Yassir en liquidation en France : quand l'Europe freine les ambitions des start-up nord-africaines    Epson: Innovation, stratégie globale et avenir de l'impression durable    La Tunisie, premier investisseur africain en France, en nombre de projets    Pluies record en Tunisie : Korba et Aïn Draham sous les précipitations    Huile d'olive : prix garanti à 10,200 Dinars/kg pour tous    Météo en Tunisie : temps froid, chutes des neiges aux hauteurs ouest    Eau en Tunisie : 159 alertes citoyennes en décembre, Sfax et Gafsa en tête    Vignette en ligne : taxe transport pro et poids lourds, payez ici    Moez Hassen signe au Red Star pour la Ligue 2    Algérie – RDC : diffusion et chaînes pour suivre le match en direct    Commémoration ce vendredi au CNOM du 40ème jour du décès de Dr Mounira Masmoudi Nabli    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    Tunisie : une dépression venue d'Algérie va-t-elle plonger le pays dans le froid et la pluie ?    LEGO Smart Play : La brique intelligente ou Smart Brick qui révolutionne le jeu au CES 2026    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Météo en Tunisie : Pluies éparses sur les régions du nord    L'ATCT organise des ateliers de formation pour les personnes voulant trouver un emploi à l'étranger    Logement étudiant à tunis : focus sur les projets du quartier universitaire ras tabia    E-consulat : un nouveau service numérique pour les Tunisiens au Japon    Kaïs Saïed réaffirme le rôle clé des médias publics et la liberté de la presse en Tunisie    Investir en Tunisie: une nouvelle donne    CAN : l'analyse de Mouaouia Kadri sur le parcours de la Tunisie et l'absence d'un buteur décisif    Le ministère de l'Environnement accélère la numérisation des services de délivrance des autorisations    Béja : secousse tellurique de 4,3 ressentie    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Film Belles de Nuit de Khedija Lemkecher : le chant des sirènes qui relate le mirage de la migration    SOS Villages d'Enfants Tunisie : plus de 8700 personnes ont bénéficié des services de l'association en 2025    Combien coûte le jogging de Maduro ? Le prix qui surprend    L'Ecole de Tunis (1949): modernité picturale, pluralisme culturel et décolonisation du regard    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Examen civique en Europe : ce que les Tunisiens doivent savoir sur les nouvelles règles    CAN 2025 : Egypte-Bénin, horaire et diffusion TV du huitième de finale ce lundi    Chaos dans le ciel grec : tous les vols suspendus    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Prix littéraires: une moisson à améliorer (Album photos)    FILT 2026 : candidatures ouvertes aux Prix de la Créativité littéraire et aux Prix de l'Edition jusqu'à fin janvier    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Zahran Mamdani prête serment sur le Coran et entre dans l'histoire de New York    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Signature de cinq accords tuniso-saoudiens à Riyad    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Gare à l'accoutumance !
La Presse Jeunes : Parlons-en - Jeunes et dépendance au téléphone mobile
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 11 - 2010

Aujourd'hui, les moyens de communication modernes semblent plus disponibles et plus faciles à gérer. En effet, le domaine du high-tech ne cesse d'évoluer et rien n'indique un ralentissement du rythme d'apparition de nouveaux services et de nouvelles technologies.
D'ailleurs, dans les espaces publics dont les lycées et les universités, on voit de plus en plus de jeunes utiliser leurs PC connectés à Internet ou encore porter à leurs oreilles l'un des appareils électroniques les plus populaires de notre époque : le téléphone portable.
A ce propos, en dix ans à peine, les téléphones mobiles sont passés d'une version mobile du téléphone traditionnel à un appareil s'apparentant davantage à un PDA (personal digital assistant) avec musique, TV et fonctions intégrées. Il est fort à parier que dans un avenir proche, les téléphones mobiles offriront aux clients et particulièrement aux jeunes de nombreux autres services qui ne sont actuellement disponibles que sur les ordinateurs et internet.
