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Le Tunisien, homme sans qualités propres?

J'emprunte cette comparaison, mais sous forme de questionnement, à l'écrivain allemand Robert Musil «L'homme sans qualités propres».(*) Le Tunisien, en effet, manque-t-il de qualités propres à ce point pour ne pas s'être «engagé» à fond, après avoir «dégagé» toutes les formes d'imposture et de dictature qui régnaient dans ce pays, depuis une soixantaine d'années.
Depuis la révolution du 14 janvier, le paysage humain de la Tunisie a complètement changé et l'on a même cru devoir, au nom des idéaux du «Siècle des lumières», mettre l'accent sur ce que nous avons en commun et non sur ce qui nous sépare. Mais c'est le contraire qui s'est passé, après le 23 octobre dernier, où les résultats du scrutin—avec cinquante pour cent de non-votants—ne correspondaient nullement aux espérances attendues par tant d'enthousiasmes populaires, depuis presque une année. Aujourd'hui, avec cette «troïka» irritante à plus d'un titre, une troïka faite de «personae» que tout sépare et non qui rassemble, c'est à une nouvelle chape de plomb vers, laquelle nous allons et qui va peut-être s'abattre sur la société tunisienne, si on n'y prenait garde.
La «persona» dans la tradition de la république romaine, c'est le masque porté par des actants sur la scène du théâtre. C'est, comme le souligne Marcel Mauss(*), «le personnage artificiel, masque et rôle de comédie et de tragédie, de la fourberie, de l'hypocrisie —d'étranger au «moi»— persona étant aussi devenu synonyme de la vraie nature de l'individu». Et de là à la notion de «personne», il n'y a qu'un pas. C'est ainsi d'ailleurs que les «gentes» de la Troïka ont acquis la persona du vivant même de leur père. Ce sont les fils de la nouvelle famille sénatoriale, qui ont acquis le plein droit de cité, face à la plèbe : pour un temps, nous a-t-on dit. Pour longtemps peut-être. Verra-t-on?...
Dans cette «Troïka», l'aspect le plus ambigu et sans doute le moins conciliable, c'est qu'il y a autant de personae religieuses que de personae civiles, les unes et les autres attachées à leurs rituels. Entre elle et la plèbe, celle de nos régions spoliées dans ses droits à vivre dans la dignité, il y a les autres masques, ceux des «médians». Ceux-là même, démocrates en tout genre, qui se sont peut-être trompés de méthode dans leur manière de «s'engager». En effet, ils n'ont peut-être pas compris que leur méthode d'«engagement» (savoir aborder directement les problèmes sociaux et humains) sans avoir échoué n'était peut-être pas la meilleure. Qu'il existe d'autres chemins comme celui des contacts répétés, de la communication permanente, de l'amélioration des situations matérielles et morales (pain et dignité) du genre humain. Qu'il ne fallait pas dévoiler ouvertement tant de promesses à l'avance, sachant bien que vu la situation matérielle catastrophique, personne n'adhérerait à de tels pseudo-engagements. Robert Musil déclare à ce sujet qu'«en dévoilant trop ouvertement ses buts, on arrive souvent au contraire de ce que l'on s'était proposé».
Nos intellectuels, notamment, sont aujourd'hui déçus une nouvelle fois par leur frustration politique. Enfermés dans un monde à eux durant des décades, ils s'étaient rouverts avec le «dégage» mais pour «s'engager», ils ont dû buter contre une réalité politique et sociale à laquelle ils n'étaient pas préparés. C'est cette coupure avec la société et cette «impréparation» qui caractérisent peut-être le Tunisien d'aujourd'hui… sans qualités propres. Pourtant des qualités, le Tunisien en possède même si, quelque part, il lui semble avoir manqué cette petite-grande révolution qui a fait le tour du monde. Comme son pays, la Tunisie, il est ouvert, obligé d'être ouvert aux courants civilisationnels qui font la pluie et le beau temps en Méditerranée. Il prend et digère et, en même temps, il se fortifie.
Mais l'esprit révolutionnaire est un gros morceau et une denrée rare. Il faut la déguster avec modération, parce qu'elle agit autant sur le corps que sur l'esprit. Une sorte de drogue qui vous donne des pensées insoutenables, mordantes, exacerbantes.
Le jour où le Tunisien rattachera à sa vie personnelle ces vérités indifférentes, fruits de la révolution, il deviendra alors l'homme aux qualités propres. Attendons voir…


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