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Tais-toi quand tu parles !
Point de mire
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 04 - 2012


Par Abdelhamid GMATI
Ceci n'est pas une invitation, ni une incitation à aller voir le film, du même titre, réalisé en 1981 par le français Philippe Clair et produit par notre compatriote Tarak Ben Ammar, et qui avait eu un certain succès. D'ailleurs, il n'est plus à l'affiche depuis quelque temps. Il s'agit tout simplement de traduire ce que plusieurs personnes politiques, plus ou moins responsables, plus ou moins représentatives, plus ou moins légitimes, mais appartenant essentiellement aux partis au pouvoir , veulent nous imposer, veulent nous dire. Tout le monde se réfère à la démocratie, c'est-à-dire qu'on accepte que tout le monde parle. A condition de ne rien dire. Et si quelqu'un, par inadvertance, ou par conviction, ou par naïveté, veut dire quelque chose, c'est simple, on le fait taire. Par tous les moyens, même les plus illégaux. Surtout s'il dit quelque chose de différent de ce que les dirigeants disent. Et cela touche tout le monde, y compris les élus à la Constituante.
– Ces élus, on leur compte leur temps de parole, on les prive de micro et on va même jusqu'à les expulser de l'enceinte. Ce qui est, pour le moins, abusif . S'ils s'aventurent à aller au-devant du peuple, pour l'écouter ou pour le soutenir dans ses manifestations, c'est simple : on les agresse verbalement et physiquement. Témoins et victimes : les honorables Maya Jribi, Khemais Ksila, Ahmed Brahim, Brahim Kassas, etc. Tous ceux qui ne font pas partie de la Troïka, les opposants sont harcelés et accusés de tous les maux, y compris de comploter contre le gouvernement et le parti au pouvoir. Leur crime ? Ils énoncent des avis différents et critiquent la non-action des gouvernants et des constituants.
– Des personnalités honorables de la société civile sont empêchées de tenir des réunions légales et de prendre la parole. On les agresse, on les insulte, et on leur tape dessus. Témoins : Jawher Ben Mbarek, agressé trois fois en 15 jours et envoyé à l'hôpital, Hamadi Redissi, Emna Mnif, Olfa Youssef, Youssef Seddik et d'autres...Bien entendu, ils sont fautifs et leurs agresseurs, des barbus venus des cavernes, ont le droit de s'exprimer et d'user de la violence. On va même jusqu'à appeler au meurtre de personnalités comme M. Caïd Essebsi et de nos compatriotes juifs. Impunément.
– Les médias sont la cible privilégiée. Ils sont accusés aussi de tous les maux et traités de corrompus, de suppôts de l'ancien régime, de non professionnels. Des journalistes, comme Sofiane Ben Hmida, ou Zyed Krichen et d'autres, ont impunément été agressés physiquement. Et on s'en prend aux médias publics, particulièrement audiovisuels. Pourquoi ? Ils ne rendent pas compte des événements comme le souhaitent les autorités. Exemple, les événements du 9 avril : il ne fallait pas prétendre que les manifestants ont reçu des coups de la part de miliciens et de policiers. Il fallait dire que ce sont les manifestants qui ont donné des coups de tête aux matraques des policiers. D'ailleurs, nombre de ces bâtons ont été endommagés tellement les crânes des agresseurs étaient durs. Et parce qu'on veut que ces médias soient entièrement consacrés aux louanges d'Ennahdha et de ses dirigeants. Exactement comme ils étaient contraints de le faire du temps de la dictature. Pourtant, les chaînes nationales ont consacré de longues heures aux discours du Premier ministre, aux conférences de presse du gouvernement, aux interventions des constituants et ont invité leurs représentants dans leurs émissions de débats. Ils ont le droit, comme tous les citoyens, d'exprimer leurs opinions concernant la prestation des médias. Mais ont-ils le droit de dénigrer, d'accuser, de diffamer des centaines de personnes ou de brader des biens de l'Etat? Il nous semble qu'un élu, «un représentant du peuple», doit être le premier à respecter la loi et les citoyens. Etre membre d'une Assemblée populaire ne donne pas tous les droits et ne veut pas dire être au-dessus des lois. Lorsqu'on accuse sans preuve, on se dédit et on tombe sous le coup de la loi. Que dire alors d'un responsable de parti qui ne cesse de parler pour la Tunisie ? De quel droit ? Mais, où ces gens auraient-ils appris les règles de la démocratie et du respect de l'autre et de soi-même ?
– Des responsables d'organismes publics, chargés de secteurs sensibles, spécialement dans l'évaluation des réalités tunisiennes, sont arbitrairement remplacés. Comme à l'Institut national des statistiques. Le gouverneur de la Banque centrale a subi des attaques en règle, pour assujettir l'organisme. En vain. Mais un journal Maghreb Confidentiel prétend, dans son édition électronique, que la Troïka prépare actuellement son remplacement. On avance même le nom de son remplaçant. Tout cela parce que ces organismes diffusent des données réelles sur l'état de notre économie et empêchent les mensonges auxquels on était habitués du temps de l'ancien régime.
Tout cela et bien d'autres actions sont significatifs du but ultime de nos gouvernants. Le Premier ministre dans sa dernière proposition devant la Constituante a été, encore, explicite : il voudrait un conseil des sages «qui saurait ramener tous les intervenants à la raison chaque fois que la tension monte». Comment sera constitué ce conseil ? Avec quelles prérogatives ? Et que veut dire «ramener à la raison» ? C'est clair.
Bref, on nous dit clairement : «Tais-toi quand tu parles». Le problème est que nous n'avons pas de carpe dans nos cours d'eau, nos lacs ou nos barrages. On ne peut être muets comme ce poisson d'eau douce. Lorsqu'on parle, on ne fait pas qu'ouvrir la bouche pour respirer, on émet des sons très audibles et compréhensibles. Peu importe ce qu'on dit, mais on le dit. Ben Ali ne l'a pas compris et il l'a payé cher. C'est là le principal acquis de la Révolution.


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