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« Nous restons ouverts à toutes les initiatives d'investissement »
Entretien avec M. Riadh Bettaieb, ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 06 - 2012

• «Il faut travailler sur la visibilité stratégique du site tunisien, car nous manquons de visibilité et cela fait peur aux investisseurs privés »
•«Il faut impérativement mettre en place une cartographie régionale de l'investissement. Autrement, nous serons contre-productifs »
Des questions multiples se posent actuellement quant aux efforts de l'actuel gouvernement pour remonter la pente en matière d'investissement et surtout d'investissements directs étrangers. Le milieu des affaires s'intéresse particulièrement à connaître si ce dernier est conscient des enjeux et des défis qui se posent à la Tunisie nouvelle, comment il s'est préparé pour affronter toutes les difficultés et surtout comment entend-il promouvoir la Tunisie en ces temps de crise ? A la veille de la tenue du Forum de la Tunisie sur l'investissement,M. Riadh Bettaieb, ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale, a eu l' obligeance de nous accorder un entretien et de répondre à ces questions et à bien d'autres.
Interview.
Avant de parler du forum, de son importance ou de son utilité, y a-t-il eu une évaluation générale et récente des incitations à l'investissement en Tunisie ? Y a-t-il un programme nouveau s'appuyant sur des arguments différents que ceux épuisés depuis longtemps, jugés souvent comme banals, afin d'attirer de nouveaux IDE ?
Ce que cherche l'investisseur étranger d'une manière générale et ainsi que le montrent toutes les statistiques, c'est la qualité de l'environnement des affaires. C'est-à-dire, le climat des affaires, l'Etat de droit, l'accès à l'information, la transparence, la lutte contre la corruption, les institutions d'arbitrage qui protègent les intérêts de toutes les parties. En second lieu, les investisseurs étrangers cherchent l'infrastructure adéquate, à savoir les zones industrielles, les zones d'activités, une bonne logistique, un réseau de transport efficace (réseaux routier, ferroviaire, maritime). Troisième facteur, la qualité des ressources humaines. Les investisseurs cherchent aussi un système incitatif fort et attrayant et nous tenons compte de tous ces facteurs pour promouvoir notre site. Nous sommes par ailleurs en train d'améliorer les anciens atouts et insistons beaucoup plus sur le système incitatif. Les études faites par l'OCDE, ou encore l'étude Makenzi sur le code d'investissement, montrent que nous sommes en retard par rapport aux pays émergents qui font la même chose que nous, c'est-à-dire tout simplement les concurrents de la Tunisie comme la Turquie, le Maroc, l'Egypte ou encore la Malaisie. Ces sites nous ont dépassés par leur système ouvert, la facilitation des procédures, la liberté d'entreprendre. Nous souhaitons actuellement faire passer un message plus pertinent sur les réels potentiels de la Tunisie et c'est justement ce que nous sommes en train de faire, malgré le travail technique qui n'est pas encore entamé pour réformer le code des investissements. Nous essayons, de plus, d'améliorer le cadre réglementaire qui régit le partenariat public-privé qui est très en retard. Je citerai des exemples de pays qui ont pu améliorer leur situation économique grâce à cela comme les Emirats arabes unis.
Quel est le rôle du secteur privé dans tout cela ?
En Tunisie, nous avons un secteur privé qui a besoin de soutien et ce ne sont pas les chiffres qui vont démentir son importance. Le secteur de l'investissement en général représente 22% du PIB et dans ce même taux le secteur privé représente 60 % à 65 % alors que, dans les pays concurrents, ce taux s'élève à 80 % voire 90%. Ces pays-là ont un secteur privé plus dynamique. Au Liban, c'est le secteur privé qui a construit le pays après la guerre. En Tunisie, nous devons absolument soutenir le secteur privé. C'est pour cette raison que nous sommes en train de revoir et de réformer le secteur bancaire et d'essayer de trouver de nouveaux produits de financement, multiplier les sociétés de fonds, les fonds d'investissements, les systèmes de garantie de crédits. Nous travaillons donc sur deux chantiers importants, à savoir le cadre réglementaire et le système bancaire qui est appelé à être plus performant. Il faux travailler également sur la visibilité stratégique du site tunisien, car nous manquons de visibilité et cela fait peur aux investisseurs privés. Nous croyons fermement que cette visibilité va aider tous les intervenants à converger leurs efforts afin d'œuvrer dans le même sens, et ce, sans aucune appréhension, que ce soit dans les zones d'investissement classiques ou encore dans les zones intérieures qui, sans aucun doute, présentent de très grands potentiels pour les créateurs de projets ...
D'autre part, et pour rendre les régions, autres que côtières, beaucoup plus performantes, il faut impérativement mettre en place une cartographie régionale de l'investissement. Autrement, nous serons contre- productifs. Nous donnerons par exemple des agréments pour mettre en place un projet pour une industrie chimique alors qu'il serait plus performant de créer un projet d'agriculture biologique. Nous sommes en train de travailler sur cette question avec des partenaires étrangers (BEI-SFI-OCDE...) pour mettre en place une stratégie d'investissement et une cartographie régionale de l'investissement et c'est cette même base qui va nous aider à adopter le nouveau code de l'investissement, lequel va être le pilier de cette stratégie.
