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La réclamation des hausses de salaires, une inconscience
Analyses
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 03 - 2011


Par Sonia EL KHADI(Universitaire)
Les salariés profitent-ils vraiment de la révolution? Globalement oui et c'est l'un de leurs objectifs. Depuis la révolution, il règne malheureusement dans notre pays un esprit de grèves alarmant et on réclame de tous côtés, à cor et à cri, des hausses de salaires. En effet, avec la révolution, l'impatience grandit sur le terrain des emplois et la pression en faveur de hausses de salaires s'accroît. Faut-il rappeler que cette révolution a été menée en grande partie par des chômeurs et c'est naturellement vers eux qu'il faut faire preuve d'une grande attention. Même si, dans certains cas, les revendications sont tout à fait compréhensibles, les réclamer aujourd'hui relève davantage de l'inconscience, voire de l'égoïsme, même si, une fois de plus, les frustrations accumulées depuis tant d'années justifient l'impatience des salariés. Toutefois, dans un contexte marqué par la révolution et le ralentissement de l'économie, les entreprises ne disposent pas vraiment de trésor caché. De plus, donner la priorité au pouvoir d'achat impliquerait de renoncer à enrichir la croissance en emplois. Le rythme de réduction du chômage n'en serait que plus lent.
Certains se plaisent à penser qu'une hausse des salaires stimulerait la consommation et la demande interne. Mais ne nous y trompons pas. Dans le contexte actuel, une telle hausse des salaires ne produirait aucune stimulation sur la croissance. Tout simplement parce que ce qui sera distribué aux salariés devra être prélevé ailleurs. Si les entreprises n'en supportent pas intégralement la charge, l'Etat devra assurer le financement de cette mesure en réduisant ses dépenses, en augmentant les impôts ou en laissant filer un peu plus le déficit budgétaire. Penser que faire de la redistribution à travers les salaires permettra de relancer la consommation est une erreur économique de taille, surtout lorsqu'on importe une grande partie des biens consommés. Toute hausse du coût horaire risque d'exercer des effets destructeurs sur la demande d'emploi.
La hausse du salaire aura un impact négatif sur l'emploi et serait un frein à l'embauche
Naturellement, et dans le cadre d'un marché en concurrence parfaite privé de toute imperfection, toute hausse de salaire, en obligeant les employeurs à payer certains salariés au-delà de leur productivité marginale, priverait ces derniers de toute chance de trouver un emploi puisqu'il serait absurde pour un employeur de payer un salarié plus que ce qu'il ne rapporte. Moralité : la hausse du salaire crée forcément du chômage car, à chaque hausse, un certain nombre de travailleurs deviennent, ceteris paribus, inemployables au salaire en vigueur.
Si l'augmentation des salaires n'est pas intégralement compensée par des aides publiques, le coût du travail sera alourdi et cela réduira l'emploi des personnes qui ont déjà le plus de mal à s'insérer sur le marché du travail. Or, dans une entreprise, les hausses de salaires exercent des effets majeurs sur la distribution des autres salaires et sur les coûts salariaux. Là encore, c'est un alourdissement du coût du travail qui hypothèque la lutte contre le chômage. Au total, augmenter le salaire n'est donc ni une bonne idée pour faire de la redistribution, ni pour créer de l'emploi. De plus, l'état de notre marché du travail ne laisse pas présager une envolée des rémunérations.
Le bon sens économique voudrait que les salariés soient rémunérés en fonction de leur productivité. Les entreprises n'ont pas pour objectif de faire du social mais ont pour fonction de créer de la richesse et donc de l'emploi tout en réalisant des bénéfices. La justice sociale relève du rôle de l'Etat et c'est à lui, s'il le juge opportun, de compenser de façon directe la différence entre le salaire minimum et le niveau de revenus considéré comme nécessaire pour vivre décemment.
Si on veut opérer une redistribution des richesses, ce qui est parfois légitime, cela ne devrait pas se faire à travers les salaires. La fiscalité est l'instrument adéquat et elle a l'énorme avantage de ne pas interférer sur le coût du travail. Si l'Etat estime qu'il peut le permettre, c'est dans cette voie qu'il faudrait aller afin de ne pas affecter davantage le marché du travail. N'oublions pas que l'objectif affiché doit être la lutte contre le chômage.
La progression des salaires ne peut se justifier que d'un point de vue du partage de la valeur ajoutée. Et de ce point de vue, un rééquilibrage en faveur des salariés semble souhaitable sans oublier que les profits sont aussi une source de financement de la croissance. Le rééquilibrage du partage entre capital et travail ne peut suffire à une amélioration durable des salaires. A long terme, seuls les gains de productivité peuvent permettre une élévation du niveau de vie et il est souhaitable que des mécanismes sociaux veillent à assurer une juste redistribution.
La hausse des salaires affectera notre compétitivité
Il est de notre devoir aujourd'hui de créer les conditions pour que les entreprises puissent exporter davantage, augmenter leurs marges, investir, embaucher et in fine augmenter les salaires. Une augmentation immédiate des salaires renchérirait donc les coûts de production des entreprises et réduirait, par ricochet, la compétitivité-coût de nos entreprises. Il va donc sans dire qu'une augmentation des salaires n'est possible que si on est capable d'augmenter la productivité de notre économie. C'est une condition sine qua non. Mais aujourd'hui, reconnaissons-le, notre productivité est très faible et toute hausse des salaires pourrait amplifier le risque inflationniste dans un contexte de forte et rapide hausse des prix de l'énergie et des matières premières agricoles.
Les différences de salaire doivent refléter, dans une certaine mesure, la contribution plus ou moins importante de chacun à la production, ou la rareté plus ou moins grande des diverses qualifications. Dans le jargon des économistes, on dit que le salaire est égal à la productivité marginale du travail. Toute augmentation du prix du travail est un facteur de productivité. Mieux payés, les salariés doivent être plus efficaces et mieux organisés. Dans le secteur public, sous la contrainte des déficits budgétaires, un coup de pouce suppose de réaliser en même temps des réformes de structure. Davantage que le salaire horaire, c'est la quantité de travail qu'il faut augmenter en permettant aux actifs de travailler plus.
Aujourd'hui, et au-delà de la nécessité de retrouver une croissance plus soutenue, l'un des enjeux essentiels pour notre pays consiste à enrichir le contenu de la croissance en emploi. Contrairement aux revendications, une modération des salaires pour gagner en compétitivité pourrait être dans un premier temps une solution convenable.


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