Les jeunes et la téléphonie
«Les enfants sont en pleine adolescence, quand ils entament des tas de choses qu'ils n'arrivent jamais à terminer, entre autres, les coups de téléphone à leurs amis», affirment souvent, les parents. En fait, la communication numérique, la messagerie instantanée, les SMS, en passant par les appels vocaux, ont révolutionné la façon dont les jeunes communiquent entre eux, dans la mesure où ils sont devenus leur moyen de correspondance préféré et les a rapprochés, grâce aux possibilités de connectivité toujours plus perfectionnées et présentes.
D'après une étude à prendre au sérieux, réalisée par MTV Networks et Microsoft, les jeunes ont en moyenne 94 numéros de téléphone dans leur répertoire et 78 contacts dans leur messagerie instantanée. Mais si l'immersion dans les technologies est à peu près au même niveau, quels que soient les pays, les usages diffèrent nettement. Les jeunes Japonais, par exemple, qui ont un usage de leur mobile plus élevé que la moyenne, ont peu d'amis en ligne et sont ceux qui utilisent le moins la messagerie instantanée. Tout le contraire des jeunes Chinois qui utilisent peu leur mobile pour parler, mais sont très friands de messagerie instantanée. 93% des 8-14 ans qui ont répondu à cette étude ont au moins un ami on line qu'ils n'ont jamais rencontré.
Le climat aussi influe sur les usages: en Tunisie, comme en Italie, au Brésil ou en Australie, par exemple, où les activités de plein air sont fréquentes, on utilise plus son téléphone mobile pour organiser ses rendez-vous, se rencontrer, flirter et prendre des photos entre amis.
Par ailleurs, les jeunes, partout dans le monde, sont devenus très branchés côté high-tech, dans la mesure où ils n'utilisent plus le téléphone portable pour communiquer ou partager des photos seulement, mais ils sont toujours à la page et très impressionnés par les produits inédits qui leur offrent des services très sophistiqués.
Le groupe informatique américain Microsoft a, dans ce sens, dévoilé récemment un nouveau téléphone, spécialement destiné aux jeunes amateurs de réseaux sociaux, allant des adolescents aux trentenaires, emboîtant ainsi le pas à Google qui a déjà lancé un téléphone portant son identité.
Cerise sur le gâteau, on a composé dernièrement aux Etats-Unis une sonnerie de téléphone réservée aux jeunes ! En effet, ces derniers, étant consommateurs effrénés de téléphonie mobile, peuvent désormais télécharger une nouvelle sonnerie sur leur mobile leur permettant d'être appelés n'importe où, n'importe quand : que ce soit à l'école en pleine classe, dans un restaurant ou dans leur chambre, sans que leur entourage n'entende quoi que ce soit !
En fait, il n'y a aucune magie. Il faut simplement savoir que notre oreille est comme le reste de notre corps, elle prend de l'âge, tant qu'elle est jeune, elle entend des sons à haute fréquence qu'elle ne percevra plus au fur et à mesure qu'elle vieillira.
Alors là le secteur de téléphonie est en harmonie plus que jamais avec ses jeunes utilisateurs !
Pourquoi la dépendance ?
Il est pratiquement impossible qu'un jeune de 16 ans débranche son téléphone. En effet, la servitude, c'est ça le téléphone. Il sonne : tu accours, ou bien tu n'accours pas, mais tu te ronges les ongles de regrets ou de curiosité insatisfaite. Il est avéré que lorsqu'on est jeune, on a besoin d'entretenir des relations interpersonnelles. Ceci permet de s'enrichir, de communiquer, de s'ouvrir sur d'autres horizons et de gagner de l'expérience; ce qui fait que le téléphone n'est pas du tout un objet comme les autres, dans la mesure où il permet aux jeunes d'avoir leur autonomie.
On observe clairement que la famille contemporaine se caractérise par l'autonomisation et l'individualisation de chacun de ses membres. Certes, elle reste un support indispensable à la construction, mais parallèlement, une revendication grandissante se développe, de la part de chacun, à partir de son identité, de son soi seul, en dehors du groupe familial.
Le téléphone portable vient, dans ce cas, renforcer cette identité puisqu' il permet effectivement aux jeunes l'accès direct à leur sociabilité personnelle, sans avoir à passer par le fixe du foyer qui reste un appareil collectif. Du coup, cet objet devient indispensable pour les jeunes, il n'est jamais éteint et il est regardé en permanence et de façon quasi réflexe. Il est aussi un objet d'échange, dans la mesure où tous les jeunes connaissent le type d'appareil de leurs amis proches, les forfaits auxquels ils ont droit, etc.
