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« Nous proposons une alternative social- démocrate aux choix néolibéraux »
Entretien avec: Abdeljalil Bédoui, coordinateur et porte-parole du Parti du travail tunisien (PTT)
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 07 - 2011

Universitaire à la retraite, expert en économie et expert auprès de l'Ugtt, Abdeljalil Bédoui est connu après la Révolution pour avoir refusé le poste de ministre auprès du Premier ministre dans le premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi. «Parce que j'ai considéré, explique-t-il, que c'était un gouvernement de continuité et non de rupture, or nous venions de vivre une révolution».
Depuis, il a remarqué que la classe politique ne s'intéresse qu'aux questions politiques et négligeait la dimension économique et sociale qui est à l'origine de la révolution.
Il a donc décidé, après avoir créé une association à caractère économique, de fonder le Parti du travail tunisien (PTT) pour lequel il a obtenu le visa le 4 mai dernier.
Dans cet entretien, il évoque ce qui démarque fondamentalement son parti de tous les autres, soit l'alternative économique, politique et sociale à même de favoriser de nouvelles perspectives pour le pays.
Ecoutons-le.
Qu'est-ce qui vous a incité à fonder votre parti ?
J'ai observé après la Révolution que la classe politique s'intéressait surtout aux questions politiques et négligeait la dimension économique et sociale qui est à l'origine de la Révolution due à l'échec du modèle économique et social.
Donc, il fallait donner de l'importance à cet aspect capital si l'on veut être à la hauteur des attentes. J'ai donc décidé en février dernier de créer une association : Le Forum des droits économiques et sociaux. Mais je me suis vite aperçu que cela ne suffisait pas si on voulait participer à la définition d'une alternative économique capable d'ouvrir de nouvelles perspectives pour le pays, donc il fallait aller au-delà de l'action associative, j'ai donc décidé, avec mes camarades, le mois de mars dernier de fonder un parti qui a été légalisé le 4 mai 2011.
Dans la vie économique d'un pays, il y a deux facteurs le travail et le capital, mais le nom de votre parti, du moins, ne fait référence qu'au travail. Votre parti n'est-il pas alors une Ugtt bis ?
Le nom du parti ne renvoie pas à une opposition entre le travail et le capital, mais plutôt à une idée ancienne chez les syndicalistes qui consistait à créer un parti travailliste et que nous avons rénové pour adopter l'appellation travail. Cela pour une raison simple, c'est que l'ensemble des catégories sociales qui portent ce projet considère que le travail a été pendant longtemps marginalisé en tant que valeur, en tant qu'ascenseur social, en tant que culture. Et de ce point de vue, tous les travailleurs, que ce soit les salariés, les indépendants, les professions libérales, sont attachés à la réhabilitation du travail, y compris les chefs d'entreprise et les détenteurs du capital qui ont intérêt à ce qu'il y ait une culture du travail. Car sans culture du travail, il n'y a pas d'attachement à l'entreprise, ni une amélioration de la productivité, ni de la qualité, ni de la compétitivité.
Ainsi, le travail n'apparaît pas en opposition avec le capital mais plutôt en complémentarité et au-delà une valeur fondamentale pour tout développement réel.
De même, le fait que notre parti compte comme adhérents tous ceux qui, soit vivent de leur travail, soit associent le travail pour fructifier leur capital-savoir ou leur capital-financier, cela génère les caractéristiques d'un parti qui ne peut en aucun cas être considéré comme un syndicat bis.
Justement, qu'est-ce qui différencie précisément votre parti d'un syndicat?
Par définition, un parti se distingue d'un syndicat dans la mesure où il est amené à construire des projets de société et des programmes économiques et sociaux, en mesure d'assurer le développement d'une nation et la prospérité de toutes ses composantes, alors qu'un syndicat défend les intérêts d'une catégorie sociale précise et adopte plutôt une démarche revendicative et des moyens de lutte spécifiques qui n'ont rien à voir avec le travail politique.
En lisant la composition du bureau politique de votre parti, on découvre qu'il comporte des médecins, des avocats, un universitaire, des étudiants mais pas d'ouvriers, ni d'artisans par exemple. Comment l'expliquez-vous ?
Justement, le travail ne renvoie pas à une catégorie professionnelle précise. Il englobe toutes les catégories qui sont, comme je l'ai dit plus haut, directement concernées par le travail. Nous avons donc tenu, dans la composition de notre bureau politique, à affirmer cette conception large du travail dans la mesure où on y trouve des hauts fonctionnaires de l'administration, des universitaires, avocats, médecins de libre pratique, chefs de petites entreprises et des étudiants.
Si maintenant nous n'avons pas dans notre bureau politique d'ouvriers ni d'autres professions tels les pêcheurs, les paysans, les artisans, cela ne signifie aucunement qu'ils ne sont pas présents dans les structures du parti au niveau local et régional et cela ne signifie pas non plus qu'ils ne pourraient pas figurer dans le bureau politique de notre congrès constitutif.
Où se positionne exactement votre parti ?
