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Non au mégaprojet «Cap Blanc» (II) : Les arguments juridiques
Opinions

Le décret n°98-2092 du 28 octobre 1998 a classé le littoral de l'extrême nord (entre Zouarâa et Bizerte) parmi les zones sensibles qu'il définit comme étant des zones «qui présentent des caractéristiques naturelles spécifiques qui constituent un écosystème fragile... et qui requièrent pour sa protection contre la dégradation la mise en œuvre de normes et procédés d'aménagement prenant en compte ses spécificités préservant les sites naturels y existants». Tout est dit dans ce texte de lois pour démontrer la spécificité et la particularité de cette zone et dissuader quiconque envisagerait d'y implanter un projet comme celui de ce «Cap Blanc».
En effet, les plans du projet Cap Blanc impliquent clairement la forte densité d'occupation du sol par des constructions massives et une emprise d'une partie des constructions projetées sur le Domaine public maritime, en contradiction totale avec les lois tunisiennes de protection du littoral et du Domaine public de l'Etat. D'autre part, ce projet ne respecte pas les conventions internationales signées par la Tunisie en matière de préservation du patrimoine naturel mondial, et de conservation de la faune et de la flore.
Nous avons appris, par ailleurs, que les deux cents hectares (200 ha) situés dans la zone de Aïn Damous et sur lesquels serait implanté le projet «Cap Blanc» seraient transférés au promoteur du projet en toute propriété en échange d'un terrain qu'il aurait acquis dans la zone de Sidi Abdelwahed auprès de particuliers. Or une grande partie de ces 200 hectares appartient au Domaine public de l'Etat : c'est la partie couvrant le Domaine public maritime, les dunes de sable, le domaine forestier, les cours d'eau et les falaises.
Il serait souhaitable de savoir comment les autorités compétentes vont autoriser cette emprise sur les biens publics (domaine maritime, forestier, cours d'eau) et sous quelles conditions va se faire le déclassement de ces biens publics?
Or il n'y a aucun doute que cette zone dite «sensible», une fois déclassée, privatisée et acquise par le promoteur privé, et ce en toute propriété, à la suite d'une opération d'échange, fera l'objet d'une opération de spéculation immobilière effrénée et sera en peu de temps lotie, construite, et commercialisée.
Or la cession en pleine propriété d'un Domaine public de l'Etat, et ce qu'elle implique comme opération de déclassement, est strictement interdite par la loi. En effet, les terrains appartenant au Domaine public ne peuvent faire l'objet que d'une cession temporaire au moyen d'une concession.
Pour un développement raisonné respectueux de notre patrimoine maritime
Nous ne sommes nullement opposés au projet «Cap Blanc», mais à son implantation dans la zone de Aïn Damous, site naturel sensible.
Nous sommes pour le développement économique de la région de Bizerte, mais pas à n'importe quel prix. Le développement touristique durable doit aller de pair avec la protection de l'environnement naturel, or le littoral de Bizerte se distingue par son aspect sauvage et naturel, unique dans le pays. Détruire ces paysages au motif de créer des emplois reviendrait à tuer la poule aux œufs d'or et à enlever définitivement tout attrait à cette région si particulière. Les touristes finiront par la délaisser, comme ce fut le cas pour la Costa Brava en Espagne. Les grands promoteurs immobiliers et touristiques sont loin d'être des philanthropes ; ils ne visent pas le développement durable mais le gain rapide, et comme on l'a remarqué dans d'autres régions, ils se désintéressent complètement de l'avenir des sites où ils ont investi, une fois leurs objectifs financiers atteints.
Le littoral situé entre Ras Blat et Tabarka est reconnu pour sa beauté naturelle, ses paysages, sa flore et sa faune uniques. Rappelons que la Tunisie a signé en 1992 la Convention des Nations unies pour la préservation de la diversité biologique.
Notre littoral est la continuation naturelle du Parc national d'Ichkeul et devrait devenir une zone protégée contre l'avidité des spéculateurs immobiliers de tous calibres. Nous ne devons pas reproduire les erreurs commises dans les régions telles que Sousse, Port El Kantaoui et Hammamet. Dans ces sites touristiques, les constructions «pieds dans l'eau» se sont multipliées d'une manière anarchique, incontrôlée et hélas irréversible. Si le projet Cap Blanc voyait le jour, cela inciterait immanquablement les petits propriétaires à en faire de même sur le moindre lopin de terre de Henchir Essahel et dans l'étroite vallée de Oued Damous et jusqu'à Aïn Berda ! On imagine le désastre écologique au bout de 10 ou 20 ans !
Par contre, un tourisme écologique (randonnées, pique-niques, découverte de la nature, plongée, excursions le long du littoral et vers les îles, etc.) est davantage indiqué grâce à l'existence des forêts, des criques sauvages, de la proximité de l'archipel de la Galite. Mais ce type de tourisme n'est pas assez lucratif pour des promoteurs qui visent uniquement le gain immédiat.
L'intérêt privé ne doit plus prendre le pas sur l'intérêt collectif. Les Tunisiens se sont révoltés contre l'injustice sociale, et l'exploitation des richesses du pays par quelques privilégiés ; accepter l'appropriation de notre littoral par une poignée de privés nantis, les laisser faire main basse sur notre patrimoine maritime commun serait trahir les valeurs pour lesquelles le peuple tunisien s'est soulevé.
Pour tout ce que nous venons d'exposer, nous prions, avec insistance, les responsables politiques du pays de ne pas autoriser la mise en place de ce projet destructeur de la nature dans cette zone sensible qu'est Aïn Damous.


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