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L'hiver glacial se profile
Commentaire - Vague de violences dans nos murs
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 04 - 2012


Par Soufiane BEN FARHAT
Les récents développements relatifs aux violences diffuses confirment une dangereuse tendance. En un week-end, une succession de faits graves a mis en lumière de sombres perspectives.
Des opposants ont été agressés physiquement ou empêchés de donner des conférences. Des hordes déchaînées ont attaqué le siège de la télévision nationale moyennant par moments des jets de pierres. Elles en sont venues aux mains avec les journalistes et les techniciens notamment. Des appels à la haine contre des journalistes et des intellectuels sont proférés en toute impunité.
Sur le terrain, des mouvements protestataires se font jour un peu partout dans le pays. Le temps est aux bras de fer et à la surenchère. La peste brune menace. Presque partout, des troupes d'assaut, Dieu sait comment elles ont vu le jour, sont opérantes. Pour les fins observateurs cela n'augure de rien de bon.
Comme l'a signalé l'écrivain hongrois Mihaly Vajda dans un livre célèbre (Fascisme et mouvement de masse), «divers auteurs ont déjà noté que l'un des traits essentiels du fascisme était sa tactique des troupes de choc la Stosstrup-Taktik et que le mouvement véritablement fasciste datait du moment où ces troupes furent créées».
Aujourd'hui, en Tunisie, les excroissances perverties de mouvements d'extrême-droite se greffent sur la vague révolutionnaire. Des voix s'élèvent pour dire leur crainte que le printemps ne se transforme en automne, voire en un hiver glacial. Les craintes sont justifiées, étant corroborées par l'actualité au fil des jours.
Le monde arabe est, encore une fois, détourné de son parcours salutaire. Autrefois, au début du XXe siècle, les Anglais avaient instrumentalisé les mouvements à référentiel islamiste. L'objectif était précisément de saper dans l'œuf le mouvement de la Renaissance des pays islamiques initié par Mohamed Abdou et Jameleddine Al-Afghani au Moyen-Orient, Kheireddine Ettounsi et Abdelaziz Thaâlbi au Maghreb.
Aujourd'hui, des mouvements scabreux, des nébuleuses opaques, dont certains se réclament de l'islamisme et du salafisme, jouent le même rôle. Obéissant à des desseins secrets et des agendas inavoués, ils détournent les révolutions arabes de leur vocation première.
En Tunisie, la Révolution du 14 janvier 2011 a initié le Printemps arabe. Une révolution exemplaire à bien des égards. Elle est fondée sur les valeurs de liberté, de démocratie et de dignité dans une région où ne comptaient que les valeurs de groupe et de justice. Le monde entier en a retenu l'enseignement exemplaire.
Seulement, certains se sont avisés de détourner le fleuve de son lit. En lieu et place des valeurs de liberté et de dignité, ils instituent des chapelles rébarbatives fondées sur la segmentation de la communauté nationale par sectes et féodalités politiques et religieuses.
Les ostentations crispées et les bannières identitaires préfabriquées divisent la rue. Celle-là même qui, à l'unisson, avait renversé l'ancien régime. Les populismes croissants ont institué une espèce de méfiance agressive à l'endroit des intellectuels, des journalistes, des artistes. Ils sont visés en leur qualité de membres de quelque tribu «païenne». Et pour cause, ils ne cessent de produire un discours, une approche, une vision. Là où d'autres préconisent la fidélité passive à des textes et à une tradition close, définitive, figée. Raison pour laquelle on retrouve les intellectuels, les journalistes et les artistes aux premiers rangs des personnes agressées.
Bien pis, la police, la justice et les dispositifs de régulation se caractérisent par leur étrange mutisme. L'encerclement depuis deux mois de la télévision nationale se fait en plein jour et en toute impunité. En même temps, des dirigeants en vue de la Troïka gouvernementale ne cessent de jeter de l'huile sur le feu moyennant des déclarations intempestives et à l'emporte-pièce contre les médias et au profit de la privatisation des médias publics.
Il y a péril en la demeure. Attendra-t-on que le sang coule irrémédiablement pour daigner enfin réagir ? Qu'en pense le ministre de l'Intérieur ?


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