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Sérieuses opportunités de création de richesses et d'emplois
Environnement — Valorisation des déchets ménagers
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 11 - 2012

Etude en cours d'un projet de transformation des déchets en électricité
Peut-on imaginer un monde sans déchets? Théoriquement, oui. Et la solution serait dans la transformation des déchets en source d'énergie, en matière première minérale, en fertilisants organiques, etc. Toute une industrie de valorisation basée sur l'utilisation de technologies propres, créatrice d'emplois verts et capable d'absorber les millions de tonnes de déchets qui s'entassent dans la nature et qui coûtent des millions de dinars d'investissement pour l'aménagement de décharges. Un potentiel énorme de valorisation des déchets et de création d'emplois existe en Tunisie. A-t-on les moyens et suffisamment de volonté politique pour le développer?
Les désagréments issus des déchets ménagers sont nombreux, certains sont dangereux. On en aura vu de toutes les couleurs depuis plus d'un an et demi. Les agitations sociales, qui ont touché tous les secteurs et toutes les régions, ont, entre autres, perturbé la collecte des ordures jusqu'à son arrêt, fermé les accès aux décharges, sauvages et contrôlées, et dégradé le cadre de vie et l'environnement des Tunisiens. Chaque jour, les monticules de déchets abandonnés à même la rue gagnent en hauteur et en largeur ; certains quartiers parmi les plus chics sont devenus méconnaissables. Le même spectacle est visible près des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des hôtels. Les revendications sociales sont légitimes. Ainsi va la révolution. Les Tunisiens se sont soulevés contre la pauvreté et la marginalisation. Mais aussi, contre l'injustice, contre le silence et la peur.
Une unité pilote de compostage à Houmet Souk
Le soulèvement de la délégation de Guellala, à Djerba, le 6 octobre dernier, après un sit-in de plusieurs jours, s'inscrit dans ce cadre. La population revendique la fermeture immédiate de la décharge, mise en service en 2007, pour cause de nuisances graves (écoulements de lixiviat, liquide toxique, odeurs nauséabondes). Il n'est plus question de tolérer, après la révolution, des projets, anciens ou nouveaux, qui ne tiennent pas compte de la sécurité des citoyens qu'elle soit sanitaire, environnementale ou autre. Pour le gouvernement actuel, la décision de fermeture de la décharge est prise, mais elle se fera à la fin de l'année 2013. Et pour cause : «Une décharge ne peut pas être fermée du jour au lendemain sans prendre de précautions», indique M. Tarak Romdhane, directeur général de l'Anged. Il faut trouver une solution de substitution adéquate qui puisse débarrasser l'île de ses déchets tout en lui évitant les nuisances. L'Agence nationale de gestion des déchets (Anged), structure publique chargée de l'aménagement des décharges contrôlées, a opté pour la solution la plus développée mais aussi la plus compliquée et onéreuse : la valorisation des déchets, c'est-à-dire leur transformation en produits réutilisables dans les domaines agricole et industriel. Récemment, une unité pilote de compostage a été installée, en deux temps, à Houmet Souk. La première composante produit à partir des déchets ménagers du compost traditionnel solide (Samed solide) et la deuxième, une technologie plus accélérée, fabrique du compost liquide biofertilisant et le même engrais organique sous forme solide. Investissement de 12 MD pour une capacité de valorisation de 100 tonnes par jour. Démarrage effectif de l'unité : début 2013. La valorisation des déchets existe en Tunisie depuis des années déjà. Le recyclage du plastique, du verre, du papier et du carton, des huiles usagées est une industrie qui marche bien, même pendant la révolution. Mais le potentiel inexploité reste encore très important, alors qu'il est en mesure de résorber de grandes quantités de déchets des rues et des décharges et allonger ainsi la durée de vie des décharges qui restent une composante essentielle dans le processus de gestion des déchets.
Etudierla valorisation énergétique
Pour l'Anged, qui semble reprendre le dossier d'une manière plus déterminée, «l'avenir est pour la valorisation totale, de tout ce qui est valorisable», affirme son directeur général. D'ailleurs, l'Agence, également, se lance dans la valorisation énergétique, la transformation des déchets servant, le cas échéant, à produire de l'électricité. Une commission, créée au sein du Premier ministère, composée des représentants des différents ministères concernés (Industrie, Finances, Investissement, Intérieur), de la Steg et de l'Anme, présidée par l'Anged, se penche sur le dossier pour trouver des solutions aux problèmes juridiques et institutionnels. Selon M. Tarak Romdhane, la commission est en train d'approfondir la réflexion autour des points les plus compliqués comme celui de savoir comment va être vendue l'électricité? A quel prix? Comment intégrer le secteur privé dans la production du compost et de l'électricité? Le projet devrait être examiné en conseil ministériel dans une quinzaine de jours.
L'objectif de la valorisation des déchets est d'arriver à ne stocker dans les décharges que les déchets ultimes, ceux qui ne peuvent pas être recyclés. Tout au long de ce processus, il y a des richesses à créer, sous forme d'entreprises de collecte, de tri, de recyclage et de traitement des déchets, de fabrication de produits réutilisables dans l'industrie et l'agriculture et de création de nouveaux emplois. Un gisement d'emplois et de création de richesses attend les investisseurs. Dans la filière de recyclage du plastique, le réseau Ecolef collecte moins de 10% des quantités rejetées ; il a créé 15.000 emplois. Les opportunités sont également importantes dans le cas du verre : seulement 2% des quantités rejetées sont récupérées et recyclées ; 2% également pour les métaux ; 9% pour le papier et le carton ; 15% des huiles alimentaires usagées. Les perspectives de collecte et de recyclage concernent également 18.000 tonnes de déchets d'activités de soins, 350.000 tonnes de boues résiduaires des stations d'épuration de l'Onas, et des milliers de tonnes de déchets de l'industrie agroalimentaire.
Révision de la stratégie nationale de gestion des déchets
La valorisation des déchets est une industrie à part entière, il revient aux autorités de tutelle de mettre en place la plateforme qui permette à cette industrie de se mettre en place et de prendre son élan. Au niveau de l'Anged, les intentions de développer le système de gestion des déchets sont affichées. Selon une étude réalisée en 2012 par le réseau régional de gestion des déchets dans les pays du Maghreb et du Machreq, les voies de ce développement sont tracées. A court terme, il s'agit, d'abord, de remettre le système de gestion en fonctionnement à travers la reprise de la collecte et la remise en marche des décharges et du centre de Jradou. A moyen terme, l'Agence envisage de revoir la stratégie nationale de gestion des déchets sur la base de trois objectifs majeurs : la réduction des déchets à la source, la valorisation et l'enfouissement exclusif des déchets ultimes dans les décharges. A long terme, mise en œuvre de la stratégie et optimisation de sa rentabilité. Pour en arriver là, toutes les parties concernées par la gestion quotidienne des déchets sont tenues d'avoir de la visibilité et de la lucidité, y compris les communes, les citoyens et la société civile. Un système de gestion viable respecte les horaires de collecte, investit dans le recyclage et établit des liens commerciaux et d'échanges avec les domaines d'utilisation des produits valorisés. En somme, mettre en place tous les ingrédients pour la création d'un marché des déchets, au sens propre du terme.


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