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Un engagement social et politique sans faille
La Presse Femme : Femmes et Mouvement national
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 10 - 2010


Par Mohamed Larbi SNOUSSI
La question de l'émancipation de la femme dans le monde arabo-musulman en général, en Tunisie en particulier, a été depuis longtemps au centre des débats et des préoccupations des réformateurs. Déjà dans ses «Mémoires», traduits par nos soins et publiés à Beït El-Hikma, en septembre 2008, Kheireddine Ettounsi évoquait comment la femme rurale pouvait, au temps de son vizirat, se déplacer en toute quiétude à travers le pays. Certes, il n'avait pas évoqué la nécessité de son éducation, mais d'autres après lui, comme Ibn Abi Dhiaf, Mohamed Ben Othman Snoussi, Abdelaziz Thaâlbi, Hassen Hosni Abdelwaheb, Sadok Zmerli, Othman Kaâk et tant d'autres avaient, à la fin du XIXe siècle et au cours des deux premières décennies du XXe siècle, insisté sur l'obligation d'inculquer à la femme les rudiments d'une éducation, religieuse certes, mais aussi profane, pour qu'elle puisse être une bonne mère de famille.
Il a fallu attendre 1924, avec Manoubia Ouertani, et 1929, avec Habiba Menchari, pour que la femme tunisienne puisse s'engager par elle-même dans la bataille de l'émancipation. Certes, les deux dames précitées avaient quelque peu enfoncé le clou, en réclamant l'abandon du voile, soutenues en cela par les socialistes. Ce qui avait provoqué un tollé général de la part de la gent masculine, estimant que l'émancipation de la femme par l'entremise des écoles françaises et l'occidentalisation de la société représentaient à l'époque une forme d'aliénation et un danger pour la personnalité arabo-musulmane du pays, à un moment où la vague de naturalisation des musulmans battait son plein. Même les néo-destouriens comme Habib Bourguiba, Tahar Sfar et Bahri Guiga, pourtant n'avaient pas soutenu cette initiative, la considérant comme une action prématurée. Cependant ils croyaient fermement au progrès, puisqu'ils avaient annoncé sur les colonnes de l'Etendard entre février et avril 1929 : «Est-ce à dire que pour maintenir notre individualité, il fallait repousser tout  progrès… l'évolution doit se faire, sinon c'est la mort. Elle se fera, mais sans cassure, sans rupture, de façon à maintenir dans le perpétuel devenir de notre personnalité une unité à travers le temps, susceptible d'être perçue à chaque moment par notre conscience. » Et d'ajouter, par ailleurs, que «voile, chéchia, etc. disparaîtront, plus tard, lorsque cette évolution sera le fruit de l'affirmation d'une personnalité qui changera de l'intérieur et non pour s'assimiler à une autre.» Bien plus, tous trois avaient collaboré à la rédaction de la première revue féminine tunisienne «Leïla», publiée entre 1936 et 1941.
Il faut noter que le livre de Tahar Haddad «Notre femme dans la société et la jurisprudence» fut également contesté, malgré son attachement aux valeurs islamiques, par l'institution religieuse, non seulement pour ses idées, mais, à notre sens, surtout pour la conjoncture dans laquelle avait paru le livre en octobre 1930.
Pourtant, un des amis de Haddad, en l'occurrence Hédi Laâbidi, avait appelé depuis 1928 les femmes à créer des associations propres à elles pour s'activer dans la société civile. Ainsi, dès les années 1931-1932 une «association caritative des femmes musulmanes» fit son apparition et organisa en février 1932 un gala pour collecter des fonds au profit des indigents, auquel avait assisté l'épouse du résident général, quelques princesses de la famille beylicale, Mme Fatma Guellati, l'épouse de Ali Bouhajeb, Najiba Ben Mrad et Wassila Ben Ammar. En juillet 1933, l'épouse de Othmen Kaâk donna, à l'occasion du Mouled, une conférence sur la vie du Prophète, à Sidi Bou Saïd, profitant de l'occasion pour évoquer la situation de la femme dans le monde arabo-musulman. Au cours de cette conférence, Bchira Ben Mrad, la fille du cheïkh hanéfite Mohamed Salah Ben Mrad, l'auteur du fameux livre en réponse à celui de Tahar Haddad, intervint pour évoquer la nécessité de la femme de s'approprier d'une forte éducation musulmane, afin de lutter auprès de l'homme pour la libération et l'émancipation aussi bien d'elle-même que de celle de son compagnon de vie.
