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Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 07 - 2011


Par Khaled TEBOURBI
Ce que l'on redoutait a fini par avoir lieu. La Haute Instance pour la défense et la réalisation des objectifs de la révolution que l'on croyait garante du consensus national et de la réussite de la transition démocratique est, depuis quelque jours, une «assemblée» contestée, tronquée, abandonnée, déjà, par les représentants d'Ennahdha, ce qui n'est pas peu, puis par «le congrès pour la République» de M. Moncef Marzouki, ce qui n'est pas, non plus, chose négligeable. Mise à mal jusque dans son vote du projet de pacte républicain, passé in extremis. Sujette à polémiques, confrontée à d'énormes critiques.
Un président de la République intérimaire dont on ne sait toujours pas l'exact terme du mandat. Un gouvernement provisoire qui perdure dans le provisoire. Et maintenant, c'est au tour de la Haute Instance de chanceler sous la désunion. Presque six mois après la révolution, le pays est dans le flou, et à l'approche des élections, il lui sera de plus en plus difficile d'y voir clair.
Un Etat… sans l'Etat
Pourquoi en sommes-nous là, et y a-t-il encore un espoir de sortie? On va peut-être en choquer certains, mais le nœud du problème était dans le principe même de la Haute Instance et dans tout ce qu'elle a pu entraîner dans son sillage. La Haute Instance était un rassemblement d'élites civiles, associatives, syndicales et politiques qui n'avaient eu, pour la plupart, rien à faire avec la révolution. Elles en ont seulement «pris le wagon» comme le souligne le nouvel adage populaire. Pour «servir» ou pour «se servir», le fait est que ces élites étaient bien là, quasiment aux commandes, quasiment en charge des affaires publiques. A l'époque, tout au début, cette «prise de pouvoir» de fait n'avait pas dérangé grand monde. Les citoyens, (les pauvres citoyens) avaient la tête ailleurs, ils s'inquiétaient de leur sécurité, de leur quotidien. Le chef de l'Etat intérimaire et le(s) gouvernement(s) provisoire(s) étaient, eux, constamment sous la menace des grèves et des sit in. On pouvait leur intimer de «dégager» à tout instant. Seuls les membres de la Haute Instance avaient une confiance absolue dans la Haute Instance. On se souvient des discours exaltés des gens d'Ennahdha et des militants de la gauche. Ils faisaient frémir le cénacle. On se souvient que tous avaient entonné l'hymne national après avoir décidé à l'unanimité que nous élirons une Constituante, et rien qu'une Constituante ! Un Etat dans l'Etat… sans l'Etat, c'est ce qu'était la Haute Instance du temps où tous ses membres se donnaient volontairement la main. Disons-le franchement, du temps où ses élites et ses partis y trouvaient encore leur compte. Plus précisément, du temps où tous, sans exception, étaient d'accord sur une stratégie de diversion électorale, en vertu de laquelle il fallait focaliser les esprits, non point sur le rôle de la Constituante, non point sur la Constitution en tant que telle, en tant que loi fondamentale jetant les bases constitutionnelles de la Tunisie de demain, mais, étrangement, sur les personnes à élire, sur les partis, leurs figures de proue et leurs programmes supposés.
Un mal pour un bien
Le bel «édifice» a sauté depuis. La raison en est aussi simple que prévisible. La Haute Instance a été créée par addition de forces politiques et civiles, et pas tant, comme on le répète à l'envi, sur une convergence de valeurs et de principes. Quand il a fallu décider du choix de la Constituante, du système de listes, aucun problème de ralliement. Quand se sont posées les questions de statut des partis et de pacte républicain, les notes dissonantes ont fusé de partout. Dans l'esprit de chacun, ne craignons pas de le crier haut et fort, rôdait et rôde encore la velléité de tailler la future Constitution «à sa mesure», de peser, avant coup, sur la configuration du pays.
Mais à quelque chose malheur est bon. Cette crise de la Haute Instance a un avantage, un gros avantage‑: elle met les acteurs de la politique devant leurs responsabilités. Plus de Haute Instance? Soit. Pas de pacte républicain, pas de projet sur le statut des partis pour le moment? Soit encore. Mais que proposent en revanche ces messieurs? D'attendre les élections et la Constituante? Les citoyens attendront mais à une condition : que les partis recalcitrants, autant que les autres d'ailleurs, les éclairent sur leur système politique et sur leur projet de société. Que le parti Ennahdha, par exemple, nous livre dans le détail son modèle de Constitution. Que le parti de M. Moncef Marzouki fasse de même. Râler pour râler est peut-être une tactique «victimiste», mais ça ne peut pas être une solution aux yeux des Tunisiens.
Un mal pour un bien, oui. Que nos élites politiques aillent enfin à l'essentiel. Qu'ils disent ce qu'ils veulent vraiment faire de ce pays et pour ce pays. Des modèles de Constitutions, pas plus, c'est ce qu'il aurait fallu, c'est ce qu'il faudrait nous soumettre. On a trois mois encore devant soi, on a le temps. Au final, le peuple saura et jugera sur pièces. C'est seulement sur cette base que les élections, la Constituante, le discours et les programmes auront réellement un sens. Mais pas l'entourloupe du «votez d'abord, on vous expliquera ensuite»; cela, jamais!


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