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Tunisie 2012- 2013 : le temps béni des espérances : renaissance!
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 10 - 2012

«Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre». (George Sand)
Par Mourad GUELLATY
Nous sommes depuis plus d'un an et demi, et par notre volonté commune, entrés dans un long tunnel dont on ne sait où il peut nous conduire : premier scénario, le chaos, perspective a priori improbable, dont nous voyons pourtant quelques signes, pas reluisants, qui vont de la sauvagerie qui tue, à l'amoncellement des détritus, qui défigurent, et autres déceptions indignes d'être citées, même de manière allusive, ou le deuxième le plus glorieux, la renaissance d'un peuple qui a l'orgueil chevillé au corps.
Selon Saint-Augustin, «la mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure» et quel est le Tunisien qui ne fait pas sienne une telle citation à l'endroit de ce pays ? Et qui rend le deuxième scénario plus conforme à la grandeur de ce petit territoire : celui de le faire renaître de nouveau tel qu'en lui-même, après 23 ans de ce «big sleep» de la démocratie oubliée, de l'incivilité propagée, de l'inculture consacrée, et de la corruption généralisée.
Le faire renaître, tel qu'en lui-même, à savoir un pays riche de son histoire, de ses grands hommes disparus et d'autres encore vivants et pour certains plus vivaces que jamais, de ses valeurs de tolérance, de respect de l'autre, de l'amour de son prochain, et de celui de l'effort consenti.
Un atout pour notre présent : notre richesse civilisationnelle et la beauté de notre pays
Toutes ces vertus qui nous ont légué des mosquées à la beauté reconnue mondialement (Kairouan, l'oubliée), des cathédrales ancestrales, et des synagogues visitées du monde entier, et qui sont la preuve vivante d'un pays, riche de sa diversité historique, ethnique, culturelle, qu'il revendique, comme un atout pour son présent et une force pour son avenir.
Un pays qui a connu en trois mille ans d'histoire une telle sollicitude de tous les peuples environnants, et même des plus lointains, peut faire valoir ses atouts, les redorer, en étant fidèle à son passé glorieux, reconstruire son présent et le pérenniser, tout en concevant d'ores et déjà son avenir.
Finalement, notre pays à la fin 2010 n'était qu'un colosse mollasson, avec des références économiques honorables, classé par le très sérieux Forum mondial de Davos en 2010, premier pays africain et arabe selon le critère non négligeable de productivité, excusez du peu !
Et pourtant, nous avons eu la suite de ces résultats en trompe-l'œil de 2010 : le colosse est tombé de son piédestal au premier souffle de brise, faute d'avoir imaginé qu'un pays, ce ne sont pas que des chiffres, mais des âmes, qu'on prenait malheureusement pour des fantômes figurant dans un film d'horreur.
Des fantômes rachitiques, non pas à cause du manque de subsistance, mais surtout d'espérance, devant un horizon bouché, en quête de dignité depuis longtemps perdue par l'ignorance de leur sort, le ghetto culturel dans lequel ils se sentaient rassemblés, et par la parole qui leur était refusée.
Le pouvoir déchu, qui faisait lui-même sa propre «réclame», a oublié ce merveilleux rappel de Goethe «Parler est un besoin, écouter est un art», ou encore ce proverbe persan tellement vrai, tellement actuel : « Celui qui parle sème, celui qui écoute récolte».
Il n'a pas récolté, ce pouvoir lointain et distant, car il n'a pas entamé un dialogue avec quiconque, lui l'adepte de la «suffisance», légitimée par des résultats glorifiés, par les zélateurs nationaux et internationaux, qui étaient légion et qu'on a su par la suite qu'ils se courbaient pour une poignée de dinars, voire un séjour touristique.
Notre atout délaissé, c'est bien la culture du peuple tunisien, qu'elle soit musulmane ou universelle, ce sont aussi ses régions côtières défigurées par le béton des palaces hideux, tous, à quelques rares exceptions prés, quasiment semblables, où le marbre régnant, le signe extérieur absolu de richesse, de cette période révolue, s'étale et brille à perte de vue.
Alors qu'il eut été plus séduisant, et plus attirant, de construire des hôtels de charme, qui se seraient intégrés dans les différents paysages de nos régions si riches de leur diversité.
Et pourtant, malgré cette maudite parenthèse rien n'est perdu, l'atout charme de nos paysages parfois dénaturés, souvent défigurés, mais dans beaucoup d'endroits merveilleusement conservés, continue de susciter la convoitise, la séduction et l'admiration.
