Le ministère des Collectivités locales de l'Environnement a du pain sur la planche Le ministre des Collectivités locales et de l'Environnement a effectué récemment une visite de travail et d'inspection dans les régions du Nord-Ouest et cela dans le cadre d'une action de sensibilisation qui s'étendra, assure-t-on au ministère, aux autres gouvernorats du pays. Et c'est très bien, car pour espérer mettre le doigt sur la plaie ou au final pour aspirer à la perfection, rien ne vaut les visites sur le terrain. Là où la bureaucratie, talon d'Achille de l'administration, ne peut que baisser pavillon. En effet, en allant sur le théâtre des opérations, un ministre ou un responsable régional a toute latitude de détecter, de visu, des insuffisances que les rapports qui lui parviennent omettent souvent de signaler. En allant au contact des habitants, il découvre parfois des choses incroyables ou du moins rarement abordées par les médias et la Toile. C'est pourquoi depuis Bourguiba jusqu'à nos jours, il nous a été donné de constater que tant de visites inopinées ont coûté leurs postes à tant de ministres, de gouverneurs, de maires, de PDG et de responsables de divers départements. Suivi et fermeté Le ministre des Collectivités locales et de l'Environnement l'a donc, heureusement, compris en sortant enfin son... bâton de pélerin. Il était temps, empressons-nous d'écrire, car c'est justement durant la saison estivale, période de tous les abus par excellence, que la pression devient plus grande sur les municipalités. En effet, celles-ci face à l'obligation du résultat voient leur calvaire quotidien redoubler d'intensité et d'ampleur. La chaleur suffocante aidant, leur terrain d'intervention s'épaissit largement pour toucher les volets oubliés de l'hiver : la plage et la lutte contre l'invasion des moustiques. Ici et là, pas question de baisser la garde au risque de gâcher la fête et des estivants et des accros des veillées estivales. En parallèle, il va falloir gérer la masse des ordures ménagères et des détritus à enlever tous les jours. Or, dans ces trois domaines, le «manque à gagner» est, hélas, remarquable : plages non nettoyées, moustiques en roue libre et que de tonnes d'ordures jalonnant les rues et ruelles des villes ! S'il est établi que des municipalités ne jouent pas à fond leur rôle en matière de propreté et que d'autres invoquent un manque de moyens et d'effectifs paralysant, nous considérons que la balle est plutôt dans le camp dudit ministère. Celui-là même qui, en sa qualité de patron de tous les maires, est comme le berger qui veille, les yeux grands ouverts, sur son troupeau. Et cela en assurant un suivi de tous les jours au fonctionnement des municipalités. Le suivi génère inéluctablement deux effets positifs : l'un est purement dissuasif, dans la mesure où chaque président d'une commune est conscient qu'il y a bel et bien un empêcheur de danser en rond et qu'il a, par conséquent, des comptes à rendre à ses supérieurs. L'autre effet est non moins bénéfique, à travers la fourniture, par la tutelle, des moyens tant matériels qu'humains, susceptibles de combler le manque qui handicape une mairie dans l'accomplissement de sa tâche. Et c'est d'autant plus vrai que tant de municipalités sont mal loties, parce que souffrant de moult carences et insuffisances qui ne leur permettent guère d'atteindre leurs objectifs multidimensionnels. A-t-on le droit d'être exigeant avec une municipalité si celle-ci n'est pas, par exemple, dotée d'un parc roulant en bonne et due forme pour la collecte des ordures ménagères et l'entretien des chaussées, des trottoirs et de l'éclairage public? Non bien sûr. Que peut-on attendre d'une autre mairie qui n'a pas de compétences et de personnel en nombre suffisant? Rien, absolument rien. Faut-il espérer un miracle d'une municipalité à la caisse désespérément vide? Que nenni. Autant dire que, à ce sujet, le ministère concerné a du pain sur la planche et ne doit donc pas lésiner sur les moyens, à l'heure où, de surcroît, toutes les communes du pays, ou presque, connaissent une expansion démographique continue. Cependant, ledit ministère doit opter pour le donnant-donnant, en exigeant des résultats à toute mairie ayant bénéficié d'aides et vu ses demandes satisfaites. En cas de «déception», un seul remède : la fermeté. Et là, convenons-en, tous les moyens sont bons pour espérer faire mieux.