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Se libérer de la centralisation
ARP — LOI SUR LES METIERS ARTISTIQUES
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 01 - 2018

Les membres de la commission parlementaire de la jeunesse, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique se sont félicités de l'élaboration du projet de loi concernant le statut de l'artiste et les métiers artistiques mais ils ont été unanimes à relever que ce projet dans sa version actuelle est un projet qui consacre la centralisation culturelle et restreint la liberté de création, selon leurs propos.
Lors d'une séance tenue jeudi à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) au Bardo et consacrée à l'audition du ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zine El Abidine, au sujet de ce projet de loi, des membres de la commission parlementaire ont fait observer que ce projet est contraire au principe de la décentralisation culturelle, notamment dans son article 15 qui stipule que la création de commissions d'octroi de cartes professionnelles, leur composition et les modalités de leur gestion ainsi que la définition des types de cartes professionnelles et les conditions de leur octroi se font suivant des décisions émanant du ministre chargé des Affaires culturelles. Idem pour le deuxième paragraphe de l'article 20 en vertu duquel c'est le ministre des Affaires culturelles qui définit le type de contrats artistiques suivant la spécificité de chaque secteur artistique.
Dans ce contexte, la députée du mouvement Ennahdha Hayet Amri a souligné que le projet de loi dans sa version actuelle restreint la création dans tous les secteurs artistiques qui devraient être en principe libres. Elle considère que ce projet consacre la centralisation culturelle, ce qui est au contraire aux orientations générales de l'Etat qui penchent vers la décentralisation. Cet avis a été partagé par le député du même mouvement Mohamed Mahjoub qui a appelé à accorder plus de liberté aux créateurs en vue de garantir l'indépendance et la neutralité des commissions d'octroi des cartes professionnelles loin de l'ingérence du ministère, réaffirmant que la carte professionnelle doit être délivrée par les syndicats des artistes comme c'est la cas dans d'autres pays comme l'Egypte et le Liban.
La polémique autour de l'octroi de la carte professionnelle à l'artiste a été soulevée également par la députée du mouvement Nida Tounès Sabrine Goubantini qui s'est interrogée sur la formule d'octroi de la carte professionnelle dans le secteur des arts de la rue. Elle a, dans ce sens, relevé que ce projet de loi n'apporte pas de nouveautés en ce qui concerne les cartes et les commissions chargées de leur octroi. Elle a, par ailleurs, appelé à revoir les salaires des artistes professionnels et des créateurs amateurs et à définir les concepts concernant l'artiste et les métiers artistiques. L'élue a estimé que ce projet est un texte qui «condamne» les créateurs qui ne disposent pas de cartes professionnelles, selon ses dires. « Nous avons souhaité nous féliciter de ce projet de loi mais il s'est avéré que c'est un projet qui vient punir l'art au lieu de le libérer», a avancé de son côté la députée du bloc Al Horra du mouvement Machrou Tounès Houda Slim. Elle a, à cet égard, fait part de ses craintes de la politisation de l'action culturelle en faisant allusion à l'adhésion récemment du ministre des Affaires culturelles au mouvement Nida Tounès.
Par ailleurs, Houda Slim a mentionné les contradictions dans certains articles de ce projet, essentiellement dans les articles 15 et 20 qui sont contradictoires avec l'article 4 qui stipule que c'est l'Etat qui organise les métiers artistiques conformément aux principes de la liberté artistique et culturelle.
L'élu du mouvement Nida Tounès Imed Ouled Jebril a, quant à lui, proposé l'introduction d'autres métiers artistiques dans ce projet comme l'éducation et la mode, appelant à réviser ce projet qui, selon lui, ne résout pas le problème de la couverture sociale de l'artiste.
De son côté, l'élue du mouvement Ennahdha, Leïla Oueslati Bousleh a proposé d'introduire des articles ciblés au profit des artistes à besoins spécifiques. Elle a, d'autre part, formulé des critiques en ce qui concerne la non-association de la commission de la jeunesse, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique dans l'élaboration du texte du projet final.
La députée du bloc démocrate Rim Thairi a fermement critiqué le projet de loi, faisant part de son étonnement du retrait du premier chapitre dans la première version de ce projet autour duquel a été organisée une journée d'étude en août 2016. Elle a, par ailleurs, mentionné que les concepts tels que définis dans ce projet sont des concepts vagues, appelant à les revoir et à s'inspirer de l'expérience marocaine dans ce domaine.
Dans sa réponse aux interrogations et aux critiques formulées par les députés, le ministre des Affaires culturelles Mohamed Zine El Abidine a fait savoir que ce projet de loi est venu pour «rétablir l'ordre et organiser le contexte de la demande et de l'offre dans le secteur culturel».
En ce qui concerne la participation des associations et des organisations culturelles dans son élaboration, le ministre a répondu que le projet, dans sa première mouture, n'a pas répondu aux attentes de l'artiste tunisien, ajoutant que la coordination des associations culturelles créée par le producteur Habib Belhedi a présenté une proposition au sujet du statut de l'artiste mais le texte proposé, selon ses dires, est une sorte de copier-coller du statut de l'artiste marocain. Ce projet a été présenté dans un contexte général et ne cadre guère avec la situation artistique tunisienne», a-t-il expliqué.
Le ministère des Affaires culturelles, a-t-il ajouté, opère avec les différentes structures qui représentent les artistes mais le travail de chacune de ces instances les programmes et les conceptions sont tellement différents que nous avons opté pour que la décision finale soit prise par le ministère afin d'éviter d'éventuels conflits entre ces structures dont chacune se place la meilleure porte-parole dans son domaine.
Le ministre a mis l'accent sur l'importance d'associer toutes les parties concernées dans l'élaboration de la version finale du projet qui est, selon lui, un projet qui organise le secteur. Il a, dans ce sens, estimé que la loi protège les droits de l'artiste mais aussi engage ce dernier dans ses devoirs. Le ministère des Affaires culturelles, a-t-il précisé, a consulté plusieurs parties pour l'élaboration du projet dont le ministère des Affaires sociales et la présidence du gouvernement.


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