A nous de savoir réadapter et construire des unités par des hôteliers, conseillés par des architectes, ingénieurs, décorateurs, et autres hommes et femmes de l'art reconnus et écoutés et non par des promoteurs immobiliers pour lesquels l'objectif principal est de s'arrêter à l'inauguration de l'unité hôtelière.
Qu'on le veuille ou pas, notre tourisme a fait beaucoup de mal à notre pays, en termes d'image, de retombées quasiment inexistantes sur les autres secteurs, et sur le plan financier, en laissant aux banques un lourd déficit toujours pas épongé.
C'est surtout l'image de la Tunisie, pays de tourisme de masse qui vend, dans certaines unités, en haute saison, la nuitée avec petit déjeuner au prix quasiment égal à celui d'un repas à Marrakech, qui en sort abaissée, blessée, avec toutes les implications qualitatives et quantitatives qui vont avec.
Cette situation nous révolte autant qu'elle devrait nous inciter à nous ressaisir et faire renaître cette richesse naturelle que la nature nous a offerte et dont nous ne sommes pas montrés dignes.
Dans ce domaine comme dans d'autres, nous avons un devoir de sursaut immédiat, sans palabres et sans promesses superflues : le diagnostic est connu, le mal est localisé et la médication appropriée prête à l'emploi.
Réactiver les dossiers entamés et dormants à forte croissance inclusive
Dans de nombreux domaines, des dossiers «ficelés» de grande envergure, de croissance inclusive, ont fait l'objet d'études de faisabilité, qui ont conclu à leur rentabilité.
Il suffit de les reprendre, de les actualiser, de s'assurer du sérieux et de la solvabilité de leurs promoteurs, et de la fiabilité d'autres critères probablement négligés dans leur première version (leur impact écologique, celui de la «soutenabilité» de la densité de la population qu'ils vont drainer s'il s'agit de projets immobiliers, des apports en fonds propres des promoteurs et de la répartition du capital entre la partie tunisienne et étrangère, etc.).
A cet égard, l'avant-projet d'un complexe immobilier à l'entrée de La Marsa, au lieu et place du stade municipal de football et de la salle omnisports Raja-Hayder, paraît a priori l'exemple même de la fausse bonne idée qui, de plus, ne préfigure rien de bon sur le plan écologique, avec une tour à très forte densité de population dans un environnement qui n'en manque pas.
Par ailleurs, il serait souhaitable de donner la priorité aux projets dormants à forte croissance inclusive, et situés dans des régions à plus urgente priorité : pour reprendre l'exemple précédent, Le Kef et Skhira, c'est, me semble-t-il, plus urgent que La Marsa, et les projets Sra Ouertane et Misfat sont à plus forte croissance inclusive qu'un projet immobilier.
Nous n'allons tout de même pas nous engager, à la manière du gouvernement précédent, dans la construction à tout-va, dans les zones les plus denses, à l'instar de celles des Berges du Lac, et du Lac II qui auraient pu être des joyaux architecturaux, s'il n'y avait pas eu les plans municipaux défaillants et les autorisations de complaisance pour des promoteurs «vautours».
Ensemble, sous l'œil complaisant et complice des gouvernants, ces derniers portent la responsabilité d'en avoir fait un condensé de béton, avec des rue étriquées, dans lesqueles les voitures en sens inverse risquent à chaque fois de se heurter, et une quasi absence d'espaces verts.
Quel immense gâchis ! Irréversible et irrémédiable.
Par ailleurs, concernant Sra Ouertane et Misfat et tous les autres projets comparables, leur forte croissance inclusive ne devrait en aucune façon leur permettre d'être concédés, à quiconque, de gré à gré sans appel d'offres, et sans respect des lois en vigueur, ni des règles de concurrence loyale.
Nous faisons confiance à nos gouvernants pour prendre les décisions qui s'imposent, riches qu'ils sont des expériences pas très reluisantes du passé, et compte tenu des exigences des temps présents, et pour associer une grande frange des représentants du peuple et de la société civile dans ces choix cruciaux, qui doivent, c'est une évidence, se faire dans des conditions scrupuleusement réglementaires.
Pour y parvenir, rappelons nous cette belle phrase du prodigieux Wolfgang Amadeus Mozart, et essayons en matières architecturale, artistique, urbanistique et autres de s'inspirer de lui : «Je mets ensemble les notes qui s'aiment», programme qui paraît si simple, et qui a débouché sur les créations les plus prolifiques et les plus géniales du patrimoine musical mondial.
«Mettre ensemble les notes qui s'aiment»
Pour la Tunisie, mettre ensemble les notes qui s'aiment, c'est cultiver la concorde nationale dans cette période transitionnelle, en attendant que le peuple souverain fasse un choix décisif, en donnant à notre pays des institutions stables et un régime politique privilégié par la majorité des électeurs, donc accepté par tous.
