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Victimes ou bourreaux?
Santé et hygiène - Urgences de La Rabta
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 01 - 2012

La politique sanitaire de notre pays doit absolument être révisée, dans la mesure où cette dernière est peu soucieuse des compétences humaines et médicales existantes en Tunisie. Elle pose ainsi plusieurs interrogations: dans quelle mesure cette politique est-elle néfaste pour le système sanitaire tunisien? Que peut-on faire pour envisager de nouvelles mesures à même de booster la prise en charge médicale et remédier par la même à la situation pécuniaire des médecins et à leur insécurité, partant du fait qu'ils sont les seuls garants de la santé du citoyen tunisien? L'hôpital La Rabta peut constituer un exemple type de telles défaillances. Etat des lieux :
Il est déjà 11h00 à l'hôpital La Rabta, service des urgences: les malades se mêlent aux personnels de santé, médical et paramédical confondus. Les blouses blanches vont dans tous les sens pour mener à bien leur mission. Une mission noble et responsable dans un milieu hospitalier qui peine encore à assurer convenablement son travail.
Et pour preuve : «Un manque flagrant d'équipements, des appareils saccagés et qui n'ont jamais été substitués, et une urgence polyvalente qui reflète une mauvaise gestion de l'argent de la part du ministère, alors que la santé doit primer, notamment après la révolution de la dignité. Nous devons jouir de soins de qualité et de bonnes prestations au niveau des différents services», indique un patient averti. D'autres patients sont laissés pour compte faute de personnel médical et paramédical disponible , surtout que le secteur de la santé connaît une pénurie en matière de ressources humaines, encore au chômage. Notre visite a été guidée par le Dr Rabhi, qui nous a servi d'éclaireur dans la pénombre des urgences. Ancien interniste et président de l'Association des insuffisants moteurs maghrébins en France, il est également un fervent militant dans le tissu associatif.
Le Dr Rabhi a consacré de son temps et de son argent avant et après la révolution afin de propulser le secteur de la santé, par le biais de dons pour les hôpitaux tunisiens, dont La Rabta et Charles-Nicolle, qui ont été détournés pour des raisons de conception.
«Les urgences de La Rabta sont de plus en plus surchargées. Elles atteignent les 350 consultations par jour, alors que deux mois en arrière, les consultations enregistrées ont été de l'ordre de 600», explique le surveillant général des urgences, qui dénonce les conditions déplorables de travail, le manque de sécurité et l'absence d'agents de sécurité pour couvrir, en cas de besoin, le corps médical et paramédical. «Les infirmiers et les médecins sont agressés verbalement, certains ont même fait l'objet d'agression physique et un médecin croupit en prison depuis quelques mois», ajoute-t-il. Une situation préoccupante.
La situation devient de plus en plus inquiétante si l'on tient compte également de l'état des différents espaces qui pousse totalement à la désolation. C'est le cas de la salle de stockage qui semble entièrement mise à plat. L'appareil étant totalement bousillé.
Une situtation désolante
Un tel constat au niveau de La Rabta donne déjà une idée précise de la situaion en général en Tunisie, qui semble se dégrader de plus en plus .
Et même après la révolution de la dignité et la composition du nouveau gouvernement, on n'a pas réussi à mettre en place une politique sanitaire adéquate, capable de venir à bout des souffrances de toute une grande frange de la société qui vit en deçà des moyens les plus élémentaires d'une vie décente.
«La responsabilité morale qui incombe aux médecins est grande, alors que nos confrères subissent des injustices, l'affaire du médecin qui assurait une garde pour 32D et qui est conduit devant la justice est significative à plus d'un titre? Notre confrère peine à se frayer un chemin dans une injustice à double vitesse où les valeurs humaines et la déontologie sont bafouées», s'indigne le médecin urgentiste du service des urgences de La Rabta.
Devant les urgences, on retrouve le service des maladies infectieuses de l'hôpital Habib-Thameur, où un interne a aussi été récemment agressé. Ainsi, l'insécurité et le manque de préservation d'acquis de la révolution qui sont essentiellement la dignité pour chacun de travailler dans de conditions ad hoc font nettement défaut. Il suffit de voir ces linges sales sur les fenêtres des services pour donner toute sa dimension au laisser-aller des responsables de l'hôpital et par là même des autorités compétentes du ministère qui sont mal entourées, faute de compétences médicales capables de gérer l'hôpital comme une structure apte à offrir des soins adéquats et de qualité aux patients qui ont longtemps souffert de l'inégalité. Il faut reconnaître en effet que le secteur de la santé publique souffre réellement de l'absence de recrutement des assistants sociaux. Un constat désolant en raison de l'importance de leur rôle au niveau de la prise en charge des patients nécessitant une intervention du ministère des Affaires sociales.
En plus de la question du recrutement, le secteur de la santé souffre d'un déséquilibre flagrant au niveau des salaires: un interne est payé à 650 D et ne bénéficie pas d'une paie régulière ni de prime de rendement, alors qu'un chef de service est payé 1.500 D avec une tendance régulièrement à la hausse. Sans parler du double emploi ou encore du cumul des fonctions.
Le Dr Rabhi pense que «l'argent de l'Etat est mal partagé. Je saisis cette occasion pour lancer un appel au ministre de la Santé publique pour mettre un terme à cette question et bien tenir compte des compétences scientifiques encore au chômage». Le Dr Rabhi lance également un appel aux médecins pour développer leur conscience professionnelle et donner leur chance aux autres pour créer un certain équilibre surtout au niveau régional.
Cela est d'autant plus vrai qu'une région comme Sidi Bouzid, fief de la révolution, emploie sur 10 médecins 1 seul médecin tunisien.
Pis encore, les services des urgences à Sidi Bouzid baignent dans une situation alarmante, tout comme celle de Kasserine.
Cette mauvaise gestion des ressources humaines au niveau du secteur de la santé publique a favorisé la fuite de nos compétences à l'étranger. On apprend ainsi que 450 médecins tunisiens exercent en France avec le titre de chef de service . Autant de compétences qui auraient pu aider à la promotion de notre secteur de la santé publique.
D'un autre côté, les établissements privés attirent de plus en plus les compétences médicales, faute d'un salaire correct et motivant, le tout aux dépens du secteur public.
Autre constat : la maintenance et l'entretien semblent faire nettement défaut. Jusement, faute de qualification, le matériel biomédical est confié aux mains de techniciens et d'infirmières stagiaires qui doivent leur formation à “la baraka d'Allah”, peu soucieux de l'importance de la maintenance du matériel disponible sans aucun souci de leur utilité pour les patients. Un nombre important de blouses blanches se paradent dans les différents lieux de l'hôpital, restaurants, couloirs et café, laissant les patients affronter seuls leur sort. Manque de conscience professionnelle ou d'humanisme.
A ce niveau-là, l'on pense que les médecins doivent jouer un rôle de sensibilisation beaucoup plus important.
Mais ce qui est encore plus grave, c'est que l'inconscience ne se limite pas au matériel et aux équipements, mais elle touche également les patients.
En effet, les blouses blanches sont peu soucieuses de l'urgence de certains cas. «Ce patient peut tomber en hypoglycémie, d'autres sont diabétiques avec nycrose des oreillets, ils doivent être hospitalisés d'urgence dans un services diabétologique, d'autres patients subissent des prélèvements debout, alors qu'ils doivent être absolument allongés».
Un état désolant du système sanitaire tunisien qui nécessite, sans aucun doute, une intervention rapide et profonde. Il y va, bien entendu, du bien-être de tous les citoyens.


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