L'organisation du forum de Tunisie sur l'investissement a été longuement contestée par la sphère des affaires. Tous considèrent qu'une telle manifestation coûte trop à la Tunisie et estiment que les décisions d'investissement ne ce décident pas dans ce genre de manifestation. Qu'en pensez-vous ?
En Tunisie, et en termes d'incitations fiscales, nous dépensons plus qu'un milliard de dinars alors que notre budget promotionnel pour le site tunisien est quasiment inexistant. Les structures de promotion de l'investissement à l'étranger dans des pays comme la Turquie ou la Malaisie sont très fortes. En Tunisie, nous n'avons que cinq représentations étrangères et la plupart de nos cadres travaillent à partir de la Tunisie. C'est pour cela que la tenue d'un tel forum, la multiplication des évènements de ce genre, l'organisation de rencontres entre hommes d'affaires tunisiens et leurs homologues étrangers restent pour nous un moyen efficace et toujours bénéfique pour la promotion et surtout la communication sur la Tunisie.
Que pouvez-vous dire de l'accent mis en avant par l'ancien régime sur le coût très bas de la main-d'œuvre tunisienne. Cet argument a été à l'origine de la détérioration du pouvoir d'achat de plusieurs travailleurs. Pourquoi ne pas penser sérieusement à la révision du Smig, afin de trouver un juste équilibre entre ce que cherche l'investisseur étranger en matière de charges sociales et la qualité de la vie du Tunisien ?
En Tunisie, nous avons beaucoup d'atouts autres que la main-d'œuvre à bon marché et si cet argument a été mis en avant auparavant, nous sommes en train de changer cela et nous insistons actuellement sur l'amélioration de la compétitivité et de la productivité. Malgré le coût de la main-d'œuvre tunisienne, nous occupons un rang très médiocre au niveau de la productivité à l'échelle internationale. Une récente étude de la BEI a bien montré cela. Par exemple, dans le secteur agricole, notre productivité n'est pas élevée car nous n'utilisons pas des technologies très avancées dans le domaine. Notre souci reste l'amélioration de notre productivité malgré notre facteur humain qui est compétitif, car c'est là le vrai argument de vente de la destination. Il faut donc insister davantage sur la productivité, le savoir-faire, la haute valeur ajoutée. Dans plusieurs pays développés comme l'Allemagne, l'économie du pays a pu résister aux chocs de la zone euro et la concurrence de la main-d'œuvre asiatique, par le savoir-faire et la technicité de sa main-d'œuvre, c'est ce qui est le plus important pour un pays.
Mais la Tunisie ne manque pas de ressources humaines qualifiées, le problème reste celui de la rémunération...
En Tunisie, le rapport entre les diplômés de l'enseignement supérieur et ceux de la formation professionnelle peut parfois poser problème. Entre 60 et 65% des jeunes sur le marché de l'emploi sont des cadres et des diplômés universitaires. Alors que seulement 20% viennent des centres de la formation professionnelle. Ils sont très demandés sur le marché de l'emploi et ne connaissent pas le chômage. Le problème se pose plutôt pour les personnes sans qualification et les diplômés. Notre tissu économique ne peut pas tous les absorber. Cette courbe des qualifications et des diplômés reste inversée par rapport à ce qui se passe en Europe où environ 65 % sont des ressortissants de la formation professionnelle.
Quel est le secret du penchant actuel vers les marchés arabes pour la recherche de l'investissement ? Que demandent ces marchés et quels sont leurs intérêts ?
Avant, la promotion classique de la Tunisie privilégiait surtout les hommes d'affaires qui viennent avec leurs idées de projets en tête et leurs marchés. Aujourd'hui, nous sommes en train de chercher les capitaux. Ce sont des holdings qui travaillent dans des secteurs d'activités très différents, l'industrie, l'agriculture, l'immobilier, le tourisme. Ces capitaux cherchent des opportunités et revendiquent l'ouverture du site tunisien. Pour eux, le système fiscal, surtout en matière de TVA», est un peu élevé. Ils cherchent également le droit d'acquisition de biens en Tunisie. Ils demandent aussi pour dynamiser le secteur touristique, une infrastructure particulière, comme les hypermarchés, la présence d'enseignes internationales. Ils nous avancent des exemples de pays qui ont réussi à attirer les investissements arabes comme la Turquie, le Maroc, les EAU ou encore le Bahreïn, comme quoi la Tunisie peut être facilement une destination touristique de choix pour ces pays, mais aussi pour les entrepreneurs. Notre message pour ce genre de demandes est clair. Nous sommes très ouverts à toutes ces demandes et nous allons discuter de ces demandes lors de la réalisation du code des investissements.


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