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Symptomatiques détresses
Commentaire : De Gafsa à La Manouba
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 11 - 2011


Par Soufiane BEN FARHAT
DE l'avis général, il y a beaucoup de manœuvres dilatoires sous nos cieux. Des agendas et desseins scabreux y président.
En fait, l'Assemblée constituante tarde à prendre son élan. Elle serait comme empêtrée dans le starting-block. On l'a vu, entendu et ressassé à n'en plus finir : les partis se chamaillent, certains s'avisant de faire dans le sur-mesure. S'ensuit une espèce d'équilibre vicieux qui empêche les uns d'avaliser leurs projets et les autres de les bloquer.
Entre-temps, des événements douloureux ne cessent de se rappeler au bon souvenir de tous. Après les émeutes de la semaine dernière à Kasserine, Thala, M'dhilla et Oum Larayès, il y a eu, avant-hier, les incidents effrayants de la faculté des Lettres à La Manouba.
Ici et là, la triste réalité sonne le rappel des urgences. Des gens ont voulu ne voir dans les récentes émeutes dans des villes du bassin minier de Gafsa qu'un complot. Ourdi ou attisé, de surcroît, par certaines franges radicales parmi ceux qui ont perdu lors des élections de la Constituante. De même, certains ont voulu déceler dans les agissements des salafistes à la faculté de Lettres de La Manouba une diversion pour occulter quelque dessein secret à l'Assemblée.
Comme toujours, les assertions, supputations et conjectures ont bon dos. Mais les faits ont leur logique propre, par-delà les explications et mises en perspective plus ou moins tendancieuses.
Ce qui est advenu à Gafsa et à La Manouba est symptomatique. Partout, une jeunesse désœuvrée. Une jeunesse exsangue et désespérée. Et presque partout, les illusions perdues.
La révolution du 14 janvier 2011 a ouvert un formidable intervalle d'espoirs et de promesses. Les attributs de la vie digne, l'emploi, le progrès et l'affirmation de soi étaient devenus des rêves tangibles pour les jeunes. Les débats politiques, les énergies libérées, les instances associatives et gouvernementales ont mis cela en évidence. Bientôt, les printemps des destins individuels émailleraient les interstices de ce printemps arabe qui en impose au monde entier. Et les jeunes se sont mis à espérer.
Seulement, il a fallu faire avec les nécessaires étapes préliminaires. Une centaine de nouveaux partis politiques ont, entre-temps, investi la place. Presque tous ont des fonctions tribunitiennes. Les «moi-je» fusent de toutes parts. Les programmes électoraux (ou leurs semblants) aidant, les espoirs sont devenus comme des oueds en crue. Cela déborde de partout.
Une fois l'Assemblée constituante mise sur pied, le bal du partage des fonctions gouvernementales a commencé. Donnant-donnant sur fond d'intérêts partisans. Pour la large masse, cela n'est guère pour rassurer, quoi qu'en pensent les partis dominants de la troïka (Ennahdha, CPR et Ettakatol).
Les gens sont de plus en plus exaspérés. Ils ont l'impression que la lutte pour les fauteuils importe plus que la relance de l'économie et des emplois. Alors, le moindre événement, la moindre anicroche sert de tremplin pour exprimer sourdement sa colère.
Tapis dans l'ombre, les professionnels de la zizanie essaient de tout instrumentaliser, de tirer les ficelles d'un jeu pervers. Une partie de la jeunesse fourvoyée est ainsi mobilisée dans de véritables émeutes identitaires sur fond de crispation, d'intégrisme et de désir d'en découdre avec tous les attributs de la modernité. Les ténors du salafisme brodent sinistrement sur ce registre navrant. Leurs agendas sont ailleurs, mais leurs prétextes ici.
A quelque chose malheur est bon. Les locataires de l'hémicycle de l'Assemblée constituante devraient se décrasser quelque peu. Et s'atteler au plus pressé aux urgences.
Ne nous y trompons pas : économiquement, les indicateurs risquent sous peu de virer au rouge-catastrophe. Et les observateurs avertis craignent l'irruption d'une nouvelle révolution aux conséquences dévastatrices. Le mieux serait d'envoyer des messages clairs et forts à cette jeunesse en panne. Et il n'y a guère mieux que l'économie pour le faire.
Parce que l'espoir raisonné est le meilleur remède contre toutes les détresses.


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