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Attaque du consulat tunisien à Benghazi : Féodalité politique
Commentaire
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 06 - 2012


Par Soufiane BEN FARHAT
L'attaque du Consulat tunisien à Benghazi avant-hier soir par des commandos salafistes interpelle. Les milices armées responsables du forfait ont retiré et malmené le drapeau national et ont brûlé et saccagé une partie des locaux. Le tout, prétendument, en guise de protestation «contre l'atteinte au sacré en Tunisie».
Décidément, l'affaire de l'exposition de la Abdellia n'en finit pas d'envenimer la situation et de souffler sur les brasiers ardents en ce début d'été particulièrement chaud. Mal ficelée dès le début, elle sécrète des effets pervers. Les ministères des Affaires religieuses et de la Culture en sont en grande partie responsables.
Le gouvernement de la Troïka pilotée par le Mouvement Ennahdha aurait très bien pu se passer de cette pomme de discorde brutale. Encore faut-il que certains ministres et hauts responsables aient daigné privilégier le parti de l'intelligence contre le parti de l'instinct.
Or, ils ont piqué tête en avant dans l'embrouillamini. Pis, ils ont tissé eux-mêmes les fils de la dissension.
Pourtant, il n'y a point encore de responsabilisation des hauts cadres gouvernementaux en la matière. Etrangement. Le silence compromettant pèse lourdement. Il laisse même la voie ouverte à la surenchère et aux fuites en avant. Et à la grossière impunité. Et, comme toujours, ce qui commence dans l'équivoque, finit dans la compromission.
Le pays a frôlé le pire, il y a eu des violences, blessures, voies de fait et mort d'homme. Rien n'y fait. Nos responsables demeurent imperturbables. Tout au plus jettent-ils l'anathème sur les autres. Et l'enfer, c'est les autres. Comme toujours.
Maintenant, cela monte encore d'un cran. Des responsables veulent même minimiser l'attaque de notre consulat à Benghazi. Or, plus que l'ampleur de l'attaque, c'est l'agression elle-même qui est répréhensible. Les jeux de mots, faux-fuyants et dérobades n'y peuvent guère.
La question de la culture de l'Etat se pose encore une fois. C'est une question systémique et référentielle en fait. Un très haut responsable d'Ennahdha me confiait il y a quelques mois que lui et ses co-partisans n'ont pas travaillé sur le concept de l'Etat, contrairement aux mouvements de gauche ou laïques. La notion d'umma, de communauté spirituelle transnationale, de totalité, prime davantage auprès d'eux. L'Etat, les institutions, la classe sociale et la règle de droit constituent le talon d'Achille de leur corpus référentiel, conceptuel et analytique.
Or, on ne saurait concevoir la construction ou la gestion de l'Etat sans la règle de droit. Elle est par essence impersonnelle et générale. Elle ne saurait souffrir l'amalgame. Les coteries uniquement spirituelles, confessionnelles ou religieuses qui s'emparent de l'appareil d'Etat aboutissent infailliblement à la féodalité politique. A la réduction de l'Etat en segmentations antagoniques et extraverties. La féodalité politique est une excroissance pervertie du non-Etat dans le sillage du despotisme asiatique.
Le Liban en offre le parfait exemple. Et précisément, dans un article publié en octobre 2010 dans L'Orient-Le-Jour, le journaliste libanais Emile Khoury avait écrit un commentaire fort instructif à ce propos. Il y dit : «Rien ne change au Liban. Quand un visiteur étranger de marque se pointe, venant d'Est ou d'Ouest, une partie de la population l'accueille avec des youyous et l'autre par des huées. L'une élève son portrait et l'autre le lacère. Et quand un zaïm oriental lance à un leader occidental, à partir de notre territoire, «nous sommes là», ce sont des Libanais qui lui répondent «mais l'autre aussi, à nos côtés!» Tout le monde s'y met, sauf l'Etat, tenu à l'écart et qui compte pour rien. Bref, plutôt que de le soutenir, cet Etat censé servir de toit commun, de penser et d'agir en termes de nation, nos leaders courent, dans la compétition qui les oppose, après les soutiens extérieurs, de gauche ou de droite. Avec, évidemment, un prix à payer. Ce qui fait que, de leur faute, ce pays reste une serpillière sur laquelle toutes les puissances du dehors s'essuient les pieds, une lice ouverte pour des règlements de comptes par fractions libanaises interposées».
A quelques retouches près, ces propos résument l'état de fait en Tunisie. Et c'est tout dire.


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