Si l'action féminine était quelque peu restée au niveau de l'activité intellectuelle, en prenant part par exemple à la rédaction de la première revue féminine «Leïla», par le philanthrope, Mahmoud Zarrouk, comme ce fut le cas de Saïda Sahli et la première femme médecin Tawhida Ben Cheïkh, il n'en reste pas moins que l'événement majeur de ces temps était la constitution en mai 1936 de l'Union des femmes musulmanes de Tunisie. Cette union s'était trouvée dans une situation délicate, puisqu'au début de 1938, elle n'avait pas obtenu le visa, demandé par Bchira Ben Mrad, Sayda Karoui et Nabiha Ben Miled, l'épouse du docteur Ahmed Ben Miled. Cette union n'obtint son visa qu'en 1951 sous le gouvernement de Mohamed Chénik.
Il faut noter que cette union avait évolué dans un milieu zeitounien. Ses militantes, notamment Bchira Ben Mrad et ses sœurs Hamida et Najiba, étaient les filles du cheikh Mohamed Salah Ben Mrad, qui leur ouvrit les colonnes de son journal « Soleil de l'Islam » pour exprimer leurs idées. Outre les Ben Mrad et l'épouse du docteur Ben Miled, cette union, qui prit part aux manifestations d'avant le 9 avril 1938, notamment celles des 7 et 8 avril, réclamant un « Parlement tunisien », avait connu l'adhésion de Sarra Belkhouja, l'épouse de Haj Ali Belkhouja, l'enseignant à la Grande Mosquée, de Tawhida Ben Cheikh, de Badra Ben Mustapha Karoui, de Naïma Ben Salah, de Jalila Ben H'mida Mzali et de Mongia Ben Ezzeddine. Ensuite, cette union avait connu l'adhésion de Wassila Ben Ammar, Radhia Haddad, Bakhta Saddam et Souad Bourguiba. Malgré l'évolution de cette union dans un milieu zeitounien, ses adhérentes étaient en contact avec les Néo-destouriens comme Bahi Ladghem, Jallouli Farès, Hédi Nouira, Mohamed Belhassine, Sadok Mokaddem et d'autres encore.
Deux autres associations féminines virent le jour après la seconde guerre mondiale pour lutter contre le relâchement des mœurs découlant de cette guerre. Constituée à l'Ariana, comme filiale de l'Association de la jeunesse musulmane, cette association, qui prit le même programme que l'Union des femmes musulmanes de Tunisie, avait insisté sur l'éducation de la fille, organisant même des cours de lutte contre l'analphabétisme, créant une école rue Sarrajine pour les filles et même des crèches à Tunis et Hammam-Lif. Plusieurs femmes prirent part à son activité. On cite Souad Khattach, épouse du Cheikh Mohamed Salah Naïfer, Hajja Dorra Belkhouja, Chérifa Bennani, Zohra Bouhajeb, Zeïneb Miladi, Leïla Hajjouj, Chérifa Ben Othmen, Zeïneb Jaziri Mamlouk et Sarra Belkadhi.
L'autre association était le Club des jeunes filles tunisiennes, fondé en 1954, quoique certaines de ses membres aient publié quelques articles, depuis déjà 1950, sur les colonnes du journal « Voix de l'Etudiant zeitounien», avant de publier leur propre revue «Ilham» en mars 1955. On cite parmi les membres constitutifs de ce club Tawhida Farhat, Safia Ali, Zeineb Ouertani, Fatma Ben Ali, Hasna Tarzi, Ouadiaa Lassoued et Hayet Khémiri.
Les femmes tunisiennes ne s'étaient pas contentées de cette activité. Elles avaient pris part à plusieurs manifestations, notamment celles d'avant le 9 avril 1938, ou lors de l'arrivée d'Eric Labonne le 22 novembre 1938 ou de Daladier en janvier 1939 ou au cours de la lutte armée entre 1952 et 1954 où elles avaient aidé les Fellagas dans leur approvisionnement.
Toutefois, une fois l'indépendance acquise en 1956, et avec la promulgation du Code du statut personnel, toutes ces associations se fondirent dans l'Union nationale des femmes de Tunisie.


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