titre en surclassant la Juventus 4-1. L'international brésilien du Real, Marcelo, avait touché le ballon à 90 reprises, c'était le record du jour. En finale de la dernière Coupe du monde, à Rio de Janeiro, l'Allemagne a battu l'Argentine 1-0 en prolongation. Le capitaine de la Mannschaft, Philipp Lahm, est le joueur le plus sollicité de la rencontre, avec 132 ballons joués. Pour illustrer ce changement, on retiendrait la déclaration d'un joueur qui a été champion du monde : « Dans le football, la difficulté, c'est d'être surprenant, et il n'y a pas mieux qu'un latéral pour créer la surprise», explique Bixente Lizarazu.
C'est tout dire et on comprend le poids qu'occupe Ali Maaloul au sein d'Al Ahly et de la sélection tunisienne.
L'attaquant de pointe, quant à lui, a évolué. Il s'intègre de plus en plus dans le jeu, au point de devenir une sorte de milieu offensif de plus. Lorsque son équipe perd la balle, il devient le premier défenseur. «La défense commence avec l'attaque, toujours. Si tu as des attaquants agressifs, qui ne laissent pas les défenseurs développer tranquillement leur jeu, tu peux défendre plus haut, récupérer le ballon plus près du but adverse et économiser du carburant», rappelle-t-on sans cesse pour donner plus de densité au jeu et bloquer au plus haut les velléités adverses.
Tout en fait a changé
Si nous prenons en compte les changements qui sont intervenus dans la gestion des clubs, la qualité du matériel d'entraînement et de compétition, les installations qui gagnent en espaces et en finition au niveau de la surface de jeu (pas chez nous malheureusement), tout est devenu « spécialisé » grâce au travail scientifiquement mené par des chercheurs recrutés et affectés pour ces tâches. Il y a des gants pour temps secs, temps humides, pluvieux, des crampons pour différentes hauteurs de gazons naturels ou artificiels, etc.
Les déplacements des équipes tiennent beaucoup plus d'une procession et l'équipement personnel des joueurs s'assimile à des défilés de mode. On ne se contente pas d'un hôtel convenable mais même si on croule sous les dettes et si on est menacé dans sa liberté on délivre un chèque sans provision pour loger dans des hors classe.
Les sponsors se bousculent, les chaînes de télévision se battent toutes griffes dehors pour bénéficier des droits de retransmission, même si le niveau est médiocre.
Le football n'a pas seulement changé, mais «l'opium des peuples» est en pleine révolution. Et cela n'est pas près de se terminer car les prochaines dispositions qui seront prises (modification de certaines règles, contrôle par vidéo, etc.) le rendront encore moins humain.
Reste l'aspect spectacle et là, il faudrait avouer qu'il n'est présent que dans les championnats où on se fixe beaucoup moins sur les gradins qui offrent d'affligeantes scènes de chasse à l'homme ou de sièges qui voltigent dans tous les sens, faute de rigueur et d'application stricte de la loi.


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