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La cause est en nous
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 05 - 2011


Par Khaled TEBOURBI
Farhat Errajhi a lâché sa «bombe». Le premier ministre a démenti. De ce côté, comme de l'autre, on n'a rien prouvé.
Ma parole contre la tienne, voilà tout.
La vérité, avec ou sans la «bombe» d'Errajhi, est que le pays est sens dessus dessous. Un peu plus, un peu moins, où est la différence ? Ce qu'il faut maintenant, alors que nous frôlons le pire, c'est que, tous ensemble, gouvernement, partis, société civile, citoyens, cherchons à comprendre les vraies causes pour trouver les vraies solutions.
Pour expliquer la gabegie générale, on s'en tient, jusqu'ici, à deux ou trois thèses communes.
On met tout sur le compte du «naturel désordre révolutionnaire». Une marmite en ébullition dont on a levé le couvercle. Compression, libération. Quand les frustrations se seront tues, la vie reprendra son cours. Explication optimiste, «fataliste», chère aux élites pensantes et, tout particulièrement, aux historiens.
A défaut, on se rabat sur l'argument de la contre-révolution. Les «RCdéistes» restent à l'affût. Ennemis de l'ombre, bénéficiaires de la dictature, qui payent des milices pour entraver la marche de la démocratie.
Argument plausible. Les révolutions ne font pas que des heureux. Et dans deux millions d'affiliés à l'ex-RCD, il doit bien y avoir un lot qui garde rancune et qui nourrit encore l'espoir de récupérer un statut et des privilèges passés. Le problème, toutefois, est qu'à ce jour, nul ne sait qui sont ces ennemis de l'ombre. Des centaines de miliciens sont aux arrêts,mais sur leurs mandataires, sur leurs commanditaires, pas de précisions. Les choses se compliquent, du reste, quand la suspicion de complot n'épargne plus personne. M.Béji Caïed Essebsi le laisse un peu entendre. Quant à M. Farhat Errajhi, on lit bien à travers ses déclarations, que des «complicités douteuses» existeraient jusqu'au sein des institutions. Flou sur flou.
Au «mieux», enfin, on accuse le Haut comité et le gouvernement provisoire de vaquer à des «calculs politiciens» et de «laisser le pays aller à vau-l'eau». Ce qui semble suffire dans la perspective des élections, mais qui ne rend tout a fait justice ni au Haut comité ni au gouvernement. L'un comme l'autre bute sur le handicap de la légitimité. Sans une autorité déléguée et reconnue, comment avoir prise sur les événements et les gens?
Un passif négligé
Non : l'erreur, nous semble-t-il, résidait, d'emblée, depuis le 14 janvier, dans une fausse appréciation de nous-mêmes, et dans une totale incompréhension de l'opportunité historique qui s'offrait à nous.
Excès d'autosatisfaction d'abord. Vanité démesurée même. Nous étions trop fiers d'avoir délogé une dictature au moindre coût. Trop fiers d'avoir inauguré le printemps arabe. Trop fiers de la standing ovation du Congress américain. Trop fiers d'être acclamés par l'ensemble du monde. Trop fiers de nous découvrir une jeunesse mature et patriote. Trop fiers de notre unité nationale et de notre idéal démocratique. Et dans cet emportement jubilatoire, nous n'avons rien vu venir. Nous avons oublié, surtout, que soixante-dix ans de colonisation et plus d'un demi-siècle de dictature, nous empêchaient, structurellement, de passer, sans préjudice, le cap d'une révolution.
Le Premier ministre a eu un mot, dimanche : «inkhirâm ijtimaï», traduisible par «délitement sociétal», ou plus juste peut-être, par «délitement sociologique». En étant francs avec nous-mêmes, c'est de cela que nous pâtissons depuis le début de la révolution. D'une inculture politique profonde, d'un passif historique accumulé, sans interruption, durant de longues décennies. D'avoir eu accès à l'instruction sous Bourguiba, d'avoir formé des élites savantes n'était que le bon côté de la médaille. Restaient les millions de deshérités enfantés sous Ben Ali. Restait le peuple des régions laissées pour compte. Restaient les survivances tribales, les préjugés religieux. Restaient les mentalités individualistes, egoïstes, clanistes entretenues par les dictatures. Restait la ccorruption qui a gangrené la société. Restait la misère des nouvelles banlieues. Une civilisation de trois millénaires a vacillé sous l'effet de cent ans d'oppression. Avec un tel fardeau, étions-nous en droit d'exulter avant coup? Pouvions-nous, sans réfléchir, sans mesurer nos pas, passer, allègrement, du despotisme à la démocratie?
Toutes vannes ouvertes
Et pourtant, nous l'avons fait. Nous avons ouvert «les vannes» de prime abord. Toutes les vannes à la fois : manifestations pour tous, grèves à l'infini, désobéissances, refus de l'autorité, fuite sécuritaire, entorses à la loi, incivilité, insalubrité, etc.
Désordre révolutionnaire? Complot contre la révolution? Incompétence des élites et des gouvernants? Ce ne sont que des causes apparentes, commodes à vrai dire. Les vraies causes étaient en nous. Il fallait s'y préparer. Il fallait comprendre, rien que par le biais d'une courte introspection culturelle et historique, qu'en ce qui nous concerne, la transition devait être gérée d'une toute autre façon. Avec les prudences et les précautions d'une nation consciencte d'elle-même et de l'étape délicate dans laquelle elle devait s'engager.
Simplement : il fallait préserver un petit noyau d'Etat pour assurer un minimum d'ordre public et de paix civile. Cela n'aurait sûrement pas été du goût de tout le monde. Cela aurait sûrement suscité des craintes pour la révolution. Mais nous serions, aujourd'hui, autrement plus proches de la dignité et de la liberté. Et certainement pas aux prises avec un pays sens dessus dessous.


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