C'est la loi de la démocratie qui fonctionne à l'unisson, comme un orchestre, avec des instrumentistes différents, mais tous dédiés à servir, sans dissonance, la composition musicale qu'ils ont l'insigne honneur et l'exigence minutieuse de défendre.
En attendant que cette loi de la démocratie devienne effective, la concorde nationale est une exigence des temps de difficulté, quand les besoins de la nation ne se trouvent pas relayés, surtout en temps d'incertitude et d'instabilité, par une réactivité tranchante de la représentation nationale.
Cela pourrait être le cas lorsque sa légitimité à délibérer des causes nationales d'importance serait remise en cause, pour des raisons en relation, comme c'est le cas présentement, avec le caractère transitionnel de son autorité.
Que faire dans ces situations d'urgence ? Attendre que le temps s'écoule et que les choses s'aggravent irrémédiablement, ou bien laisser ses rancœurs aux oubliettes, pour régler les difficultés qui, en l'absence d'une action immédiate, deviendraient irrémédiables ?
Les hommes politiques sont influencés par les «calculettes» électoralistes, mais ils savent se porter à la hauteur de l'histoire quand les besoins du pays l'exigent.
L'histoire, celle qui s'écrit avec un grand H, commande qu'aujourd'hui, avant demain, une grande conférence nationale, incluant tous les partis politiques, sans exclusive ni dosage, soit convoquée, avec les organisations syndicales et patronales et les représentants de la société civile, à l'effet de concevoir ensemble les mécanismes les plus appropriés, qu'il convient de mettre en œuvre pour réduire à un niveau soutenable et sans délai le chômage en général et celui des jeunes en particulier.
Comment laisser dans l'incertitude près de trois cent mille jeunes, sans emploi et sans grand espoir d'en trouver, dans l'état actuel des choses, caractérisé par l'incertain et l'improbable ?
Nous ne doutons pas, outre mesure, de la volonté des gouvernants actuels, de trouver des solutions honorables à ce problème épineux, qui est en même temps le déclencheur d'une grogne sociale compréhensible, qui par un effet de mimétisme et de suivisme, se répand dans tous les âges de toutes les couches sociales de la société ?
Mais la situation est trop lourde et dépasse la bonne volonté d'un gouvernement de transition : il y a lieu de réunir toutes les forces vives de ce pays qui n'en manquent pas, toutes ses intelligences, qui ne sont pas négligeables et l'amour commun de notre pays, pour sortir d'une conférence nationale avec un agenda social et économique, indépendant des querelles partisanes, des surenchères politiques et des anticipations électoralistes.
Un tel acquis, s'il se réalise, effacerait aux yeux de la communauté internationale qui nous regarde, quoique on en dise, avec scepticisme, beaucoup de ses préjugés, et donnerait de la future Tunisie, c'est à celle là qu'elle s'intéresse, des gages sérieux de son possible redressement pour ne pas dire renaissance.
Pourquoi est-ce si difficile, dans notre pays, de mettre les notes qui s'aiment ensemble ? Il n'existe pas à ma connaissance une détestation des Tunisiens entre eux, mais seulement des divergences que l'avenir de notre pays doit nous obliger tous à transcender et à surmonter.
J'écoutais mardi 12 août au soir sur France 24 (en anglais) l'ancien secrétaire général de l'ONU Boutros Boutros, Ghali répondre aux questions insistantes du journaliste qui s'étonnait de l'insuccès de la mission de Koffi Annan en Syrie, et de ce que devait faire son successeur pour parvenir à un résultat concret.
Il répondait, inlassablement, à l'instar de Boileau : «Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage» et ajoutait qu'il ne voyait aucune solution alternative à cette approche.
Car le dialogue, exige beaucoup de patience, et contribue à l'enrichissement de l'échange comme l'illustre de manière si simple et évidente ce proverbe chinois : «Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons toujours chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun deux idées».
Nous autres Méditerranéens, nous sommes loin de ces préceptes si évidents, et nos débats se résument non pas à écouter l'autre, mais à considérer que seul importe ce que nous avons à dire soi-même.
Si nous voulons vraiment faire renaître notre Tunisie, les acteurs de la vie politique doivent s'armer de patience, écouter Boileau, Boutros- Ghali, et les Chinois, tellement forts dans la diplomatie et le commerce, depuis la nuit des temps.
Et rapprocher patiemment leurs points de vue jusqu'à les faire converger.
Alors nous pourrions conclure par cette phrase tellement idyllique et prometteuse de Charles Baudelaire : «Quand partons-nous pour le bonheur ?»
Sinon ... ???


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