Au centre-gauche. Autrement dit, c'est un parti d'obédience socio-démocrate de gauche, c'est-à-dire que nous croyons à la nécessité d'établir une démocratie sociale dans laquelle il y aurait les conditions requises pour le développement de l'initiative privée avec un rôle régulateur de l'Etat qui doit rendre l'avenir plus visible et garantir un climat des affaires favorable et jouer son rôle pour assurer les principaux équilibres financiers et réels, soit les équilibres régionaux et davantage de justice sociale.
Bref, qu'est-ce qui démarque précisément votre parti des 94 autres ? Qu'est-ce qui dans votre plateforme et programme inciterait les citoyens à voter pour vous ?
Ce qui distingue notre parti des autres, c'est que nous avons un diagnostic critique du modèle en cours. Les autres partis n'en ont pas. A partir de ce diagnostic, nous proposons une alternative social- démocrate aux choix et au modèle néolibéraux.
Enfin, ces choix sont inscrits dans des cadres analytiques : la démocratie sociale, la démocratie locale et l'économie du savoir avec une démarche d'application des choix consistant à mettre en place deux types de contrat entre les principaux acteurs, un contrat social et un contrat environnemental.
Le contrat social concerne la nécessité de s'entendre sur les réformes relatives aux systèmes d'emploi et de rémunération et aux systèmes fiscal et de protection de prévoyance sociale, alors que le contrat environnemental viserait en particulier la préservation et la bonne gestion de nos ressources naturelles, c'est-à-dire tout ce qui concerne l'homme et les richesses souterraines et agricoles et l'écologie.
Le modèle économique appliqué par l'ancien régime pouvait-il réussir s'il n'y avait pas eu autant de corruption financière et de vol des richesses du pays par une oligarchie mafieuse‑?
Aucunement. Le modèle économique appliqué par l'ancien régime ne pouvait réussir et pour différentes raisons.
Premièrement, ce modèle se focalisait sur la croissance aux dépens du développement et sur la nécessité d'améliorer les équilibres macroéconomiques (réduire les déficits budgétaires, les déficits de la balance des paiements et le taux d'endettement public, maîtriser l'inflation, etc.) aux dépens des équilibres réels entre les régions, les catégories sociales et les générations.
Deuxièmement, ce modèle a confié le destin du pays à une force abstraite appelée le marché au détriment de toute volonté de construction de l'avenir et de maîtrise du destin et dans le contexte de la dictature, les lois du marché se sont transformées en lois de la jungle, aboutissant à l'émergence du groupe mafieux et à la généralisation de la corruption et à l'aggravation des inégalités régionales et sociales qui ont mené à la révolution.
Maintenant, parlons actualité politique : vu les derniers soubresauts qu'a connus l'Instance de la réforme politique, pensez-vous que cet organe est vraiment nécessaire d'autant que certains partis mettent en cause sa légitimité ?
Dans tous les cas, il fallait avoir une instance qui associe les différentes composantes de la société au processus de la transition démocratique, sachant qu'il n'y a aucune structure qui puisse revendiquer une légitimité. Et en l'absence, justement, de légitimité, cette instance était appelée, en principe, à favoriser le consensus pour définir les principales orientations garantissant la transition démocratique. Avoir accepté d'être à l'Instance puis d'en sortir est en opposition avec la démarche consensuelle dans la mesure où cette pratique viserait à créer des rapports de force pour imposer sa propre vision des orientations à définir. Surtout que lorsque ce mouvement de in/out s'accompagne de quelques actions de la rue, cela nous éloigne davantage de ce qui est consensuel et risque d'ouvrir la porte à une logique conflictuelle dans la mesure où cette rue n'est pas le monopole de certains partis.
L'Instance a joué son rôle concernant plusieurs questions électorales et tout dernièrement le pacte républicain, n'est-elle pas maintenant de trop ?
Elle n'est pas de trop car dès le départ, sa fonction était consultative pour le gouvernement qui a toujours besoin jusqu'aux élections d'avoir l'avis d'un représentant de la société, le pays a besoin également d'une instance pour que l'action gouvernementale ne soit pas menée en dehors de tout regard attentif et critique.
Donc, dès le départ, elle a été constituée pour durer jusqu'aux élections.
Que pensez-vous des derniers actes de violence d'extrémistes s'attaquant à l'art, à la liberté d'expression, aux avocats, aux baigneurs paisibles sur les plages et autres… au lieu de manifester pacifiquement‑?
Ce qui se passe est grave et reflète la volonté de certains d'imposer aux autres leur vision de la société. Cette démarche rompt non seulement avec la démarche consensuelle, mais elle menace aussi une certaine conception de la société fondée sur la tolérance, l'ouverture et la solidarité comme elle menace également certains secteurs économiques tel le tourisme et, au plan politique, la liberté d'entreprendre, de créer, d'innover et de contribuer, conformément aux valeurs universelles, à la marche civilisationnelle du monde.
Maintenant, dites-nous si vous allez vous présenter à la présidentielle ?
Vous répondre est prématuré, car le parti n'a pas encore statué sur la question, d'autant que nous avons d'autres priorités : la mise en place des structures du parti et la préparation d'une alternative économique, politique et sociale.


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