Ainsi, le téléphone mobile peut favoriser cette autonomie et cette expression identitaire, notamment via les messages, relevant tant du registre émotionnel que ludique.
On peut, en effet, à n'importe quel moment et sans contrainte sociale, tout dire, des bêtises, des choses sans importance et même exprimer des mots doux que l'on n'arriverait pas à formuler «en direct".
De surcroît, le portable est un moyen de se jouer des interdits émanant de l'institution scolaire. Il est facile, moyennant quelques ruses, de rédiger, par exemple, des messages pendant les cours, pour juguler l'ennui et communiquer avec les amis, etc. Ainsi, les messages favorisent l'expression identitaire tant individuelle que sociale et font du téléphone portable un véritable objet d'échange facilitant l'identification et la reconnaissance au sein du groupe.
Affirmant que la vie sociale constitue donc la «priorité» des jeunes, et étant donné que la téléphonie mobile semble être l'outil idéal favorisant la communication entre eux, les opérateurs téléphoniques essaient d'en profiter, parfois, exagérément. Ils voient en ce public une cible parfaite pour faire mousser leurs ventes.
Touchant essentiellement les jeunes de 18-35 ans, une population équipée à plus de 95 % en téléphones mobiles, ces compagnies s'inscrivent dans une logique marketing de niche, dans la mesure où elles présentent des offres très segmentées et très segmentantes. En Europe, par exemple, NRJ et M6 viennent d'entrer sur le marché des opérateurs mobiles virtuels.
Ils veulent séduire les jeunes, grâce à des contenus musicaux; avec l'entrée de ces deux grandes marques, le marché de la téléphonie mobile s'emballe. En Tunisie aussi, grâce à des prix imbattables, des options, des bonus weekend offerts, etc. les opérateurs de téléphonie affirment leur vocation «jeunes» et on peut même dire qu'une énorme partie de leurs communications est basée sur ce postulat.
Il faut donc l'admettre, les campagnes publicitaires initiées par les opérateurs téléphoniques nationaux et internationaux ont tout pour attirer cette clientèle influençable.
Des couleurs attrayantes, des slogans simples mais évocateurs, des offres irrésistibles, mais surtout un langage familier, sont utilisés pour cibler une jeunesse qui n'a peut-être pas conscience des frais que peut occasionner l'utilisation d'un cellulaire.
Le téléphone est-il finalement un vrai ami pour les jeunes ?
«Le téléphone est un outil qui nuit beaucoup à la communication. Grâce au téléphone, on a de moins en moins besoin de se parler», affirment des psychologues et des spécialistes. Effectivement, à cause du contact virtuel, les jeunes s'enferment de plus en plus, ne communiquent pas assez avec leurs familles, et ils trouvent des difficultés énormes à s'exprimer en direct dans leur quotidien.
Ainsi, cet objet d'autonomie devient une entrave à la construction de soi. En outre, il faut se méfier des offres alléchantes, notamment des appels illimités. En effet, les opérateurs concurrents exploitent le créneau de l'illimité sur les SMS et les appels vocaux, notamment. Mais les conditions sont toujours assez restrictives. Au final, l'illimité semble... plutôt limité.
Autrement dit, l'illimité s'avère un concept très marketing, dont le but est de réaliser une acquisition-client rapide. Mais comme ces offres entraînent une très importante augmentation de la consommation, les opérateurs doivent appliquer des restrictions.
Sans oublier que l'usage illimité des SMS et appels vocaux peut avoir un très mauvais effet sur les élèves et les étudiants qui ont besoin d'une concentration absolue pendant les cours et la préparation des examens.
Finalement, le téléphone est, comme il est dit, «la pire des commodités et le plus pratique des fléaux». Il faut donc porter un œil perspicace sur la manière dont les jeunes l'utilisent, sachant que ce petit objet, devenu «fétiche», peut être un bon ami, si on sait profiter de ses multiples services ainsi que des forfaits qu'offrent les opérateurs. Il faut surtout éviter les accrocs, le piège de la dépendance et des excès.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.