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Interview de Sihem Ben Sedrine, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (Cnlt) : Célébrer la femme dans une Tunisie libre
Centième anniversaire de la Journée internationale de la femme
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 03 - 2011

On célèbre aujourd'hui la Journée internationale de la femme. Cet événement constitue encore une fois l'occasion permettant chaque année de se remémorer les acquis qui ont été réalisés au profit de cette dernière. Mais, cette année cette célébration revêtira un goût bien particulier dans la mesure où elle se déroulera dans une Tunisie enfin libérée de ses chaînes. Mme Sihem Ben Sedrine, porte-parole du Conseil national des libertés pour la Tunise et figure du militantisme féminin, a bien voulu nous accorder une interview.
Que représente pour vous la Journée internationale de la femme ?
Cela me rappelle de vieux souvenirs et me ramène à la fin des années soixante-dix. Le Club Tahar-Haddad avait décidé de célébrer la journée internationale de la femme.
Les associations proches du gouvernement de l'époque s'étaient, alors, vivement opposées à cette initiative, prenant très mal le fait qu'on célèbre le 8 mars, en prétextant que la seule journée que l'on se devait de célébrer était celle du 13 août, Journée nationale de la femme. De son côté, la gauche voyait également d'un œil circonspect le fait que nous célébrions cette journée, arguant que cette initiative était un moyen de détourner l'attention du régime despotique et de dévier le débat contre ce régime. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Ben Ali avait récupéré cette journée comme un moyen parmi tant d'autres lui servant à rappeler et à célébrer les acquis réalisés au profit de la femme sous son régime. Quant à Leïla Ben Ali, elle a tout simplement interdit aux ONG indépendantes de célébrer cette journée dans des espaces publics. Après vingt-trois ans de répression, l'Association des femmes démocrates va pouvoir célébrer cet événement. L'Atfd compte, d'ailleurs, organiser une conférence de presse au Club Tahar-Haddad. Ce sera la première journée de la femme célébrée dans une Tunisie libre.
Dans quelle mesure la femme a-t-elle contribué à la révolution tunisienne ?
La femme a joué le même rôle que l'homme. Elle a été autant que ce dernier un acteur de la révolution, en mettant au service de cette dernière son âme, sa voix et sa force. Elles ont été des meneuses aussi bien sur le terrain que sur les réseaux sociaux. Il y a eu des martyrs femmes. Elles ont payé le tribut de cette révolution en balles, coups, blessures et viols….Par conséquent, personne ne peut nier à la femme sa contribution ni remettre en question son droit à dire son mot et à poser sa pierre dans la construction de la Tunisie démocratique où elle doit jouer son rôle de citoyenne en contribuant tout aussi bien que l'homme à la prise de décision
Vous êtes un symbole du militantisme féminin. Votre parcours a été une éternelle lutte pour le respect des droits de l'homme. Quels sont les valeurs et les principes qui ont animé ce combat et quelles sont les embûches que vous avez rencontrées ?
Quand j'étais jeune, je voulais prouver que la femme pouvait faire autant de choses que l'homme, qu'elle était dotée de la même intelligence et des mêmes compétences et qu'elle pouvait mener le même combat que celui de l'homme. J'étais portée par ce défi et je me suis battue à contre-courant, contre une mentalité qui avait tendance à considérer que la femme était inférieure à l'homme. Sous Ben Ali, on a tout fait pour étouffer ma voix et réprimer ma lutte pour l'égalité entre les hommes et les femmes. La chose que j'ai comprise est que Ben Ali est un despote misogyne qui n'admettait pas que son adversaire soit une femme, contrairement à la propagande de féminisme d'Etat qu'il affichait. J'ai partagé avec mes amis hommes la barbarie de la machine policière. En sus de cela, nous les femmes militantes faisions l'objet de campagnes calomnieuses qui nous avaient profondément touchées dans notre honneur et notre dignité. Mais, heureusement, des personnes nous avaient apporté leur soutien et nous avions reçu beaucoup de messages de sympathie.
Depuis l'Indépendance, la femme a pu bénéficier de nombreux acquis. Pensez-vous qu'il puisse y avoir un jour un possible retour en arrière pour certains d'entre eux ?
La femme est aujourd'hui le garant du respect et de l'aspect irréversible des acquis réalisés à son profit. Elle ne laissera aucun gouvernement, aucun parti ni aucune mouvance lui confisquer sa dignité humaine.
Que pensez-vous de la décision prise de dissoudre la police politique ?
Mon histoire avec la police politique a commencé en 1992 et s'est poursuivie jusqu'aux premiers jours qui ont suivi la Révolution. Le lendemain du 14 janvier, ils ont continué à bloquer mes mails et à pirater mon skype et mon Facebook. La première semaine, j'avais pu contacter RSF pour obtenir un émetteur radio. Mais ma demande n'a pas pu aboutir. J'étais tout le temps mise sur écoute téléphonique et je les retrouvais sur les lieux de mes rendez-vous. Aujourd'hui, je suis ravie. Je considère que la dissolution de la police politique est une décision historique. C'est cette police qui a mené les campagnes de calomnie contre nous. C'est cette même police qui a procédé à des montages pornographiques, qui a pratiqué de la désinformation et qui est derrière la torture que nous avons subie. C'est elle aussi qui menaçait de représailles nos enfants. Mais cette police politique habituée à obtenir des privilèges, notamment de la part de membres de l'ancien parti au pouvoir, ne va pas accepter aussi facilement cette mise à l'écart et va continuer à agir. Nous devons rester vigilants et l'empêcher de nuire.. Par ailleurs, il faut penser à réhabiliter une partie de la police en lui apprenant le respect du citoyen. Nous pouvons apporter notre appui au ministère de l'Intérieur , afin que la police despotique se transforme en une police républicaine au service du citoyen.


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